Ce matin, l’Europe annonce qu’une nouvelle série de billets de banque sera prochainement sur le marché du vieux continent. Les économistes ne pouvaient mieux choisir que la déesse Europa afin d’être l’éponyme de ces nouvelles coupures. Mais quel bonheur que de découvrir aujourd’hui que cette déesse a subitement changé de nationalité dans la presse francophone.

Pour certains, elle est juste une figure de la mythologique grecque, pour d’autres, elle est carrément une déesse grecque.

Europe la phénicienne, fille du roi Agenor de Tyr et de Téléphassa, sœur de Cadmos, est devenue grecque. Son histoire figure dans la mythologie hellénique certes, mais elle ne se transforme pas ipso facto en personnage grec !

À qui la faute pour ce genre d’erreur? Aux économistes ? Aux journalistes, aux européens, à leur chauvinisme, leur arrogance ou leur dédain envers les autres civilisations ? Il est connu que l’Empire romain éprouvait une aversion envers les Phéniciens, et que dans l’inconscient collectif de leurs descendants, cette phobie envers ce peuple de la Méditerranée persiste. Peut-être devraient-ils en fin de compte réviser leurs manuels d’Histoire …

Cependant, les seuls condamnables sont les Libanais et leurs autorités, qui depuis des décennies, ont fait fi de la promotion de notre Culture, ont foulé aux pieds notre Histoire et notre Identité en les vendant aux plus offrants.

La légende de la déesse Europe – sans oublier les autres figures phéniciennes bien de chez nous –  aurait dû être une source d’inspiration prolifique dans la sphère culturelle au pays des cèdres, et faire en sorte d’exhorter les protagonistes de ce domaine à œuvrer afin de la promouvoir dans le monde entier ; comme quoi, le continent européen tire son nom d’une princesse phénicienne de Tyr … Malheureusement, la plupart des défenseurs de la Culture libanaise semblent être absorbés dans des affaires purement financières ou en matière de corruption et/ou d’égocentrisme.

En fin de compte, Europe aurait peut-être choisi de se faire naturaliser grecque, pays certes en faillite financière mais qui protège sa culture, plutôt que de se déclarer originaire de la Phénicie, aujourd’hui le Liban, pays en faillite culturelle par excellence aux dépends d’un mercantilisme financier. Europe a dû certainement voulu ainsi éviter de subir le même sort infligé au patrimoine culturel phénicien au Liban, en mourant sous les butoirs des pelleteuses mandatées par des entreprises privées sous le couvert des autorités locales, comme il a été le cas avec le port phénicien de Beyrouth.

Libnanews

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4 Commentaires

  1. Bonjour

    Merci pour cet article écrit par ) Marie-Josée le 9novembre 2012

    Puis-je avoir contact avec elle
    .
    Je suis libanaise naturalisee francaise et jai une association qui promouvoie l’héritage de la culture phenicienne.

    Merci de votre aide.

    Cordialement

    Yasmine sraih
    0033 6 32 30 87 92
    France lowe
    2 avenue du parc madrid
    06400 cannes.fr

    • @ee13c3c74e9cd64756c6e94dfe52a0c6:disqus Sauf qu’il y a aujourd’hui un changement et de taille, Solidere a vendu ses terrains problématiques à des sociétés immobilières souvent mafieuses. Bref au Lieu d’avoir un Solidere à combattre, on se retrouve avec des mini-Solidere tout autant redoutables dans le genre. Donc effectivement, on a affaire non plus à une société privée mais à de nombreuses entreprises privées ou même parfois à une plus spécifiquement qui se cache à travers de nombreuses filiales comme l’Histoire du Port Phénicien le prouve fort malheureusement

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