Alors que la Président du Front National et candidate à la Présidence de la République Française débute sa tournée au Liban, un point crucial pour de nombreux ressortissants franco-libanais, ces binationaux, émerge au travers du programme présenté: le choix à faire entre les deux nationalités.

Marine Le Pen somme de choisir, pour les ressortissants hors Union Européenne, entre une nationalité Française et étrangère, dans le cas présent entre la nationalité Française et Libanaise.

Franco-Libanais, nous gardons un mauvais souvenir de cette alternative, notamment parce que durant la guerre civile et fratricide, de nombreuses épouses d’origine française et leurs enfants ont dû déjà effectué alors ce choix et ne pouvaient pas obtenir l’assistance de la France au début de la guerre civile.

La Nationalité dans le cas du Liban est une garantie sécuritaire pour rester ici et engager un combat qu’on ne peut mener en Métropole, alors que les évènements malheureux de la Région sont présents avec l’émergence de mouvements extrémistes comme Daesh ou autres. Effectuer ce choix revient également à dénier la place particulière de la relation entre le Liban et la France caractérisé par les liens historiques entre les deux Pays anciens, notamment remontant aux fameuses échelles du Levant ou des traités signés par le Roi de France, François 1er et l’Empire Ottoman, accordant à la France le rôle de la protection des minorités Chrétiennes présentes ici-même au Liban.

La première ligne de défense aujourd’hui contre le radicalisme qui s’attaque à la France et au-delà , aux valeurs de la république française, ce premier combat, les chrétiens libanais avec d’autres minorités religieux l’ont mené ici même au Pays des Cèdres par ce message de coexistence. Aussi, la civilisation européenne est née sur ces terres, y compris même dans son alphabet phénicien, transmis ensuite aux grecs puis aux romains, le Français étant en fin de compte héritier de l’alphabet latin. La Région est le berceaux des valeurs que vous dites défendre. Vous vous êtes d’ailleurs rendus à Byblos ce matin et peut-être avez vous pu constater que les Franco-libanais sont l’émanation même de cette richesse et non la contradiction que représentent ces immigrés en France qui intègrent même des mouvements comme Daesh et qui, à leur retour, menacent nos ressortissants en Métropole même.

Le mandat France n’était pas un mandat colonial comme beaucoup le pensent malheureusement mais un mandat visant à protéger les chrétiens et ces minorités, face déjà à l’abomination commises par l’empire Ottoman, un blocus, une famine, un tiers de la population morte de faim ou de maladies durant la Première Guerre Mondiale. Personne, dans la montagne n’en a été épargné. Le Liban fait face aux mêmes extrémistes qui tuent, qui égorgent que ce soit en Syrie, ou qui s’attaquent à la France et à ses valeurs. La nationalité française, pour beaucoup de Franco-Libanais est une sécurité, une assurance de protection. Le premier combat de l’Europe et des valeurs européennes, commence sur ces terres et non ailleurs.

Abandonner cette nationalité reviendrait à leur demander de quitter ce pays à abandonner cette expérience unique qui dépasse une simple question de programme présidentiel. Cette chose est tout bonnement inacceptable. Au contraire, il faudrait renforcer la possibilité de leur existence sur la terre de leurs ancêtres et non pas les forcer à choisir et probablement à immigrer.

Se tailler une stature internationale, l’objectif de cette visite comme le souligne de nombreux médias dans l’approche de cette visite au Liban, c’est aussi se rappeler de la perspective historique qu’ont toujours entretenu le Liban et la France depuis des millénaires et non les abandonner, ce qui sonnerait au contraire comme une défaite.

La France doit être l’allié politique de toutes les minorités religieuses et refaire du Liban sa porte vers le Levant, renforcer son influence et son aspect de sa civilisation face aux dangers constitués par l’extrémisme religieux tel que nous le voyons en Syrie, exportés aussi par ces radicaux islamiques dont certains sont venus de France ou d’Europe. L’exemple libanais est la meilleure armes contre ces radicaux et les Franco-Libanais, la première les premiers soldats qui grandissent la civilisation et l’influence de la Métropole dans la Région, en terme politique, économique mais aussi en terme culturel. Les abandonner et les forcer à choisir est contraire aux intérêts de notre pays.

Chacun étant en fin de compte un Porte-parole de la France dans la région, il convient au contraire de les soutenir, de leur offrir le cadre idéal pour qu’ils puissent rester et entretenir cette influence en dépit des menaces qui pèsent parfois même sur leur coexistence, via l’éducation et il est triste que les autorités françaises aient décider d’abandonner par exemple, le Lycée Charles de Gaulle de Damas ou réduit les budgets culturels des Instituts Françaises, les années précédentes. Je n’évoquerais pas le manque de soutien aux institutions sécuritaires libanaises alors que le programme d’aide militaire visant à rééquipement l’Armée Libanaise en matériel français reste au bon vouloir, pour son financement, à l’Arabie Saoudite. Il est tout simplement honteux en connaissance de cause de le constater.

La France doit se donner les moyens politiques, économiques, culturels et sécuritaires au contraire pour que ces franco-libanais n’aient pas à choisir entre leurs 2 pays de sang. Il convient là simplement de l’intérêt réciproque de la Métropole et de ses ressortissants présents ici même sur ce territoire sur lequel vous visitez aujourd’hui.