Où en est-on d’une Nation arabe laïque à laquelle ont rêvé ces trois grands leaders que sont Michel Aflak, Antoun Saadé et Gamal Abdel Nasser ? Dans quel état se trouve cette Nation ? Pourquoi en est-on arrivé à cette situation ?

Quels sont les principes sur lesquels devaient se fonder la Nation arabe? Elle devait être tout d’abord laïque, loin de toutes contradictions sectaires religieuses. Elle devait avoir un économie libérale et complémentaire entre les États qui la forment. Elle devait avoir des frontières ouvertes les unes sur les autres et une liberté d’échanges entre ses diverses composantes. Elle devait pouvoir profiter de ses richesses naturelles pour offrir à ses populations le bonheur et la prospérité auxquels elles ont droit. Bref, ces leaders rêvaient, chacun à sa façon, d’une Union Arabe à l’image de l’Union Européenne, de l’Union Soviétique ou des États-Unis. Mais leur rêve a été brisé. 

Dans quel état se trouve la Nation arabe? Elle se trouve dans un état pitoyable. L’Irak est divisé par ses contradictions communautaires. La Syrie est tiraillée par des Etats étrangers qui s’y partagent des zones d’influence. Le Liban est le maillon faible de cette Nation. Il reçoit les déplacés syriens, les réfugiés palestiniens. Il patauge dans ses luttes intestines. Il traverse une crise économique et financière sans précédent. Il est gouverné par les princes de la guerre de 1975 qui n’ont accepté de remettre leurs armes que pour se partager le fromage. Il accepte bon gré mal gré une armée parallèle, à savoir le Hezbollah, pour en découdre avec les Israéliens. Il est à la croisée des chemins. Son entité géopolitique est en danger. L’Égypte se replie sur elle-même. Ses problèmes économiques et financiers ne lui permettent pas de jouer un rôle prépondérant sur la scène arabe. L’Arabie Saoudite est occupée dans son conflit avec le Yémen. Ses richesses pétrolières sont dépensées pour soutenir son intervention au Yémen. Quant aux Etats du golfe, leurs divisions n’augurent rien de bon. La Libye est abandonnée à son sort diabolique et j’en passe. 

Pourquoi en est-on arrivé là? Chacun des trois leaders que sont Michel Aflak, Antoun Saadé et Gamal Abdel Nasser a voulu imposer sa vision propre de ce que devait être cette Nation. Leur rivalité les a menés à leur perte et à la perdition de cette même Nation. La nature des systèmes politiques arabes empêchaient leur union. Il y avait des systèmes parlementaires et démocratiques comme au Liban, une majorité de systèmes totalitaires et des systèmes monarchiques comme en Arabie Saoudite et dans certains autres pays. Ces divisions ont permis aux puissances étrangères de se jouer de l’avenir de la Nation arabe pour mieux voler ses richesses et pour mieux asseoir l’État sioniste dans sa politique expansionniste. La paix signée entre l’Égypte et Israël, les prochains traités de paix entre certains pays arabes et Israël n’augurent rien de bon. 

L’éventuelle implantation des réfugiés palestiniens et des déplacés syriens fait partie de la nouvelle carte géopolitique qui se prépare pour notre région du Moyen-Orient. L’avenir est sombre. Aucune lueur d’espoir ne pointe à l’horizon. Il nous faut nous préparer au pire.

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, veuillez nous en informer en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée . Cette fonctionnalité marche uniquement sur un ordinateur. Ceci n’est pas un espace pour les commentaires. Les commentaires sont disponibles plus bas.

1 COMMENTAIRE

  1. Problèmes : l’education publique, toujours influencée par une religion qui meprise les femmes et la liberté de pensé. La croissance demographique qui ajoute des miliers de personnes à nourir. La corruption, qui empêche la formation de cooperatives et de petites entreprises. La mauvaise gestion de l’eau et de la terre, qui a contribué à la desertification des terres déjà assez arides. La victimisation inutile, toujours à la recherche d’un coupable à l’étranger (Israël, Europe, Russie, Etats-Unis, Chine, peu importe) au lieu de faire comme le Japon ou Corée du Sud après la guerre: chercher des solutions, n’importe où, sans perdre le but.
    Il faut surtout abandoner des ideologies qui ont fortement échoués. Le pangermanisme, le paneslavisme ainsi que le panarabisme ou le panislamisme, n’ont généré que des fascismes et des nations fragilisées.

Comments are closed.