Le Liban a réagi négativement au plan de Paix intitulé Deal du Siècle par le Président Américain, Donald Trump.

Les autorités libanaises et notamment le Président de la République, le Général Michel Aoun, a reçu le ministre des AF Nassif Hitti au Palais Présidentiel de Baabda pour évoquer avec lui les propositions américaines.

Le chef de l’état s’est également entretenu par téléphone avec son homologue palestinien Mahmoud Abbas, pour lui signifier son rejet du plan américain et son soutien au plan de Paix Arabe, adopté lors du sommet de la Ligue Arabe qui s’était déroulé à Beyrouth, en 2002. Ce plan indique que la Paix ne peut être obtenue que par la restitution des territoires palestiniens à leurs frontières de 1967.

Le Président Aoun a souligné le soutien du Liban au droit au retour des réfugiés palestiniens et à la création d’un état palestinien ayant Jérusalem comme capitale.

Le Premier Ministre Libanais s’est également exprimé sur Twitter pour indiquer que la Palestine restera une cause arabe, allusion également à son rejet du plan américain.

La réaction du Président de la Chambre Nabih Berri a été moins mesurée encore, avec la publication d’un communiqué dans lequel il accuse le Président Donald Trump de vouloir corrompre pour vendre les droits des palestiniens. Ce plan serait ainsi une tentative selon lui de voir les palestiniens vendre leur souveraineté, leur dignité et leurs terres contre de l’argent.

Ce plan enlève ce qui reste du rêve palestinien d’établir un pays indépendant, avec Jérusalem comme capitale
Nabih Berri

Il a également estimé que le Liban et la population libanaise ne se rendront pas complice de l'”exécution du peuple palestinien, de leurs droits légitimes et avant tout de leurs droits au retour”.

La résistance est la seule option pour libérer ces terres et pour sauvegarder ce qui reste de la dignité arabe
Nabih Berri

Le Hezbollah, le Courant du Futur et les manifestants pour une fois à l’unisson

Ainsi, le Hezbollah a réagi dès hier soir, estimant que ce plan vise à éliminer les droits des palestiniens, et estimant que cette présentation est “geste honteux qui n’aurait pas pu être fait sans la complicité et la trahison d’un certain nombre de régimes arabes”, allusion à la présence de certains ambassadeurs de pays arabes à cette conférence, tout comme encore le Courant du Futur de l’Ancien Premier Ministre Saad Hariri, considéré comme proche de l’Arabie Saoudite et qui a également condamné ce plan.

Par ailleurs, des marches de protestations ont également eu lieu dans les camps palestiniens présents au Liban. Pour rappel, le Liban compte une communauté de 500 000 réfugiés palestiniens présents dans 12 camps palestiniens mis en place après le conflit israélo-arabe de 1948.

Des marches sont également prévues par les manifestants qui en sont à leurs 104ème jour de protestation contre la classe politique libanaise.

Un rejet en raison d’une importante communauté palestinienne qui déstabilise le Liban depuis 1948

Déjà par le passé, les autorités libanaises avaient fait savoir leur rejet de tout plan demandant l’installation définitive des réfugiés palestiniens, présents depuis 1948, sur le territoire du Pays des Cèdres. Cette présente avait notamment été à l’origine de la guerre civile de 1975 à 1990.

Les autorités libanaises redoutent l’implantation des réfugiés palestiniens au Liban, ce qui pourrait déséquilibrer le fragile équilibre politique et social d’une société basée sur une répartition des pouvoirs selon l’appartenance religieuse et communautaire.

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