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Retour au Sud : Salam mobilise l’État

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Le premier ministre Nawaf Salam a présidé, mercredi 25 juin, une réunion préparatoire consacrée au retour des habitants du Sud-Liban dans leurs villages et au lancement des premières mesures de relèvement. La rencontre a réuni plusieurs ministres et responsables d’organismes publics chargés des infrastructures, des secours, des services de base et du suivi administratif. Le chef du gouvernement a demandé aux administrations concernées d’accompagner le retour des familles, d’accélérer le relevé des dégâts, de dégager les routes et de rétablir les réseaux essentiels. Il a affirmé que les habitants du Sud n’avaient pas quitté leur terre de leur plein gré et que l’État devait être présent à leurs côtés.

Cette réunion intervient dans une phase où le gouvernement cherche à organiser les premières réponses pratiques après les destructions subies dans plusieurs localités du Sud. Les priorités affichées portent sur les routes, l’électricité, l’eau, les télécommunications, les infrastructures publiques et les mécanismes de financement disponibles. Le premier ministre a évoqué les fonds déjà prévus dans le cadre du programme LEAP, ainsi que les crédits de la Haute commission de secours et du Conseil du Sud. L’objectif annoncé est de lancer des initiatives rapides, sans attendre la fin complète de l’évaluation des pertes.

Le rendez-vous s’est tenu en présence du ministre des Finances, Yassine Jaber, du ministre de l’Énergie et de l’Eau, Joe Saddi, de la ministre des Affaires sociales, Hanine Sayed, du ministre des Télécommunications, Charles Hajj, et du ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rasamny. Ont également participé le président du Conseil du développement et de la reconstruction, Mohammad Ali Kabbani, le président du Conseil du Sud, Hachem Haidar, le président de la Haute commission de secours, le général Bassam Nabulsi, ainsi que le chef de la salle centrale des opérations au Grand Sérail, Zahi Chahine.

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Le retour au Sud placé au rang d’urgence gouvernementale

Le message principal du chef du gouvernement a porté sur l’obligation d’accompagner le retour. Nawaf Salam a demandé à toutes les parties concernées de coordonner leurs efforts pour que les familles puissent regagner leurs villages dans des conditions dignes. Cette demande couvre à la fois les ministères, les administrations, les organismes publics et les instances chargées du secours. Elle vise aussi à éviter la dispersion des interventions, dans une région où les besoins sont à la fois humanitaires, techniques et administratifs.

Le premier ministre a insisté sur le fait que les habitants du Sud n’avaient pas quitté leurs maisons par choix. Cette phrase donne le ton de la réunion. Elle place la question du retour dans le registre du droit des familles à rentrer, mais aussi dans celui de la responsabilité publique. Le gouvernement veut présenter la réponse comme une obligation nationale, et non comme une aide ponctuelle. La formule choisie par Nawaf Salam vise à rappeler que les déplacements sont liés à la guerre et à ses effets directs.

La notion de retour digne a été mise en avant. Elle implique plus qu’un simple accès géographique aux localités. Elle suppose des routes praticables, des réseaux partiellement rétablis, des services publics minimums et une évaluation claire des risques. Dans plusieurs villages, la présence de gravats, la destruction d’habitations ou l’endommagement des équipements publics peuvent compliquer le retour. Le gouvernement veut donc articuler les mesures immédiates avec un processus de relèvement plus large.

La réunion ne s’est pas limitée à un constat. Elle a fixé une série de tâches aux services concernés. Le premier ministre a demandé d’achever le recensement des dégâts, de retirer les décombres, d’ouvrir les routes et de rétablir les réseaux d’électricité, d’eau et de télécommunications. Ces travaux doivent avancer en parallèle avec l’évaluation des dommages touchant les infrastructures et les équipements publics. Cette méthode doit permettre de répondre aux urgences tout en préparant les dossiers de financement.

Routes, réseaux et services de base au centre des priorités

La réouverture des routes figure parmi les premières urgences. Elle conditionne le retour des habitants, l’accès des équipes techniques, le transport des matériaux et l’intervention des services publics. Les gravats peuvent aussi bloquer l’entrée de certaines rues ou empêcher l’accès aux maisons endommagées. Le ministère des Travaux publics et les organismes spécialisés devront donc coordonner leurs moyens avec les autorités locales, afin d’établir un ordre de priorité selon l’état des axes.

Le rétablissement de l’électricité représente un autre chantier sensible. Le réseau électrique libanais souffre déjà de faiblesses structurelles. Les destructions dans le Sud ajoutent une pression supplémentaire sur un service fragilisé. Le ministère de l’Énergie et de l’Eau devra évaluer les lignes touchées, les postes endommagés et les besoins en réparations urgentes. Les travaux ne pourront pas toujours se limiter à des interventions rapides. Certaines zones pourraient nécessiter des remplacements plus lourds, selon l’ampleur des dégâts.

L’eau constitue aussi une condition minimale du retour. La réparation des réseaux, des stations de pompage ou des conduites endommagées doit permettre aux familles de reprendre une vie quotidienne. Sans approvisionnement fiable, le retour peut rester provisoire ou impossible. Les services concernés devront donc identifier les localités où l’eau peut être rétablie rapidement et celles où des solutions temporaires doivent être prévues. Les besoins des écoles, des centres de santé et des bâtiments publics devront aussi être intégrés.

Les télécommunications complètent la liste des services essentiels. Le retour des habitants suppose la possibilité de communiquer avec les proches, les autorités, les secours et les administrations. Les réseaux endommagés peuvent compliquer les demandes d’aide, le suivi des dossiers ou l’organisation de la vie locale. La présence du ministre des Télécommunications à la réunion confirme que ce secteur fait partie des priorités opérationnelles. Le gouvernement veut traiter les connexions comme un élément du relèvement, et non comme un service secondaire.

Un recensement des dommages pour orienter les aides

Le relevé des dégâts constitue l’étape administrative centrale. Il doit permettre de distinguer les habitations détruites, les logements partiellement touchés, les commerces endommagés, les terres agricoles affectées et les équipements publics à réparer. Sans ce travail, les autorités ne peuvent pas répartir les aides de manière fiable. Le premier ministre a donc demandé d’accélérer cette phase, tout en maintenant l’évaluation des infrastructures et des services collectifs.

La tâche revient à plusieurs acteurs. Le Conseil du Sud dispose d’une expérience ancienne dans les dossiers liés aux destructions dans cette région. La Haute commission de secours intervient dans les situations d’urgence et dans la distribution de certaines aides. Le Conseil du développement et de la reconstruction suit les grands projets d’infrastructures. Les ministères concernés apportent leur expertise sectorielle. La coordination entre ces institutions doit éviter les doublons, les retards et les divergences d’évaluation.

Le gouvernement cherche aussi à établir des priorités. Les premières interventions devraient viser les conditions nécessaires au retour immédiat. Les réparations lourdes, la reconstruction complète des logements ou la remise en état durable des infrastructures nécessiteront davantage de temps et de financement. Le recensement doit donc produire une cartographie claire des besoins, avec des catégories d’urgence. Cette distinction sera importante pour les familles dont la maison est inhabitable et pour celles qui peuvent revenir après des travaux limités.

La fiabilité des données aura un impact direct sur la confiance des habitants. Les familles attendent des procédures lisibles, des critères connus et des délais compréhensibles. Le risque, dans ce type de situation, tient aux lenteurs administratives et aux inégalités perçues dans l’accès aux aides. La réunion présidée par Nawaf Salam vise à montrer que le dossier est suivi au plus haut niveau de l’exécutif. Les prochaines étapes diront si cette coordination se traduit sur le terrain.

LEAP, Haute commission de secours et Conseil du Sud

Nawaf Salam a évoqué plusieurs sources de financement. Le programme LEAP fait partie des outils mentionnés. Il s’agit d’un cadre destiné à soutenir le relèvement et la restauration de services essentiels dans les zones affectées par le conflit. Selon la Banque mondiale, le dispositif est structuré comme un projet évolutif d’un milliard de dollars, avec un premier financement de 250 millions de dollars. Le gouvernement libanais entend mobiliser les montants déjà prévus dans ce cadre pour soutenir les mesures urgentes.

Le premier ministre a aussi cité les crédits disponibles auprès de la Haute commission de secours et du Conseil du Sud. Ces deux canaux peuvent permettre de financer des interventions rapides ou des aides ciblées. Leur utilisation devra cependant s’inscrire dans une coordination plus large, afin que les dépenses répondent aux priorités établies par le recensement. Le gouvernement a indiqué vouloir mettre toutes les capacités disponibles au service du retour et du relèvement du Sud.

Le financement reste un point décisif. Les dégâts touchant les logements, les routes et les réseaux peuvent rapidement dépasser les capacités ordinaires de l’État. Les ressources locales doivent donc être articulées avec les appuis extérieurs, les programmes déjà engagés et les éventuelles contributions internationales. Les autorités devront présenter des dossiers précis pour obtenir ou débloquer des financements supplémentaires. Le travail d’évaluation lancé dans les localités concernées servira aussi cette finalité.

Dans l’immédiat, le gouvernement met l’accent sur les initiatives urgentes. Cette expression couvre les actions qui peuvent faciliter un retour rapide, même lorsque la reconstruction complète reste à venir. Elle peut inclure le déblaiement, les réparations provisoires, la remise en service partielle des réseaux ou l’appui aux familles les plus touchées. Le premier ministre n’a pas annoncé de calendrier détaillé ni de montant nouveau. Il a plutôt fixé une méthode et appelé à mobiliser les crédits disponibles.

Une coordination entre ministères et organismes publics

La composition de la réunion montre l’ampleur du dossier. Les ministères présents couvrent les finances, l’énergie, l’eau, les affaires sociales, les télécommunications, les routes et les transports. Les organismes publics représentés interviennent dans la reconstruction, les secours, le développement régional et la coordination des opérations. Cette configuration traduit une approche transversale. Le retour ne dépend pas d’un seul ministère. Il exige une chaîne complète d’interventions, depuis l’accès aux villages jusqu’au traitement des dossiers sociaux.

Le ministère des Finances devra suivre la disponibilité des crédits, les procédures de décaissement et les arbitrages budgétaires. Le ministère des Affaires sociales devra identifier les familles vulnérables, les besoins d’accompagnement et les formes d’aide les plus urgentes. Les ministères techniques devront envoyer des équipes, diagnostiquer les réseaux et préparer les travaux. Les organismes de reconstruction et de secours devront transformer ces décisions en programmes concrets, avec des points de contact locaux.

La salle centrale des opérations au Grand Sérail joue un rôle de coordination. Sa présence dans la réunion indique que le gouvernement veut centraliser les informations et suivre l’exécution des demandes. Dans une situation où les données remontent de plusieurs villages, services et équipes, cette coordination peut réduire les délais. Elle peut aussi permettre au premier ministre de disposer d’un tableau actualisé des routes ouvertes, des réseaux remis en service, des localités accessibles et des familles encore empêchées de rentrer.

Le défi restera la mise en œuvre. Les annonces gouvernementales ne suffisent pas si les équipes ne disposent pas des moyens matériels, des crédits et des autorisations nécessaires. Le relèvement du Sud exigera aussi une coopération avec les municipalités, les habitants et les représentants locaux. Les familles connaissent l’état de leurs quartiers, mais elles attendent de l’État des décisions claires. Le gouvernement devra maintenir un lien constant entre la cellule centrale et les communes concernées.

Une réponse humanitaire avant la reconstruction complète

La réunion présidée par Nawaf Salam s’inscrit dans un moment intermédiaire. Le pays n’est pas encore dans une phase de reconstruction pleinement financée et planifiée. Il doit d’abord gérer le retour des familles, les besoins urgents et les dégâts immédiats. Cette étape demande des réponses rapides, parfois provisoires, mais elle conditionne la suite. Une route rouverte, un réseau d’eau réparé ou une ligne de communication rétablie peuvent permettre à une famille de revenir et d’évaluer elle-même l’état de son bien.

Le retour peut cependant rester partiel. Certaines habitations exigent des travaux lourds. D’autres zones peuvent nécessiter des vérifications techniques avant un retour durable. Des familles devront peut-être rester hébergées ailleurs pendant une période supplémentaire. Les autorités devront donc gérer plusieurs situations en même temps. Les personnes qui peuvent rentrer auront besoin de services. Celles qui ne le peuvent pas auront besoin d’un soutien social et administratif. Les deux volets ne peuvent pas être séparés.

La dimension sociale du dossier explique la présence de la ministre des Affaires sociales. Les destructions ne touchent pas seulement les biens matériels. Elles affectent les revenus, la scolarité, les soins, les déplacements et les liens familiaux. Les ménages déjà fragilisés par la crise économique peuvent avoir moins de moyens pour réparer, se reloger ou transporter leurs affaires. Le relèvement devra donc tenir compte des vulnérabilités, et pas seulement du niveau visible des dégâts.

Le Sud reste aussi un espace agricole et frontalier. Les dommages aux terres, aux accès et aux services peuvent peser sur les activités de subsistance. Même lorsque les maisons sont encore debout, l’économie locale peut rester perturbée. Les autorités devront évaluer les besoins des agriculteurs, des petits commerces et des services locaux. Le retour des habitants ne se limite pas à une présence physique. Il suppose la reprise progressive d’une vie économique et sociale.

Un engagement politique formulé sans calendrier détaillé

Nawaf Salam a conclu son message en affirmant que les habitants du Sud ne seraient pas laissés seuls face aux effets de la guerre. Il a déclaré que toutes les capacités disponibles seraient mises au service de leur retour et du relèvement de la région. Cette déclaration fixe une ligne politique claire. Elle ne donne pas encore de calendrier complet, mais elle engage le gouvernement à agir dans les prochains jours à travers les ministères et organismes mobilisés.

Le chef du gouvernement a choisi une formulation directe. Il a parlé des « gens du Sud » comme de familles contraintes au départ, puis engagées dans un retour qui doit être accompagné par l’État. Le vocabulaire utilisé reste centré sur l’aide, la dignité et le relèvement. Il évite les détails techniques, mais il renvoie les administrations à des tâches précises. Les demandes formulées pendant la réunion constituent désormais la feuille de route immédiate.

La prochaine séquence devrait porter sur l’exécution. Les services concernés devront annoncer les routes rouvertes, les réseaux remis en état, les relevés achevés et les aides mobilisées. Le gouvernement devra aussi préciser la manière dont les fonds du programme LEAP, de la Haute commission de secours et du Conseil du Sud seront utilisés. Les habitants attendent des mesures visibles, surtout dans les localités où les dégâts empêchent encore un retour normal.

La réunion du Grand Sérail marque donc le début d’une phase opérationnelle. Elle ne règle pas la totalité du dossier, mais elle fixe les premières priorités. Le Sud entre dans une période où le retour des familles, la réparation des services de base et la préparation de la reconstruction devront avancer ensemble. Les ministères concernés ont désormais la charge de transformer les décisions annoncées en interventions mesurables sur les routes, les réseaux et les villages touchés.

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