S’exprimant dans les colonnes du magazine Paris Match, le Premier Ministre Libanais, Saad Hariri, a provoqué ce jeudi, une petite polémique au sujet du rôle de la branche militaire du Hezbollah.

Saad Hariri avait ainsi indiqué au magazine français que le Hezbollah n’utilise pas ses armes au Liban et qu’il était dans l’intérêt du Pays des Cèdres qu’il ne les utilise pas à l’étranger, allusion à la présence de combattants chiites en Syrie et en Irak, les autorités saoudiennes, les accusant également d’opérer sur le front yéménite.

Reconnaissant le rôle politique du Hezbollah, Saad Hariri a toutefois estimé que les actions du Hezbollah à l’étranger pourraient en coûter au Liban et déclaré ne pas accepter que des partis politiques participent aux intérêts de l’Iran dans la région.

Ces propos interviennent alors que les autorités libanaises souhaitent sortir de la crise politique provoquée par la démission surprise du Premier Ministre Saad Hariri depuis la capitale saoudienne. Ce dernier accusait le Hezbollah et l’Iran de contrôler le pays des cèdres et de s’ingérer dans les affaires domestiques des Pays Arabes et notamment dans la lutte contre les forces saoudiennes présentes au Yémen.

Polémique avec l’ex ministre de l’intérieur Ashraf Rifi et l’ancien député Farès Souaid

Ces propos du Premier Ministre ont provoqué l’ire de l’ancien ministre de la justice Ashraf Rifi, par ailleurs l’un des principaux compétiteur sur la scène sunnite libanaise et de l’ancien député Farès Souaid qui ont les ont estimé à la réalité, rappelant le rôle du Hezbollah dans les combats qui ont eu lieu en mai 2008 suite à la décision du Premier Ministre d’alors, Fouad Saniora, de s’en prendre au réseau de télécommunication privé du mouvement chiite et de la présence de 5 de ses membres accusés d’avoir participé à l’assassinat du Premier Ministre Rafic Hariri, le 14 février 2005.

Condamnation à mort de Saad Hariri par le régime syrien

Le Premier Ministre Libanais a également accusé le régime syrien de l’avoir condamné à mort, faisant allusion à des menaces apparues et qui ont amené à sa démission depuis Riyad, le 4 novembre 2017, accusant par ailleurs le régime syrien d’avoir tué 700 000 personnes alors que Daesh n’en aurait tué que 30 000 au maximum. Il a également réfuté toute information concernant sa mise en détention par les autorités saoudiennes lors de son séjour et réitéré ses propos, indiquant que sa démission intervenait pour provoquer un choc sur le dossier des armes du Hezbollah.

Saad Hariri a cependant défendu la nomination d’une ambassadeur du Liban à Damas, estimant qu’il s’agit là de confirmer la reconnaissance de l’indépendance du Pays des Cèdres face à Damas.

1 COMMENTAIRE

  1. Eh bien il en a des malheurs ce monsieur. Condamné à mort par la Syrie, menacé de mort par l’Arabie saoudite. Et avec cette CPI sur l’assassinat de son père qui traverse crises et scandales depuis plus de dix ans et dissimule de nombreuses informations aux citoyens. Où cela va-t-il finir?

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