Le premier ministre désigné Saad Hariri a appelé le Président de la République à “organiser un vote présidentiel précoce”, allusion à des élections présidentielles anticipées, si ce dernier ne signait pas les décrets de formation de son gouvernement qu’il décrit comme “spécialisé et non partisan”.

Ainsi le premier ministre désigné a répondu au chef de l’état par un communiqué.

J’ai été surpris, comme tous les Libanais, par Son Excellence le Président qui m’a invité par le biais d’une allocution télévisée au palais présidentiel pour la formation immédiate d’un gouvernement.
Comme j’ai rendu visite à Son Excellence le Président 16 fois depuis que j’ai été désigné premier ministre pour convenir d’un gouvernement de spécialistes non partisans, je lui réponds que je serai honoré de lui rendre visite pour la 17e fois, pour discuter avec lui de la liste présente “entre ses mains” depuis plusieurs semaines et pour parvenir à une déclaration immédiate de la formation du cabinet.
Si Son Excellence le Président se trouve incapable de signer les décrets d’un gouvernement de spécialistes non partisans qui peut mettre en œuvre les réformes nécessaires, il devra être franc avec les Libanais sur la vraie raison qui le pousse à essayer d’entraver la volonté du parlement, qui avait choisi le Premier ministre désigné.

Saad Hariri a ainsi appelé le président à écourter les souffrances des Libanais en permettant un vote présidentiel anticipé, le cas échéant, répondant ainsi à l’ultimatum de ce dernier l’appelant à présenter un gouvernement conforme à la constitution et au pacte national ou à se retirer.

Pour rappel, le Président de la République, le Général Michel Aoun, avait appelé peu de temps avant le premier ministre désigné Saad Hariri à former un gouvernement sans délai ou se retirer, faute d’avoir pu composer son gouvernement considérant que les propositions faites par lui comme non conformes à la constitution libanaise et au pacte national. 

Le Président de la République a estimé que les différents facteurs comme la pandémie, la pauvreté, l’immigration, la dégradation du pouvoir d’achat ou encore la confusion des autorités libanaises ainsi que la tragédie du port de Beyrouth ont mené à une dégradation de la qualité de vie au Liban. Face à la dégradation des conditions sociales et économiques, le président de la république rappelle avoir entamé un combat contre la corruption qui ravage les institutions publiques. 

Le chef de l’état a également estimé que le premier ministre désigné n’a, pour l’heure, présenté que des projets de titres du gouvernement qui ne respectent pas le pacte national et la constitution libanaise, l’appelant à se rendre au Palais de Baabda dans les délais les plus courts pour y annoncer un gouvernement ou à se retirer. 

Les différents entre les 2 hommes porteraient sur la taille du prochain gouvernement ainsi que sur l’attribution des ministères de la justice et de l’intérieur, 2 portefeuilles clés dans le programme de lutte contre la corruption qui ravage les institutions publiques. Est notamment dans le viseur de la communauté internationale, la Banque du Liban elle-même dont le gouverneur, Riad Salamé, est un proche de Saad Hariri. Il avait vu ainsi ses biens suisses être gelés par la justice helvétique sur font d’accusations de détournements de fonds. 

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