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Le député Chamel Roukoz a évoqué ses craintes de voir la centrale de production d’électricité de Zouk Mosbeh exploser en raison du stockage d’une importante quantité d’hydrogène sur place à proximité des réservoirs de fioul.

Pour rappel, ce risque avait déjà été évoqué depuis des décennies et déjà durant la guerre, certaines personnes craignaient qu’un tel incident puisse se produire.

Selon le député qui s’exprimait sur les ondes de la Voix du Liban, cette explosion pourrait être encore plus importante que celle du port de Beyrouth. “Je ne suis pas un expert en la matière, mais j’informe le ministère de l’énergie et le gouvernement libanais pour éviter un désastre”, poursuit-il.

Il a également rappelé que le nitrate d’ammonium stocké dans le port de Beyrouth peut servir à construire des bombes artisanales, est inflammable et peut exploser en cas de hautes températures ou d’un éclair qui le touche.

Il a cependant indiqué attendre les résultats de l’enquête en cours et qui vise à déterminer l’origine de l’explosion du Port de Beyrouth.

L’Electricité du Liban dément et indique que ce système a été récemment remplacé

L’Electricité du Liban a démenti cette information indiquant que le système qui utilisait de l’hydrogène a été récemment remplacé en dépit des difficultés financières de l’entreprise. Ce système était en place depuis 1983 et alimentait des laboratoires en hydrogène qu’il générait sans le stocker, précise le communiqué. L’EDL estime donc qu’il ne constituait pas un danger pour cette raison.

Un bilan toujours provisoire à Beyrouth

Selon le dernier bilan actuel, le ministère de la santé indique que 192 personnes sont décédées, 9 personnes toujours portées disparues et plus de 6 500 personnes ont été blessées dans l’explosion qui a ravagé le port de Beyrouth et une grande partie de la capitale libanaise. 300 000 personnes seraient également sans logement des suites de cette explosion.

La piste d’une explosion accidentelle, le 4 août 2020, de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium à l’intérieur d’un entrepôt du port de Beyrouth, saisies en 2014 à bord d’un navire poubelle, le Rhosus battant pavillon moldave, est pour le moment privilégiée par les autorités libanaises. Cette explosion équivaudrait à celle de 600 tonnes de TNT ou encore à un tremblement de terre de 3.3 sur l’échelle de Richter.
Elle aurait ainsi causé un cratère de 110 mètres de long sur 43 mètres de profondeur, indique, le dimanche 9 août, une source sécuritaire citant les propos d’experts français présents sur place.

S’exprimant dans les colonnes du Washington Post dans son édition du 7 septembre, le Procureur de la République, le juge Ghassan Oweidat, a révélé qu’outre les 2750 tonnes de nitrate d’ammonium, du kérosène, du gazoil, 25 tonnes de feux d’artifices et détonateurs à usage pour les mines se trouvaient également présents dans ce même entrepôt.

La présence de ces produits aurait ainsi pu entretenir le feu et lui permettre d’atteindre les températures permettant l’explosion du nitrate d’ammonium, soulignent certains experts.

Les dégâts seraient estimés entre 10 milliards à 15 milliards de dollars.

L’enquête sur les responsables impliqués dans l’explosion

Pour l’heure, 25 personnes seraient actuellement détenues dans le cadre de l’enquête concernant cette explosion. Parmi eux, le directeur du port de Beyrouth, Hassan Koraytem, ainsi que le directeur des services de la douane libanaise Badri Daher, tous 2 mis en examen par le juge d’instruction Fadi Sawwan, en charge de l’enquête.

Au total, plusieurs responsables sécuritaires et du port de Beyrouth ont ainsi été arrêtés.

Certaines sources soulignent que les différents partis politiques libanais s’étaient partagés les revenus du port de Beyrouth , rendant difficile actuellement de connaitre les responsabilités de chacun dans cette explosion.

Plusieurs partis politiques, de la majorité comme de l’opposition, souhaiteraient également conclure de manière rapide l’enquête étant impliqués dans différents trafics qui ont lieu depuis ou vers le port de Beyrouth. Ils souhaiteraient ainsi éviter à ce qu’on puisse découvrir le degré d’implication de chacun et des violations sécuritaires nécessaires à la poursuite de ses trafics. 

Aussi, des responsables sécuritaires avaient prévenu les autorités politiques à plusieurs reprises au cours des dernières années, les autorités judiciaires n’ont pas décidé de la mise en oeuvre des mesures de transfert nécessaires de la cargaison.

Certaines sources proches du dossier soulignent également la responsabilité de plusieurs administrations dans le port de Beyrouth, d’autant que de hauts responsables étaient informés du danger posé par le stockage de manière inadéquate de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium depuis 2014.

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