Les derniers articles

Articles liés

Vance presse Israël sur l’accord et met Netanyahu au défi

- Advertisement -

JD Vance a défendu, le 18 juin, l’accord conclu entre Washington et Téhéran en répondant directement aux critiques venues d’Israël. Le vice-président américain a confirmé que la période de soixante jours prévue par le mémorandum débute désormais, que les États-Unis commencent déjà à appliquer leur part du texte, et que les inquiétudes israéliennes reposent, selon lui, sur une lecture excessive de l’accord. Sans annoncer de sanction contre Israël, il a envoyé un message politique net : l’administration Trump veut que le compromis avance, y compris sur ses implications régionales, et estime qu’Israël ne peut pas répondre à tous ses problèmes de sécurité par la seule force militaire. Le Liban, cité dans le cadre de désescalade, se retrouve au cœur de cette pression nouvelle.

Une période de soixante jours désormais ouverte

JD Vance a d’abord fixé le calendrier. Interrogé sur l’accord avec l’Iran, il a indiqué que la période de soixante jours prévue par le mémorandum commence officiellement ce jeudi 18 juin. Cette précision n’est pas seulement administrative. Elle signifie que Washington considère le texte comme entré dans sa phase d’application, même si plusieurs points restent à négocier dans le cadre final.  

Le vice-président a également expliqué que les négociations finales définiront les conditions de la suite. La Maison Blanche insiste ainsi sur le caractère intérimaire du texte. L’accord ne règle pas tout. Il ouvre une période destinée à transformer une note d’entente en arrangement plus complet, notamment sur le détroit d’Hormuz, les sanctions, le nucléaire iranien et les conséquences régionales du cessez-le-feu.  

Recommande par Libnanews
Indicateurs économiques du Liban

Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.

Cette formulation permet à Washington de répondre à deux critiques opposées. Aux adversaires du texte, l’administration dit que les concessions ne sont pas définitives et que les sujets les plus sensibles restent soumis à négociation. Aux partisans d’une désescalade rapide, elle dit que le processus est lancé et que les États-Unis ne reculent pas devant les objections israéliennes ou républicaines.

Pour le Liban, cette période de soixante jours devient un horizon central. Le front libanais est mentionné dans le cadre de désescalade. Israël et le Hezbollah ne sont pas parties au mémorandum. Mais la pression américaine sur Israël, les attentes iraniennes et les demandes libanaises de retrait du Sud vont désormais se jouer dans ce délai. Si l’accord doit produire un effet régional, le Sud-Liban sera l’un des premiers terrains d’épreuve.

Washington affirme respecter sa part de l’accord

JD Vance a aussi voulu démontrer que les États-Unis appliquent déjà les premières mesures prévues par le mémorandum. Selon l’Associated Press, il a indiqué que la marine américaine avait laissé passer plus d’une douzaine de navires à destination de ports iraniens, dans le cadre de la levée progressive du blocus. Il a présenté ce geste comme la preuve que Washington respecte sa part initiale de l’accord sur le plan militaire.  

Le vice-président a aussi mentionné les flux pétroliers par le détroit d’Hormuz. Selon les éléments rapportés par l’agence, plus de 12,5 millions de barils auraient transité par le détroit mercredi soir, tandis que deux pétroliers iraniens chargés de 3,8 millions de barils de brut auraient franchi le dispositif sans être arrêtés. Pour la Maison Blanche, ces chiffres montrent que l’accord a déjà un effet pratique sur la navigation et sur la détente énergétique.  

Cette partie du message vise les marchés, les alliés et les adversaires du compromis. Washington veut montrer que le texte ne se limite pas à une déclaration politique. Il produit déjà une modification du comportement américain dans le Golfe. Il doit aussi produire, en retour, des changements iraniens sur les sujets sensibles, notamment le nucléaire et le financement d’organisations armées.

Vance présente donc l’accord comme un mécanisme conditionnel. Les États-Unis peuvent ouvrir des routes maritimes, réduire certaines pressions et entrer dans une négociation. Mais les bénéfices accordés à l’Iran dépendront de son comportement. C’est l’un des points qu’il oppose aux critiques israéliennes.

Vance critique la panique israélienne

Le passage le plus dur concerne Israël. Dans un entretien publié le même jour, JD Vance a estimé qu’il percevait, dans le système israélien, une forme de panique étrange autour de l’accord. Selon lui, certains responsables israéliens partent du principe que tout ce qui est favorable à l’Iran se produira automatiquement, sans que Téhéran ne change son comportement. Il a rejeté cette lecture, en affirmant que ce n’est pas ainsi que l’accord est rédigé.  

Cette remarque vise directement les responsables israéliens qui dénoncent un texte trop favorable à Téhéran. Pour Vance, l’accord ne donne pas à l’Iran tous les avantages sans contrepartie. Il prévoit une logique progressive, dans laquelle les bénéfices économiques ou diplomatiques dépendent d’engagements iraniens. La Maison Blanche veut ainsi corriger l’idée selon laquelle l’Iran aurait obtenu une victoire immédiate et gratuite.

Le vice-président a aussi contesté les accusations israéliennes selon lesquelles l’accord renforcerait le Hezbollah. Selon Reuters, il a affirmé que les États-Unis ne lèveraient pas les sanctions si l’Iran continuait à financer une organisation considérée par Washington comme terroriste. Cette précision vise clairement les inquiétudes israéliennes sur le Hezbollah, mais aussi les critiques américaines qui redoutent que les fonds iraniens débloqués servent à renforcer les alliés régionaux de Téhéran.  

Le message est donc double. Vance dit à Israël que ses craintes sont exagérées si elles supposent un accord sans conditions. Il dit à l’Iran que le financement du Hezbollah ou d’autres groupes armés restera un obstacle à tout allégement sérieux des sanctions. Ce point est central pour le Liban, car il relie directement l’accord avec Téhéran au rôle régional du Hezbollah.

« L’Amérique a mérité la confiance »

JD Vance a également exprimé son irritation devant le manque de confiance israélien envers les États-Unis. Il a expliqué trouver la réaction israélienne étrange parce qu’elle semble venir d’un manque de confiance, alors que l’Amérique, selon lui, a gagné la confiance de cette région du monde.  

Le vice-président a rappelé que les États-Unis ont beaucoup fait pour Israël et pour son gouvernement. Il a aussi rejeté l’idée selon laquelle Washington aurait conclu un mauvais accord, estimant que cette accusation n’est pas appuyée par les faits et ne tient pas compte de la profondeur de la relation américano-israélienne.  

Ces propos sont importants parce qu’ils ne viennent pas d’un responsable américain traditionnellement critique d’Israël. JD Vance appartient à une administration républicaine qui a longtemps affiché un soutien très ferme à l’État hébreu. Sa critique n’est donc pas celle d’un adversaire politique d’Israël. Elle vient d’un allié qui estime que l’État hébreu devrait davantage tenir compte des intérêts américains et de la confiance accumulée dans la relation bilatérale.

Le message envoyé à Benjamin Netanyahu est clair. Israël peut exprimer ses réserves. Mais il ne peut pas traiter l’accord américain avec l’Iran comme une trahison. Washington affirme avoir défendu Israël dans la durée et considère que sa propre lecture de l’intérêt régional doit désormais être prise au sérieux.

« On ne peut pas tout résoudre en tuant »

La phrase la plus marquante de Vance porte sur l’usage de la force. Répondant aux critiques israéliennes les plus dures, il a demandé quelle était exactement leur proposition. Il a rappelé qu’Israël est un pays d’environ neuf millions d’habitants et qu’il ne peut pas résoudre chacun de ses problèmes de sécurité nationale simplement en tuant.  

Cette formule a une portée forte. Elle ne nie pas les menaces contre Israël. Elle ne dit pas non plus qu’Israël ne doit jamais employer la force. Elle affirme que la force ne peut pas être la seule stratégie. Dans le contexte libanais, elle résonne avec les critiques déjà formulées par Donald Trump sur les bombardements israéliens contre des bâtiments au Liban. Le président américain avait estimé que Benjamin Netanyahu pouvait adopter une approche plus mesurée au Liban, notamment dans ses frappes contre des objectifs liés au Hezbollah.  

Vance reprend donc une ligne qui semble désormais assumée à Washington. Israël conserve le droit à sa sécurité, mais les États-Unis ne veulent plus que chaque problème régional soit traité par une escalade militaire. L’accord avec l’Iran repose précisément sur l’idée qu’une séquence de guerre peut être convertie en négociation. C’est cette logique que les responsables israéliens les plus radicaux rejettent.

La réaction d’Itamar Ben Gvir montre la profondeur du désaccord. Le ministre israélien d’extrême droite a répondu que la proposition israélienne consiste à traiter les « nazis du XXIe siècle » comme les États-Unis ont traité ceux du XXe siècle. Cette réponse confirme que, dans une partie du gouvernement israélien, la logique reste celle d’une confrontation totale avec l’Iran et ses alliés.  

Israël invité à rejoindre ou appliquer la dynamique

JD Vance n’a pas formulé, dans les éléments publics disponibles, une injonction juridique détaillée ordonnant à Israël d’appliquer chaque clause du mémorandum. Israël n’est pas partie au texte signé avec l’Iran. Mais le message politique est clair : Washington veut que l’accord produise ses effets régionaux, et Israël est invité à ne pas le saboter.

Deux jours plus tôt, Vance avait déjà exprimé sa confiance dans le fait qu’Israël deviendrait, à terme, partie prenante de l’arrangement. Il avait affirmé que l’accord rendrait Israël plus sûr et rendrait toute la région plus sûre. Cette idée revient dans ses déclarations du 18 juin : la Maison Blanche ne présente pas le texte comme une concession contre Israël, mais comme un cadre qui doit aussi protéger Israël en réduisant la guerre régionale.  

Pour le gouvernement Netanyahu, cette position est difficile. Une partie de l’appareil sécuritaire israélien veut préserver la liberté de frapper au Liban, maintenir une zone tampon et empêcher le Hezbollah de reconstituer ses positions au sud du Litani. Mais Washington estime que le calendrier de désescalade doit avancer. Si Israël maintient ses frappes ou son déploiement au Sud-Liban, il risque d’apparaître comme l’acteur qui bloque l’accord voulu par Trump.

La pression reste donc indirecte, mais réelle. Vance dit que la période de soixante jours commence. Il dit que les États-Unis respectent déjà leur part. Il dit que les critiques israéliennes exagèrent les bénéfices accordés à l’Iran. Il dit qu’Israël ne peut pas régler tous ses problèmes en tuant. La conclusion politique est difficile à éviter : Washington attend d’Israël qu’il s’inscrive dans la dynamique de l’accord, même s’il n’en est pas signataire direct.

Le Liban, terrain immédiat du test

Le Liban est le terrain le plus sensible de cette divergence. L’accord américano-iranien inclut le front libanais dans la désescalade régionale. Mais Israël maintient des positions dans le Sud et continue d’affirmer son droit à agir contre le Hezbollah. Le Hezbollah, lui, refuse tout débat sur ses armes avant le retrait israélien. L’État libanais réclame que personne ne négocie à sa place et que sa souveraineté soit respectée.

Les propos de Vance donnent à Beyrouth un argument nouveau. Si les États-Unis considèrent que la période d’application de l’accord est ouverte, alors le Liban peut demander que le volet libanais de la désescalade soit pris au sérieux. Cela implique l’arrêt des frappes, le retrait israélien des territoires occupés, le retour des déplacés, le rôle de l’armée libanaise et la reconstruction.

Mais Vance n’a pas donné de calendrier public de retrait israélien. Il n’a pas non plus annoncé de sanction en cas de refus israélien. Le message reste politique. Il signale une pression américaine croissante, sans en détailler encore les instruments. Le prochain cycle de négociations libano-américano-israéliennes à Washington dira si cette pression se transforme en propositions concrètes.

Le vice-président a surtout voulu reprendre le contrôle du récit. Pour lui, l’accord n’est pas une victoire gratuite pour l’Iran, ni un abandon d’Israël. C’est un outil américain pour arrêter une guerre, rouvrir Hormuz, encadrer Téhéran et éviter que la sécurité régionale ne repose uniquement sur la force. Cette ligne place directement Israël devant un choix : accompagner l’accord, le contester sans le faire échouer, ou risquer une confrontation politique avec son principal allié.

Une séquence de clarification américaine

La conférence de presse et l’entretien de Vance clarifient donc la position de Washington. L’accord est intérimaire, mais il commence maintenant. Les États-Unis appliquent déjà certains engagements militaires et maritimes. Les bénéfices pour l’Iran resteront conditionnés. Les critiques israéliennes sont jugées excessives. La force militaire ne peut pas être la seule réponse aux menaces. Israël doit faire confiance à l’allié américain.

Cette clarification ne met pas fin aux tensions. Elle les rend publiques. Le gouvernement Netanyahu doit désormais composer avec une administration Trump qui lui demande de tenir compte d’un accord avec Téhéran. Les ministres israéliens les plus radicaux rejettent cette logique. Les responsables militaires israéliens veulent préserver la liberté d’action au Liban. Les Libanais réclament le retrait israélien. L’Iran affirme que la fin de l’occupation du Sud doit faire partie de la suite.

Vance n’a pas fermé le débat. Il a ouvert une phase de pression politique. Ses mots traduisent un changement de ton : Washington ne demande plus seulement à l’Iran de respecter l’accord. Il demande aussi à Israël de cesser de traiter l’accord comme une menace automatique et de reconnaître que la stratégie américaine passe désormais par la négociation autant que par la force.

Les soixante jours annoncés le 18 juin deviennent ainsi une période de vérité. L’Iran devra prouver qu’il modifie son comportement. Israël devra décider jusqu’où il accepte la dynamique américaine. Le Liban devra défendre sa souveraineté sans laisser Téhéran parler en son nom. Les États-Unis devront montrer que leurs paroles sur la désescalade peuvent se traduire au Sud-Liban, là où l’accord régional sera jugé non sur les déclarations, mais sur l’arrêt des frappes, le retrait des forces israéliennes et le retour effectif de l’État.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi