Le Liban proclame sa victoire… Et pourtant, même si le Pays des Cèdres a été débarrassé de la vermine qui hantait l’Anti Liban, nous ne la ressentons pas. La mort de nos 9 militaires kidnappés en août 2014 à Aarsal est toujours présente dans nos esprits.

Quelle victoire peut-il y avoir quand l’un des objectifs de l’offensive contre Daesh était de récupérer ces hommes vivants et non morts? Quelle victoire, la population peut-elle ressentir de voir arriver leurs dépouilles quand certains responsables sont allés jusqu’à mentir à leurs familles, leur assurant qu’il n’y avait aucun doute du fait qu’ils étaient encore vivants? Quelle victoire peut-on ressentir quand il ne s’agissait que d’un Devoir à accomplir, un devoir que toute Nation doit accomplir envers les siens, celui de récupérer coûte que coûte des hommes? Une Armée ne devrait jamais laisser les siens derrière.
Une victoire ou plutôt une défaite face à un fiasco institutionnel et politique avec l’incapacité de l’Etat à protéger les siens, ses citoyens et ses soldats depuis 2014. On les a abandonné.

Le Liban proclame sa victoire, peut-être dans la souffrance, celle d’un accouchement pas encore réalisé d’une vérité qui tarde à poindre? Attendons-nous la résolution des calculs politiques de nos célèbres mathématiciens qui n’ont comme seuls mérites, non pas une médaille Field mais celles de nous flouer années après années, avec une spécialisation mineure en in-comptabilité aux intérêts généraux?

Pouvons-nous donc parler de victoire quand il reste encore tant de choses à accomplir et de sacrifices à faire, non pas seulement au niveau sécuritaire, mais aussi de la scène politique ou de nos institutions qui devraient être plus pro-actives et aptes à agir dans l’intérêt supérieur de la Nation et dans l’urgence au lieu de laisser nos hommes croupir 3 ans?

Que dire encore de ces zones de non-droit ou règnent encore des groupes aussi infréquentables que Daesh, et notamment à Ein Helwé ou des combats intermittents ont lieu à intervalle régulière? A-t-on déjà oublié que ces territoires sont occupés par des éléments déniant tout autant notre souveraineté que Daesh?
Si victoire il y avait, elle serait peut-être avec un petit v et non le Grand V que dessinait Churchill…

Cette victoire, si elle devait exister ne serait que partielle parce que la Victoire ne se concrétise pas dans une seule bataille mais dans une guerre, ici d’un terrorisme continu depuis des décennies. Les Réalistes n’ont pas la place aujourd’hui dans leur coeur pour s’auto-congratuler parce qu’ils savent, en toute connaissance de cause que la Véritable Victoire ne se réalisera pas sans l’Existence d’un Etat de Droit et d’un Etat Nation. Cette route reste encore longue devant nous.

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