Une vidéo tournée à l’insu du Ministre des Affaires Etrangères Gébran Bassil a aggravé ce lundi la crise entre le CPL du Président de la République Michel Aoun et le mouvement Amal du Président de la Chambre Nabih Berry en dépit des appels au calme du conseiller à la Présidence Elias Bou Saab ce dimanche. Nabih Berry aurait également fait savoir que son désaccord avec le Premier Ministre Saad Hariri est toujours d’actualité.

La crise politique entre le Président de la République et le Président de la Chambre a pour origine, la signature d’un décret d’avancement de 200 officiers de l’Armée Libanaise – essentiellement chrétiens – qui avaient vu leurs carrières interrompus durant 2 ans en 1990 à la suite de la défaite de l’Armée Libanaises sous commandement du Général Michel Aoun, à l’époque Commandant face aux pro-syriens.
Le décret signé par le Chef de l’Etat, le Premier Ministre Saad Hariri et le Ministre de la Défense, Yaacoub Sarraf a amené Nabih Berry à accuser le Président de la République de violer les accords de Taëf et la constitution libanaise stipulant un équilibre entre les différentes communautés religieuses.

Une vidéo du Ministre des Affaires Etrangères Gébran Bassil a été rendue ce dimanche soir. Ce dernier, s’exprimant devant un groupe de sympathisants originaires de Batroun a décrit le Président de la Chambre des députés comme étant un Voyou. Cette vidéo a été tournée par une sympathisante du Parti Kataëb qui a déclaré avoir agi indépendamment de son parti en raison des tensions entre partis phalangistes et alunisses.

Gébran Bassil a également accusé Nabih Berry de vouloir diviser les libanais en fonction d’appartenances sectaires et de vouloir faire chanter la communauté libanaise de la diaspora.
Ainsi, Nabih Berry aurait menacé, toujours selon Gébran Bassil, les hommes d’affaires chiites libanais. Il aurait également exprimé son souhait de voir fermer un établissement bancaire sponsorisant la conférence « Lebanese Diaspora Energy »  ou encore d’interdire à ses participant d’entrer sur le territoire national. Par ailleurs, le Mouvement Amal aurait également fait pression sur la communauté libanaise d’Afrique pour que ses représentants ne se rendent pas à la conférence de la diaspora organisée par le Ministère des AF à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Ces propos ont rapidement provoqué une réaction du Ministre des Finances Ali Hassan Khalil qui s’est adressé au Président de la République Michel Aoun, accusant son gendre de manquer de bonnes manières et le traitant par ailleurs de nain politique.

« Les nains politiques sectaires sont arrogants et pensent qu’ils occupent une position parmi les dirigeants », a déclaré Ali Hassan Khalil qui a estimé que les lignes rouges ont été franchies.
Pour rappel, Gébran Bassil est le gendre du chef de l’Etat.

Quant à Nabih Berry, il a demandé, selon certaines sources, des excuses publiques diffusées par les chaines de télévision avant de mettre en garde contre des incidents. Ces informations interviennent alors que des manifestants au nombre estimé à 100 personnes bloquent les rues de Mar Elias, dans la partie ouest de Beyrouth.

Une crise qui s’aggrave en dépit des paroles rassurantes du weekend

La crise politique avait pourtant pris une tournure favorable à sa résolution ce dimanche avec les propos du Conseiller aux affaires international à la présidence de la république Elias Bou Saab qui avait appelé les médias et les partisans du CPL et de Amal à la retenue.

Il répondait ainsi aux propos tenue par le journal de la chaine de télévision OTV et de la chaine de télévision NBN. Elias Bou Saab avait également indiqué qu’un accord entre CPL et Amal avait été conclu pour coordonner la communication concernant la crise entre les 2 chaines.

Le Président de la Chambre en désaccord également avec le Premier Ministre

Le Président de la Chambre a indiqué toujours en vouloir au Premier Ministre Saad Hariri pour avoir signé le décret d’avancement des officiers de l’Armée Libanaise sans l’aval du Ministre des Finances.

Nabih Berry a également fait part de la promesse de Saad Hariri de ne pas signer ce décret sans son accord, cette promesse n’ayant pas été respectée