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Baabda prépare la bataille de Washington

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Le palais de Baabda a replacé la négociation libano-israélienne au centre de l’État. Joseph Aoun a présidé une réunion avec le commandant de l’armée, le général Rodolphe Haykal, le chef de la délégation libanaise, l’ancien ambassadeur Simon Karam, les officiers de l’équipe militaire de négociation et les conseillers qui accompagnent le processus. L’objectif était clair : évaluer les derniers développements au Liban et dans la région, notamment la signature du mémorandum d’accord entre les États-Unis et l’Iran, puis préparer le prochain cycle de discussions libano-américano-israéliennes à Washington, prévu les 23, 24 et 25 juin. Pour Beyrouth, cette séquence est décisive. Elle doit transformer une désescalade régionale en résultats concrets : cessez-le-feu final, retrait israélien, déploiement de l’armée libanaise aux frontières internationales, retour des prisonniers et lancement de la reconstruction.

Une réunion de crise au palais présidentiel

La réunion de Baabda n’est pas une simple séance de suivi technique. Elle intervient dans une période où le Liban risque d’être aspiré par des négociations régionales qui le concernent directement, mais dont il ne maîtrise pas tous les paramètres. L’accord entre Washington et Téhéran a inclus le front libanais dans la désescalade, mais Israël n’en est pas signataire, le Hezbollah non plus. Le Liban doit donc transformer une clause régionale en engagement opérationnel sur son territoire.

La présence du commandant de l’armée donne à cette réunion une signification particulière. Rodolphe Haykal n’est pas seulement associé au dossier comme chef militaire. Il représente l’institution qui devra occuper l’espace laissé par tout retrait israélien, sécuriser les localités du Sud, coordonner avec la force internationale et empêcher que le vide ne soit rempli par des groupes armés ou par une nouvelle logique de zone tampon. La négociation ne porte donc pas seulement sur des phrases. Elle porte sur la capacité réelle de l’État à revenir sur le terrain.

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Simon Karam, à la tête de la délégation de négociation, joue pour sa part le rôle de relais diplomatique. Il doit porter à Washington une position libanaise stable, compréhensible et défendable devant les Américains comme devant les représentants israéliens. Selon des informations publiées avant cette réunion, le Liban avait déjà préparé de nouveaux cycles de discussions directes à Washington, après plusieurs rencontres organisées au département d’État et au département de la Défense américains. Une dépêche de l’agence qatarie QNA indiquait qu’une réunion d’évaluation avait déjà eu lieu à Baabda avec Aoun, Haykal, Karam et les membres de l’équipe militaire après les séances des 29 mai, 2 juin et 3 juin.  

La réunion actuelle marque donc une continuité. Elle ne part pas de zéro. Elle s’inscrit dans un processus qui a déjà produit plusieurs rounds, des propositions, des réponses et des lignes rouges. Mais elle intervient après un changement majeur : l’accord Washington-Téhéran. Ce texte modifie le rapport de force. Il crée une pression nouvelle sur Israël. Il donne aussi à l’Iran un rôle de garant ou de parrain indirect dans la désescalade libanaise, ce que Beyrouth cherche à encadrer soigneusement.

Les directives de Joseph Aoun

Joseph Aoun a donné à la délégation une feuille de route centrée sur cinq priorités. La première est la stabilité de la position libanaise sur le cessez-le-feu final. Le Liban ne veut pas d’une trêve floue, réversible et interprétée différemment par chaque acteur. Il veut un arrêt clair des hostilités, vérifiable, assorti d’un mécanisme permettant de documenter les violations et d’éviter que la guerre ne reprenne par incidents successifs.

La deuxième priorité est le retrait des forces israéliennes des territoires occupés. C’est le point le plus sensible. Israël cherche à maintenir une présence dans le Sud-Liban, ou au moins des positions considérées comme stratégiques, au nom de sa sécurité. Le Liban y voit une atteinte directe à sa souveraineté. Reuters a rapporté qu’Israël menait des discussions avec les États-Unis afin de maintenir son déploiement dans le Sud, malgré l’accord américano-iranien qui affirme l’intégrité territoriale libanaise.  

La troisième priorité est le déploiement de l’armée libanaise aux frontières internationales. Cette formulation est centrale. Elle signifie que Beyrouth ne veut pas seulement obtenir le départ d’Israël. Il veut y substituer une présence étatique. Sans déploiement de l’armée, le retrait pourrait être présenté par Israël comme un risque, par le Hezbollah comme une victoire de la résistance et par les partenaires occidentaux comme une transition incomplète. L’armée doit donc devenir l’instrument du retour de l’État.

La quatrième priorité est le retour des prisonniers libanais. Ce dossier a une charge politique et humaine forte. Il touche aux familles, à la mémoire des conflits précédents et à la capacité de l’État à défendre ses ressortissants dans un cadre officiel. L’inscrire parmi les directives présidentielles revient à rappeler que la négociation ne se limite pas aux lignes militaires. Elle concerne aussi les droits des personnes et les traces non réglées de la guerre.

La cinquième priorité est le lancement de la reconstruction. Là encore, la séquence est importante. Le retour au Sud ne peut pas attendre indéfiniment. Des villages ont été détruits, des routes endommagées, des écoles fragilisées, des services essentiels interrompus. Le cessez-le-feu n’aura de valeur pour les habitants que s’il ouvre une phase de réparation. Reuters a rapporté que la guerre avait déplacé près de 1,2 million de personnes et provoqué des destructions massives de logements et d’infrastructures.  

Washington, prochain terrain de l’épreuve libanaise

Les négociations prévues à Washington les 23, 24 et 25 juin seront plus qu’un nouveau round diplomatique. Elles seront le premier test de la position libanaise après la signature du mémorandum entre les États-Unis et l’Iran. Le Liban devra y défendre son autonomie de décision, tout en utilisant le nouveau rapport de force régional pour obtenir des avancées concrètes.

Le cadre est délicat. Les États-Unis sont à la fois médiateurs, parrains du processus avec Israël et signataires de l’accord régional avec l’Iran. Ils disposent du levier principal sur le gouvernement israélien. Mais ils ont aussi leurs propres priorités : préserver l’accord avec Téhéran, éviter une reprise de la guerre, sécuriser le détroit d’Hormuz, réduire la pression sur les marchés énergétiques et contenir le Hezbollah.

Le Liban doit donc parler à Washington avec clarté. Il doit rappeler que le retrait israélien n’est pas une concession à l’Iran, ni une récompense au Hezbollah. C’est l’application du principe de souveraineté. Il doit également insister sur le fait que l’armée libanaise est prête à jouer son rôle, mais qu’elle a besoin de moyens, d’un calendrier de retrait et d’un soutien international. Sans cette articulation, Israël pourra continuer à présenter sa présence comme une nécessité sécuritaire.

Le calendrier donne à ces discussions une urgence particulière. Selon les éléments rapportés par plusieurs médias, Téhéran considère que le retrait israélien du Liban doit faire partie de la finalisation de l’accord avec Washington dans la fenêtre de soixante jours. Reuters a aussi rapporté que le Hezbollah se disait confiant dans le fait que tout accord entre les États-Unis et l’Iran inclurait le Liban, l’Iran ayant insisté pour que la fin des hostilités sur le front libanais soit intégrée à la désescalade régionale.  

Beyrouth doit éviter un piège. Si l’Iran apparaît comme l’acteur qui obtient le retrait israélien, l’État libanais sera affaibli symboliquement. Si Washington et Israël négocient une présence prolongée sans l’accord de Beyrouth, la souveraineté libanaise sera affaiblie politiquement. La délégation devra donc rappeler que le Liban est le sujet de la négociation, non son objet.

Le mémorandum Washington-Téhéran change le rapport de force

Le mémorandum américano-iranien a profondément modifié le climat régional. Il prévoit une désescalade sur plusieurs fronts et ouvre une période de négociation destinée à produire un accord final. Selon les informations rapportées par la presse internationale, il inclut des volets liés au nucléaire iranien, aux sanctions, au détroit d’Hormuz, au pétrole et à l’arrêt des opérations militaires, y compris au Liban.  

Pour le Liban, ce texte crée une opportunité. Pour la première fois depuis le début de cette phase de guerre, le front libanais est intégré dans un arrangement régional porté par les États-Unis. Cela donne à Beyrouth un argument. Le retrait israélien peut être présenté non seulement comme une revendication libanaise, mais aussi comme une condition de cohérence de l’accord régional. Si l’accord promet la fin des hostilités, la présence militaire israélienne au Sud devient difficilement justifiable.

Mais le mémorandum crée aussi une contrainte. Il officialise le rôle de l’Iran comme acteur incontournable du dossier libanais. Téhéran peut dire qu’il a placé le Liban dans l’accord. Le Hezbollah peut affirmer que ses sacrifices ont obligé les puissances à intégrer le front libanais. Israël peut, de son côté, refuser de se considérer lié par un texte auquel il n’est pas partie. Le Liban se retrouve donc entre plusieurs récits concurrents.

C’est précisément ce que Joseph Aoun tente de contrôler. Ses déclarations récentes insistent sur l’indépendance de la décision libanaise. Le président a affirmé que le Liban suit sa propre voie dans les négociations et que personne ne peut négocier à sa place. Cette position vise clairement à encadrer l’influence iranienne, sans refuser toute contribution extérieure à la désescalade.  

La réunion de Baabda sert donc à harmoniser les positions avant Washington. Il ne suffit pas que le président exprime une ligne. Il faut que la délégation, l’armée et les conseillers portent le même message. Dans une négociation aussi sensible, la moindre ambiguïté peut être exploitée par Israël, par Washington, par l’Iran ou par les acteurs internes libanais.

L’armée libanaise comme pivot du dispositif

Le déploiement de l’armée libanaise aux frontières internationales est la clé de voûte de la position de Baabda. Il répond à plusieurs exigences simultanées. Il rassure les partenaires occidentaux, qui veulent le retour du monopole de la force à l’État. Il répond à Israël, qui dit craindre un retour du Hezbollah près de la frontière. Il donne aux habitants du Sud un interlocuteur national. Il permet enfin au président de dire que la souveraineté libanaise ne reste pas une formule.

Mais cette ambition suppose des moyens. L’armée libanaise doit pouvoir se déployer, patrouiller, communiquer, documenter les violations, coordonner avec la FINUL, soutenir les municipalités et éviter l’escalade en cas d’incident. Elle doit le faire dans un pays où les finances publiques restent fragiles et où les soldats eux-mêmes ont subi les conséquences de la crise économique.

Le rôle du général Rodolphe Haykal dans la réunion est donc essentiel. Il ne s’agit pas seulement de préparer une argumentation diplomatique. Il faut aussi dire ce que l’armée peut faire, dans quels délais, avec quels moyens et sous quelles conditions. Un engagement militaire irréaliste affaiblirait le Liban. Un engagement trop vague donnerait à Israël un prétexte pour rester. La délégation doit donc présenter à Washington une position crédible : l’armée peut se déployer, mais elle doit être soutenue et le retrait israélien doit être complet.

Cette question rejoint le débat sur la FINUL. La force internationale peut accompagner la transition, mais elle ne peut pas remplacer l’armée libanaise. Elle peut observer, coordonner, documenter et rassurer. Elle ne peut pas devenir le souverain de substitution au Sud. La position libanaise doit donc combiner retrait israélien, déploiement national et présence internationale d’appui.

Les prisonniers et la reconstruction, deux dossiers de souveraineté

Le retour des prisonniers libanais et le lancement de la reconstruction ne sont pas des annexes humanitaires. Ils participent de la même logique de souveraineté. Un État qui négocie le retrait de forces étrangères doit aussi défendre ses citoyens détenus et réparer les zones détruites. La guerre ne se termine pas le jour où les armes se taisent. Elle se prolonge dans les familles qui attendent un détenu, dans les villages sans électricité, dans les maisons effondrées et dans les écoles fermées.

Le dossier des prisonniers permet à Beyrouth de rappeler qu’une négociation de sécurité doit avoir une dimension humaine. Il peut également servir de point de pression symbolique. Israël peut vouloir parler de zone tampon, de Hezbollah et de garanties militaires. Le Liban doit répondre par territoire, souveraineté, détenus, retour des habitants et reconstruction.

La reconstruction, elle, permet de sortir la négociation du seul tête-à-tête militaire. Le Sud-Liban n’est pas un espace vide à sécuriser. C’est une région habitée, agricole, municipale, familiale et économique. Les habitants qui reviennent ont besoin de maisons, de routes, de soins, d’eau, d’écoles et de sécurité. La délégation libanaise doit donc défendre l’idée que tout accord sans mécanisme de reconstruction resterait incomplet.

Cette dimension peut aussi mobiliser les partenaires internationaux. La France, le Qatar, les États-Unis, l’Union européenne et les Nations unies peuvent contribuer à la reconstruction, mais à condition que le cessez-le-feu tienne et que l’armée libanaise puisse se déployer. Le retrait israélien devient donc la première pierre d’une chaîne civile.

Le risque d’un accord sur le Liban sans le Liban

La principale menace pour Beyrouth est la possibilité d’un accord sur le Liban sans le Liban. Le mémorandum Washington-Téhéran contient une référence au front libanais. Israël discute avec Washington du maintien de ses positions. L’Iran affirme défendre le retrait israélien. Le Hezbollah dit que le désarmement ne se discutera qu’après la fin de l’occupation. Dans cette configuration, l’État libanais risque d’être entouré de parrains plus puissants que lui.

La réunion de Baabda est une réponse à ce risque. En réunissant le président, le commandant de l’armée, le chef de la délégation et les conseillers, le Liban cherche à produire une ligne nationale unique. Cette unité institutionnelle est indispensable. Si les messages libanais se contredisent, les autres acteurs s’engouffreront dans les failles.

La position présidentielle repose sur un équilibre difficile. Accepter les effets utiles de l’accord régional, mais refuser que l’Iran parle au nom du Liban. Utiliser la pression américaine sur Israël, mais refuser un calendrier dicté de l’extérieur sur les armes du Hezbollah. Demander le retrait israélien, mais préparer le déploiement de l’armée pour répondre aux inquiétudes sécuritaires. Réclamer la reconstruction, mais éviter que l’aide internationale ne contourne l’État.

Cette ligne est exigeante. Elle suppose que la délégation libanaise puisse convaincre Washington que Beyrouth n’est pas un simple bénéficiaire de l’accord américano-iranien. Le Liban a ses propres demandes, ses propres institutions et son propre calendrier. Il veut le cessez-le-feu final, le retrait, les prisonniers, l’armée aux frontières et la reconstruction.

Une négociation sous contrainte israélienne

Israël arrive à cette phase avec une position dure. Son armée veut préserver sa liberté d’action au Liban, maintenir une zone tampon et obtenir une démilitarisation complète du Sud. Des responsables israéliens ont décrit l’accord Washington-Téhéran comme très décevant, estimant qu’il ne répond pas aux objectifs stratégiques d’Israël. La presse israélienne a aussi rapporté une confusion croissante dans les rangs de l’armée, après la modification des règles d’ouverture du feu et l’incertitude sur la mission au Liban.  

Cette position met la délégation libanaise face à une difficulté. Israël peut demander des garanties avant tout retrait. Le Liban doit répondre que la première garantie est la présence de l’armée libanaise et l’application du droit international. Il doit aussi refuser que la sécurité israélienne justifie une présence indéfinie sur son territoire.

Le rôle américain sera décisif. Si Washington choisit de pousser Israël vers un retrait, la négociation libanaise peut produire des résultats. Si Washington accepte une zone tampon israélienne prolongée, le Liban aura plus de mal à faire valoir ses priorités. La réunion de Baabda vise donc aussi à préparer une argumentation destinée à convaincre l’administration américaine que la stabilité régionale passe par le respect de la souveraineté libanaise.

Donald Trump a déjà critiqué certaines méthodes israéliennes au Liban, estimant que Benjamin Netanyahu pouvait adopter une approche plus mesurée. Cette pression américaine ouvre une marge. Mais elle ne garantit pas un retrait. Le Liban doit transformer cette marge en engagement écrit.

Le test des 23, 24 et 25 juin

Les dates des 23, 24 et 25 juin deviennent un moment charnière. La délégation libanaise devra défendre une position compacte, sans dispersion. Le cessez-le-feu final doit être présenté comme la porte d’entrée. Le retrait israélien doit être formulé comme condition de souveraineté. Le déploiement de l’armée doit être présenté comme réponse nationale aux exigences de sécurité. Les prisonniers et la reconstruction doivent rappeler que la guerre touche des êtres humains et des territoires, pas seulement des cartes militaires.

Le Liban ne doit pas aller à Washington en position de demandeur isolé. Il doit s’appuyer sur le contexte régional. L’accord Washington-Téhéran parle de désescalade. Le G7 parle de souveraineté libanaise et de monopole des armes par l’État. Les Nations unies peuvent offrir un cadre. La France soutient l’armée et la FINUL. Le Qatar peut aider à la reconstruction. Tous ces éléments doivent être utilisés pour renforcer une position libanaise autonome.

Mais l’autonomie se prouvera aussi par la cohérence interne. Les forces politiques libanaises devront éviter de transformer la négociation en champ de bataille partisan. Le Hezbollah ne doit pas apparaître comme le seul bénéficiaire d’un retrait obtenu par l’Iran. Les adversaires du Hezbollah ne doivent pas présenter Washington comme un levier pour imposer un calendrier interne explosif. L’État doit tenir la ligne : le territoire d’abord, l’armée ensuite, la reconstruction immédiatement, le dialogue national dans un cadre libanais.

La réunion de Baabda annonce cette méthode. Elle place le président au centre de la décision. Elle associe l’armée à la diplomatie. Elle donne à la délégation une boussole. Elle rappelle que la souveraineté se joue dans les mots, mais aussi dans la préparation.

Baabda tente de reprendre l’initiative

Le Liban arrive à Washington dans une position fragile, mais pas sans cartes. Il peut s’appuyer sur l’accord régional pour demander le retrait israélien. Il peut s’appuyer sur son armée pour proposer une alternative à la zone tampon. Il peut s’appuyer sur la reconstruction pour mobiliser les partenaires. Il peut s’appuyer sur la souveraineté pour refuser que l’Iran, Israël ou les États-Unis parlent à sa place.

La réunion présidée par Joseph Aoun montre que Baabda veut reprendre l’initiative. Le président ne se contente pas d’observer l’accord entre Washington et Téhéran. Il prépare une réponse libanaise. Il fixe des priorités. Il cherche à éviter que le pays soit réduit à une clause dans un mémorandum régional.

La tâche reste lourde. Israël ne veut pas partir sans garanties. Le Hezbollah ne veut pas discuter de ses armes avant le retrait. L’Iran veut inscrire le Liban dans son accord avec les États-Unis. Washington veut préserver sa propre réussite diplomatique. Le Liban doit naviguer entre ces contraintes sans perdre le cœur de sa position : aucune stabilisation durable ne sera possible si le territoire reste occupé, si l’armée libanaise ne se déploie pas, si les prisonniers restent oubliés et si la reconstruction ne commence pas.

Les 23, 24 et 25 juin diront si la réunion de Baabda a permis de transformer une ligne présidentielle en rapport de force diplomatique. Le prochain cycle de Washington ne sera pas seulement une négociation sur le cessez-le-feu. Il dira si l’État libanais peut encore imposer ses priorités dans une région où les grandes puissances parlent souvent plus fort que les pays concernés.

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