Une association représentant les déposants a publié un communiqué en soutien à la juge Ghada Aoun qui perquisitionne actuellement les bureaux d’un agent de change, Michel Mecattaf, appelant les forces de sécurité intérieure et les experts mandatés à remettre à celle-ci toutes les informations nécessaires dans le cadre de l’enquête portant sur la manipulation du cours de la livre libanaise face au dollar. Ils estiment ainsi que les employés qui s’abstiennent à transmettre ces informations seraient suspectés d’être d’être impliqué dans le transfert illégal de devises étrangères avant octobre 2019 et début 2020.

Chaque déposant est en droit de récupérer ses moyens de subsistance et les dépôts – allusion à l’instauration d’un contrôle informel des capitaux dès novembre 2019 par l’association des banques libanaises -, note le communiqué avant d’estimer que les agents de change comme celui actuellement accusé et leurs employés commettent “des crimes bien connus, faisant par ailleurs obstruction aux experts leurs employés”.

Le même communiqué dénonce les menaces et les intimidation visant à décourager la justice libanaise à se quitter de ses devoirs et notant que le président du barreau de l’ordre des avocats est resté jusqu’à présent silencieux dans cette affaire.

Une estimation de 2 milliards de dollars de fonds transférés rien que vers la Suisse

Pour rappel, le procureur général de la République, le juge Ghassan Oueidat, avait officiellement demandé dès le 30 décembre 2019 aux autorités suisses et à leurs homologues libanais, des informations concernant le transferts de fonds vers le pays helvète. À l’époque, on estimait à plus de 11 milliards de dollars les fonds transférés à l’étranger après l’instauration d’un moratoire sur les virements vers l’étranger par l’association des banques du Liban (ABL) depuis octobre dernier avec la fermeture des établissements financiers locaux suite aux manifestations du 17 octobre puis l’instauration d’un contrôle des capitaux dès novembre.

Depuis les autorités monétaires ont estimé les sommes illégalement transférées à 5 milliards de dollars

Toujours à l’époque, certaines sources évoquent la somme de 2 milliards de dollars, d’autres celle de 11 milliards de dollars qui auraient ainsi été virés sur des comptes en Suisse. Cet argent appartiendrait à des hommes politiques et des hommes d’affaires libanais qui tenteraient ainsi de faire face à une possible décote de leurs comptes au Liban ou encore au risque de voir certaines banques faire faillite.

Et la mauvaise volonté des hommes politiques et des banquiers à retransférer

Par ailleurs, la Banque du Liban avait appelé les établissements financiers locaux à augmenter leurs fonds propres à 20% des dépôts et à rapatrier 3% des sommes qu’elles détiennent auprès de leurs banques correspondantes d’ici le 28 février 2020 comme stipulé par la circulaire 154.

Cette même circulaire demande aux présidents des banques, aux membres du conseil d’administration, aux principaux actionnaires et cadres supérieurs, ainsi qu’aux clients identifiés comme des “personnes politiquement vulnérables” et qui ont transféré à l’étranger plus de 500 000 $ ou son équivalent en d’autres devises étrangères depuis juillet 2017, de déposer 30 % de ces fonds et de les bloquer pendant cinq ans.

Certaines sources ont indiqué que face à ces refus, certaines banques auraient acheté de larges quantités de dollars ces dernières semaines au marché noir, des achats ayant déséquilibré l’offre et la demande et provoqué une importante dévaluation de facto de la livre libanaise face au dollar.
Un certain nombre de ces responsables financiers ont finalement annoncé leurs démissions pour ne pas être dans l’obligation de procéder au rapatriement de leurs fonds.

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