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L’information qui m’a le plus frappé ces derniers jours relate le fait suivant : « Entente entre la Russie et les Etats-Unis pour un cessez-le-feu en Syrie dans un délai d’une semaine». Comment faut-il comprendre pareille information ? C’est bien simple. Les deux grandes puissances précitées s’affrontent pour asseoir leur influence en Syrie et par ricochet au Moyen-Orient. La Russie a un allié bien connu à savoir la Syrie. Les Etats-Unis ont pour alliée l’opposition modérée syrienne sans oublier qu’ils parachutaient par erreur des armes à Daech et al-Nosra. Est-ce que cela veut dire qu’ils ont pour alliés indirects et secrets ces deux mouvements radicaux ? Sinon comment ces deux mouvements accepteraient-ils de respecter un cessez-le-feu instauré par la Russie et les Etats-Unis ?

La politique de la Russie est bien claire que l’on soit pour ou contre celle-ci. Elle appuie le Président Bachar pour garder des points d’attache en Méditerranée. Quand elle a senti que ses alliés en Syrie piétinaient et qu’ils risquaient de perdre la guerre, elle n’a pas hésité à se lancer corps et âme dans la bataille et à pousser les opposants à sa politique dans leur dernier retranchement. Le régime du Président Bachar a repris du poil de la bête. D’une position défensive, il passe à l’offensive et il regagne du terrain grâce à l’aide de la Russie.

Par contre quelle est la politique des Américains ? Elle est floue comme d’habitude. Ils ont pour alliée l’opposition modérée au régime du Président Bachar. On pourrait penser qu’ils ont enfanté Daech et al-Nosra pour mettre en difficulté le régime syrien. Et tout comme ils ont perdu le contrôle des Talibans en Afghanistan, ils ne semblent plus contrôler Daech et al-Nosra en Syrie. Bien plus, ils ne peuvent pas envoyer des troupes au sol comme les Russes pour la simple raison qu’ils sont en période électorale.

Il faudrait donc attendre l’élection du nouveau Président américain pour voir plus clair dans la situation au Moyen-Orient. Les pourparlers de paix pour la Syrie à Genève connaitront des hauts et des bas jusqu’à l’élection du Président américain. C’est alors que les Russes et les Américains s’entendront pour redessiner la carte du Moyen-Orient et se partager les zones d’influence dans cette région riche en pétrole. Entre temps, ils vont essayer de calmer quelque peu le jeu pour que les flammes de cette guerre ne brûlent pas l’Europe, les Etats-Unis, la Russie et le monde dans sa totalité.

Le « Printemps arabe » déclenché par les Etats-Unis est un fiasco. Au lieu d’instaurer la démocratie au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ils ont foutu la pagaille et l’insécurité partout dans le monde. C’est que les Américains n’ont pas compris que des démocraties à l’occidentale sont impossibles dans les pays arabes à cause des clivages religieux. Tant que la religion n’est pas séparée de l’Etat, il ne peut y avoir de démocratie. La religion et la démocratie se rejettent l’une l’autre.

Quelle influence pourrait avoir cette situation au Moyen-Orient sur le Liban ? A la question de savoir quelles sont les chances d’élire un Président de la République au Liban, le ministre de l’intérieur libanais Monsieur Nouhad Machnouk a répondu que cette élection dépendait d’une décision régionale et non pas locale. Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu’il faut attendre l’élection du Président américain au mois de novembre, puis l’entente des Russes avec le nouveau Président américain sur les zones d’influence au Moyen-Orient et aussi leur entente sur la nouvelle carte géopolitique de la région.

Comme quoi les « dirigeants » des pays du Moyen-Orient n’auront pas droit au chapitre quand la solution sera mise sur les rails. Seuls les Russes et les Américains auront le droit d’imposer leurs volontés aux populations de cette région et du monde. Quelle comédie que cette notion de démocratie ? Tout le monde la chante mais personne ne la respecte.

Nous n’aurons donc pas de Président de la République au Liban avant novembre 2016. Il faudrait se demander quelle République nous aurons après le remodelage des frontières des pays de la région du Moyen-Orient. Patience et courage, chers compatriotes. La solution n’est pas pour demain. A moins que certaines surprises éventuelles ne viennent redistribuer les cartes et tout remettre en question.

Samy Chaiban.