Le Président de la République, le Général Michel Aoun, a reçu les membres de la commission nationale des disparus de la guerre civile, indiquant que leurs familles avaient le droit de connaitre leur sort. Il a souligné qu’il reste impossible d’exiger aux familles des disparus de pardonner sans connaitre les circonstances de leurs disparitions.

La commission qui vient d’être constituée est composée par le juge Joseph Ma’mari, Walid Abu Dayyeh, Dolly Farah, Ziyad Ashour, Adeeb Nehme, Carmen Abu Joudeh, Dadad Murad et Joyce Nassar. Ils ont remercié le Président de la République pour avoir présenté plusieurs textes de lois durant ses mandats de députés puis durant sa présidence pour avoir signé les décrets nécessaires à la formation de cet organisme.

Reconnaissant qu’il s’agisse d’une tâche délicate à aborder “avec responsabilité, patriotisme et dans un esprit humain”, le chef de l’état a également estimé que ce dossier fait parti des responsabilités de l’état afin de préserver les droits de l’homme.

Pour rappel, une loi permettant de connaitre le sort des personnes disparues n’a été adoptée qu’en 2018 alors que la guerre civile s’était achevée en 1990.

Le texte de loi adopté par le parlement réitère le droit aux familles de connaître leur sort, l’endroit où ils se trouvent ou le lieu de sépulture, ainsi que le droit d’exhumation et identification. Elle prévoit également que les responsables de ces disparitions soient punis de peines allant jusqu’à 15 ans de prison et d’amendes pouvant aller jusqu’à 20 millions de LL.

L’adoption de cette loi a été marquée par l’opposition de certains partis politiques. Ainsi à l’époque, le député Akram Chehayeb, proche de Walid Joumblatt, avait déclaré que ce texte pourrait « rouvrir des tombes », alors que son collègue Bilal Abdallah estimait que ces dispositions pourraient également amener à l’inculpation de ministres, de députés et de personnalités officielles.

Une guerre civile qui a fait plus de 100 000 morts et toujours 17 000 disparus

Un nombre estimé de plus de 17 000 personnes seraient disparues durant le conflit de 1975 à 1990, alors que les autorités libanaises n’ont toujours pas conduit d’enquêtes les concernant au grand désespoir de leurs proches. Le conflit aurait par ailleurs fait entre 100 000 à 200 000 morts, alors qu’une loi d’amnistie avait été adoptée au sortir de la guerre, ne permettant jusqu’à présent pas aux familles des victimes d’entamer des procédures judiciaires à l’encontre des personnes impliquées dans les assassinats ou les disparitions, à l’exception du meurtres de personnalités politiques de premier plan.

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