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Le parlement libanais a adopté une loi permettant de connaitre le sort des milliers de personnes disparus durant la guerre civile de 1975 à 1990.

Selon une dépêche de l’Agence Nationale d’Information (ANI), la loi 19 adoptée par le parlement réitère le droit aux familles de connaître leur sort, l’endroit où ils se trouvent ou le lieu de sépulture, ainsi que le droit d’exhumation et identification. Elle prévoit également que les responsables de ces disparitions soient punis de peines allant jusqu’à 15 ans de prison et d’amendes pouvant aller jusqu’à 20 millions de LL.

Soutenue par les blocs du Tachnaq, des députés indépendants,du Courant Patriotique Libre et du Parti Kataëb, cette nouvelle loi inquiète de manière effective les anciennes milices devenues partis politiques au Liban

Parmi les opposants à cette loi, le député Akram Chehayeb,proche de Walid Joumblatt qui a déclaré que ce texte pourrait « rouvrir des tombes », alors que son collègue Bilal Abdallah estimait que ces dispositions pourraient également amener à l’inculpation de ministres, de députés et de personnalités officielles.

Le député des Forces Libanaises Georges Oqeis s’est également opposé à la nouvelle loi proposée par le député du Courant Patriotique Libre Hikmat Dib, indiquant que les intentions pourraient être politiques.

D’autres députés se sont par ailleurs inquiétés du coût financier des nouvelles structures qui devront être créées, craintes rapidement écartées par la député indépendante Paula Yacoubian qui a estimé que le deuil et la vérité valent plus qu’un million de dollars

En 2012 déjà, une loi avait été adoptée par le gouvernement et le parlement libanais après plus de 30 ans d’attentes suite notamment aux pressions de la communauté internationales et en premier lieu de l’Union Européenne qui finançait le programme. Cette loi accordait ainsi aux familles le droit à connaitre la vérité sur la disparition de leurs proches. Un institut consacré aux recherches des disparus ainsi que d’une commission nationale devaient être ainsi créés, non pas pour que des vendettas puissent avoir lieu comme certains le craignaient mais pour permettre aux proches de faire leurs deuils. Pour sa part, le CICR avait mis en place une base de données compilant tous les éléments liés à chaque disparition ainsi que des échantillons d’ADN prélevés auprès des familles afin d’identifier les corps s’ils étaient découverts.

Elle était cependant considérée comme un dispositif insuffisant puisque restée sans suite en dépit d’une décision du Conseil d’État en 2014 en faveur des familles des victimes.

Il est à craindre que la nouvelle loi tout juste adoptée ne puisse entrer en vigueur, de nombreux anciens seigneurs de guerre siégeant toujours au sein des administrations et des différents partis politiques libanais.

Une guerre civile qui a fait plus de 100 000 morts et toujours 17 000 disparus

Un nombre estimé de plus de 17 000 personnes seraient disparues durant le conflit de 1975 à 1990, alors que les autorités libanaises n’ont toujours pas conduit d’enquêtes les concernant au grand désespoir de leurs proches. Le conflit aurait par ailleurs fait entre 100 000 à 200 000 morts, alors qu’une loi d’amnistie avait été adoptée au sortir de la guerre, ne permettant jusqu’à présent pas aux familles des victimes d’entamer des procédures judiciaires à l’encontre des personnes impliquées dans les assassinats ou les disparitions, à l’exception du meurtres de personnalités politiques de premier plan.

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2 COMMENTAIRES

  1. Le but d’un deuil n est pas l hommage à la victimisation mais bien le regret d’être mort pour la patrie, et puisque patrie ne va pas sans mémoire du deuil, il faut imposer un droit d’anciens combattants avec les hommages aux familles au nom d’une rupture sociale avec la guerre.
    C était donc bien une guerre sale.

  2. Le but d’un deuil n est pas l hommage à la victimisation mais bien le regret d’être mort pour la patrie, et puisque patrie ne va pas sans mémoire du deuil, il faut imposer un droit d’anciens combattants avec les hommages aux familles au nom d’une rupture sociale avec la guerre.
    C était donc bien une guerre sale.

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