La commission européenne à Bruxelles. Image by Jai79 on Pixabay
La commission européenne à Bruxelles. Image by Jai79 on Pixabay

le ministère français des affaires étrangères a indiqué que l’union européenne se prépare à mettre en place un mécanisme de sanctions visant les hommes politiques libanais accusés de retarder le processus de formation d’un nouveau gouvernement seul capable de faire face à l’effondrement économique actuel.

Pour rappel, le Liban est sans gouvernement depuis huit mois maintenant après que le cabinet Hassan Diab ait démissionné le 10 août 2020 suite à l’explosion, le 4 août 2020, de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium stockés à l’intérieur du port de Beyrouth.

Dans le cadre du suivi de la réunion du Conseil des affaires étrangères [de l’UE] tenue le 22 mars, [le ministre français des Affaires étrangères] Jean-Yves Le Drian a rappelé à ses homologues européens la nécessité urgente d’aider le Liban à sortir de l’impasse politique et économique en accélérant le rythme des efforts européens visant à exercer une pression sur les responsables libanais [responsables] de l’obstruction actuelle
Communiqué du Quai d’Orsay
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Le haut représentant de l’UE pour la politique étrangère et de sécurité, Josep Borrell, aurait ainsi distribué aux États membres une liste des options disponibles préparée à la demande française et allemande. Celui-ci stipule les conditions nécessaires pour mettre en oeuvre le plus rapidement possible, les réformes nécessaires au déblocage de l’aide du Fonds Monétaire International (FMI) et de la communauté internationale.

Ce même document précise que si un gouvernement n’est pas formé, des sanctions seraient mises en place en deux étapes, la première étant l’élaboration d’un régime de sanctions visant le Liban et la deuxième, l’identification des personnes en faisant l’objet et qui sont accusées de bloquer le processus de formation de ce cabinet. Toute décision d’imposer des sanctions aux politiciens libanais devrait cependant faire l’unanimité entre les États membres de l’UE.

Les avoirs de ces personnalités politiques libanaises pourraient être gelés, notamment leurs biens immobiliers, investissement ou encore comptes bancaires. Ils pourraient également faire l’objet d’interdiction de voyager au sein de l’espace européen. Ces sanctions pourraient être élargis à leurs proches comme leurs enfants actuellement scolarisés au sein des universités européenne.

Pour l’heure, les négociations entre la présidence de la république et le premier ministre désigné Saad Hariri sont toujours dans l’impasse, la présidence de la république attendant toujours du premier ministre ses nouvelles propositions quant à l’attribution des portefeuille ministériel. Saad Hariri campe de son côté sur ses propositions précédentes d’un gouvernement de 18 membres alors que le courant du futur accuse le CPL d’exiger un tiers de blocage au sein de la prochaine équipe, ce que réfute le mouvement aouniste.

Des sources proches du dossier indiquent que les principaux différends entre les 2 camps portent toujours l’attribution des ministères de l’intérieur et de la justice, alors que des enquêtes en cours portent à l’encontre de proches du premier ministre désigné Saad Hariri et qu’un audit juricomptable de la Banque du Liban pourrait montrer de graves anomalies dans la gestion de la Banque Centrale par son gouverneur, Riad Salamé dont le premier ministre est aussi un proche.

Un pays sans gouvernement alors que la crise économique le touche de plein fouet

Le Liban est sans gouvernement depuis la démission, le 10 août dernier, du premier ministre sortant Hassan Diab.

La formation d’un nouveau gouvernement est considérée comme une des conditions préalable à la relance des négociations avec le Fonds Monétaire International afin d’obtenir un déblocage de l’aide financière de la communauté internationale face à la crise économique que traverse le Liban. 

Suite à l’échec de Moustafa Adib à former un cabinet, l’ancien premier ministre Saad Hariri, qui avait pourtant démissionné suite à d’importantes manifestations en octobre 2019, s’est vu être chargé de former un nouveau gouvernement en octobre 2020.

Pour tenter de débloquer la situation, l’ancien premier ministre a promis au mouvement Amal d’attribuer le portefeuille du ministère des finances à un membre de la communauté chiite. Il avait également réitéré que le Liban pouvait se passer d’un état de défaut de paiement, déniant ainsi la gravité de la crise économique cependant vécue par la population, avec 55% de celle-ci vivant désormais sous le seuil de pauvreté alors que la récession économique a atteint 29% selon certains rapports pour l’année 2020.

Cependant, les propositions de Saad Hariri d’un cabinet de 18 membres se heurtent à la présidence de la République, qui souligne que si les communautés chiites et sunnites choisissent leurs représentants, les représentants chrétiens au sein du nouveau cabinet seraient également choisis par le premier ministre désigné. Le Général Aoun estime de fait que les propositions actuelles du premier ministre contreviennent à la fois à la constitution libanaise et au pacte national.

Ce dernier accuse de son côté le chef de l’état de souhaiter obtenir un tiers de blocage au sein de son nouveau cabinet, ce que réfute la présidence de la république.

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