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« Si conformément à l’esprit des mandats, certains pays accèdent à l’indépendance, celle-ci sera très limitée. Le nationalisme arabe ne reconnaîtra pas la légitimité de ces découpages et les États seront frappés d’illégitimité et resteront durablement fragilisés, comme le montre la situation actuelle. Et ce d’autant que les mandats ont contribué à la balkanisation du Proche-Orient arabe, source de conflits et d’instabilités actuels. La constitution du Foyer national juif a durablement plongé la région dans un cycle de violences qui semble loin aujourd’hui de se terminer ». (1).

Le déclenchement des conflits et le leitmotiv des résolutions au Moyen Orient demeurent des manoeuvres programmées par les grandes puissances depuis la création de l’Etat d’Israël. Les guerres y perdurent et le chaos va de pair avec le contrôle de ses richesses. Ainsi, la démocratisation promise pointe la rassurance de reconstruire sur des désastres et permet l’hégémonie des décideurs qui manipulent les scénarios selon leurs convenances. Ils préservent le maintien fragile des « stabilités » provisoires, favorisent la politique des équilibres précaires et réservent des pouvoirs extrêmes par la manipulation du terrorisme.

Du franc pas vers l’autre émerge le geste de Paix. Cependant, en temps de guerre, ce sont les arrogances qui maintiennent la coupure et les affrontements. Elles imposent leurs conditions alors que les supplications des gens crient pour des corridors humanitaires. La sécurité fait rêver étrangement, au point parfois de réaliser en soi un élan devenu dérisoire. Celui de l’appel spontané de l’autre, ce méconnu qui pourrait déclencher nos peurs, nos angoisses et nos défenses. Elles embarassent le quotidien lors des considérations élémentaires. Celles qui nous prédisposent à craindre les différences, à éviter le positionnement et à fuir les convictions tenaces ou résolues.

Cependant, les attitudes relatent des comportements issus des richesses culturelles, de la prédominance des attaches communautaires et de la rigueur des coutumes. Les rapports humains ne peuvent être uniquement envisagés pour éviter des éventualités, des angoisses et des prémonitions. Les politiques du monde semblent se détourner clairement du message initial du monothéisme. Sauver le vivre ensemble semble peu engageant. La réalité devient si complexe à communiquer et les vécus ordinaires sont difficilement assimilés. Ils sont noircis par le laxisme et l’indifference ou l’intolérance et le radicalisme. Le choix de la compassion se réduit considérablement. Il nous reste l’indifférence entre d’une part, la tolérance de l’amalgame et du cloisonnement et d’autre part l’archaïsme sauvage, la rébellion et l’esclavage.

La raison non dite de ces sales guerres continue à déformer le sens des motivations religieuses. Sa qualité essentielle est pourtant la subsistance de la foi par la pratique de la miséricorde. Elle seule peut nous reconstruire. Les hommes ont appartenu à un héritage glorieux et fascinant. Néanmoins, il n’en subsiste aujourd’hui qu’une rare poignée d’humains et des intelligences soumises en masse à des ordres qui défendent le confort individuel et la platitude.

(1).Nadia Hamour
(août 2009)
Enseignante d’histoire contemporaine à l’université Paris IV Sorbonne