À l’issue de sa rencontre avec le Président de la République, le Général Michel Aoun, le Premier Ministre désigné Saad Hariri a reconnu qu’aucun gouvernement ne pourra être annoncé avant Noël, à contre-courant de ses précédentes déclarations depuis le Palais Présidentiel de Baabda.

Saad Hariri a ainsi estimé qu’il a des “des complications évidentes” qui retardent la formation du prochain cabinet, allusion à la demande de la Présidence à obtenir les ministères de l’intérieur et de la justice après avoir accepté de cesser de revendiquer un tiers de blocage. Le Courant du Futur craindrait de voir certains de ses membres et proches être poursuivi dans le cadre d’enquêtes portant sur le détournement de fonds publics et alors que le processus d’audit juricomptable des comptes publics et de la Banque du Liban a été relancée suite à un vote du Parlement.

“Que personne ne vous dise que nous ne pouvons pas arrêter l’effondrement, mais nous avons besoin d’un gouvernement de spécialistes pour arrêter cet effondrement”, reconnait Saad Hariri qui indique souhaiter poursuivre ses efforts en vue de former un prochain cabinet rapidement, parce qu'”il ne reste plus de temps » et que « le pays s’effondre rapidement”.

La Présidence de la République a, de son côté, reconnu par un communiqué qu’aucun accord final n’a pu être conclu lors de la réunion qui s’est tenue aujourd’hui. Les consultations visant à poursuivre l’effort devraient encore avoir lieu ces prochains jours.

Le Liban sans gouvernement depuis le 10 août

Un pays sans gouvernement alors que la crise économique le touche de plein fouet

Le Liban est sans gouvernement depuis la démission, le 10 août dernier, du premier ministre sortant Hassan Diab.

La formation d’un nouveau gouvernement est considéré comme une des conditions préalable à la relance des négociations avec le Fonds Monétaire International afin d’obtenir un déblocage de l’aide financière de la communauté internationale face à la crise économique que traverse le Liban. 

Suite à l’échec de Moustafa Adib à former un cabinet, l’ancien premier ministre Saad Hariri, qui avait pourtant démissionné suite à d’importantes manifestations en octobre 2019, s’est vu être chargé de former un nouveau gouvernement en octobre 2020.

Pour tenter de débloquer la situation, l’ancien premier ministre a promis au mouvement Amal d’attribuer le portefeuille du ministère des finances à un membre de la communauté chiite. Il avait également réitéré que le Liban pouvait se passer d’un état de défaut de paiement, déniant ainsi la gravité de la crise économique cependant vécue par la population, avec 55% de celle-ci vivant désormais sous le seuil de pauvreté.

Cependant, les propositions de Saad Hariri d’un cabinet de 18 membres se heurtent à la présidence de la République, qui souligne que si les communautés chiites et sunnites choisissent leurs représentants, les représentants chrétiens au sein du nouveau cabinet seraient également choisis par le premier ministre désigné. Le Général Aoun estime de fait que les propositions actuelles du premier ministre contreviennent à la fois à la constitution libanaise et au pacte national.

Ce dernier accuse de son côté le chef de l’état de souhaiter obtenir un tiers de blocage au sein de son nouveau cabinet.

Si vous avez trouvé une coquille ou une typo, veuillez nous en informer en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée . Cette fonctionnalité est disponible uniquement sur un ordinateur.

Avatar
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

1 COMMENTAIRE

  1. La bataille judiciaire se poursuit, Saad Hariri envoie, selon le NYT, un million de dollars supplémentaire à la jeune Candice pour l’aider sur le plan financier. Dans la bataille, la top-modèle maintient que l’argent et les cadeaux ont été offerts pour son usage personnel, sans conditions.

    Difficile à avaler pour le SARS, qui taxe finalement l’argent perçu et gèle les avoirs de la jeune femme. Un accord à l’amiable entre les deux parties est trouvé en 2016.

    L’affaire rebondit en janvier 2019, quand Candice van der Merwe, s’estimant flouée, poursuit l’État sud-africain pour harcèlement fiscal et réclame 65 millions de dollars de dommages et intérêts.

Les commentaires sont fermés