Alors que les nouvelles économiques demeurent alarmantes, avec notamment les propos du Président de la République qui avait indiqué que le taux de chômage avait atteint le chiffre record de 46% de la population active, le Premier Ministre Saad Hariri a indiqué ce dimanche que l’aide économique dont bénéficiera le Liban pourrait créer un nombre estimé de 900 000 emplois.

Le Premier Ministre Saad Hariri, qui s’exprimait à l’issue d’une réunion avec son prédécesseur Tamam Salam, a écarté les critiques concernant l’augmentation de la dette publique déjà record puisqu’estimée à 156%, indiquant que le Pays des Cèdres reste à la recherche d’investissements dans les infrastructures via un partenariat avec le secteur privé. Il s’agira également pour le Liban d’obtenir des prêts à des taux favorables de 1% à 3% sur des périodes de 20 à 30 ans.

Le Liban a ainsi défini quelques 250 projets, notamment dans les secteur du transports, de l’eau et et de l’électricité, pour porter la croissance de l’économie à entre 6% et 7% par an, soit au-delà des 4% nécessaires au remboursement du service de la dette publique.

Le Liban bénéficiera ainsi d’une aide internationale alors que son économie déjà structurellement déficitaire a largement été impactée par l’instabilité régionale, le conflit civil syrien et l’afflux de réfugiés syriens dont le nombre oscille entre moins de 1 million selon les organismes internationaux jusqu’à 1.8 million selon la Présidence de la République.

5 à 8 milliards de dollars pour le Liban

Cette aide sera notamment discutée dans le cadre de la conférence d’aide internationale PARIS IV également appelé CEDRE qui aura lieu ce 6 avril prochain en France et pour laquelle le Liban dit espérer aller jusqu’à recueillir entre 5 à 8 milliards de dollars de fonds. Parallèlement à cette conférence, les autorités libanaises comptent également proposer aux pays donateurs un programme de réforme économique et structurel de 16 milliards de dollars dont le financement sera inclus dans le programme d’aide économique.

Concernant les différents projets proposés au cours de la conférence CEDRE, ils concernent notamment le secteur de la production d’électricité alors que le Liban souffre d’une pénurie chronique depuis la fin de la guerre civile et des télécoms où il accuse un certain retard. Il s’agira de créer à ces niveaux précis, des relais de croissances économiques.

Pour sa part, des sources françaises, pays organisateur de la conférence, ont indiqué s’attendre à un soutien large à l’économie libanaise. Ces mêmes sources ont indiqué qu’il s’agira également de contraindre les autorités libanaises qui seront au pouvoir après les élections législatives du 6 mai prochain aux réformes et à la lutte contre la corruption qui sera incluse dans les conditions d’obtention des prêts.

Le Président Français Emmanuel Macron pourrait également se rendre dès que possible au Liban, probablement d’ici l’été, pour le suivi du processus de réformes économiques.

Des conditions préalables faites au Liban

La communauté internationale avait notamment posé 5 conditions à la tenue de cette conférence:

  • l’adoption d’un budget 2018 qui ouvre la voie, demain, à un véritable assainissement budgétaire;
  • l’approbation parlementaire de projets pour lesquels l’aide internationale est déjà disponible;
  • la réforme du code de l’eau;
  • l’approbation gouvernementale de décrets techniques nécessaires au Haut Conseil pour la Privatisation désormais en charge aussi des partenariats publics-privés pour exercer ses nouvelles missions en matière de PPP;
  • des nominations dans des autorités de régulation (télécommunications, énergie, aviation civile) qui ne peuvent pas fonctionner faute d’avoir tous les membres requis.

Parmi les conditions préalables à la tenue de la conférence CEDRE, l’adoption du budget 2018 s’est effectuée cette semaine par le Parlement Libanais en dépit d’une violation de la Constitution qui prévoit la publication préalable d’un audit des finances publiques des années précédentes. Les autorités libanaises ont indiqué que cette publication aura lieu d’ici octobre 2018 en raison du manque de temps, montrant l’empressement du Liban à l’obtention du programme d’aide économique.

Par ailleurs, les autorités libanaises ont mandaté le cabinet de conseil en stratégie McKinsey afin de formuler un programme économique qui sera présenté au cours de cette conférence. Egalement au programme, un rapport macro-économique mené par le Fonds monétaire international sera présenté comme base de réflexion pour 2030. Pour l’heure, aucune information n’est disponible sur le contenu précis de ces études.

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