Trump, bien avant d’être candidat à la présidence des États-Unis, fustigeait régulièrement les interventions militaires de son pays, notamment au Moyen-Orient, et en dénonçait les conséquences néfastes. Il a continué sur sa lancée lors de sa campagne électorale, puis en tant que Président.

De nombreux analystes politiques s’appuient sur cette trajectoire pour minimiser le risque de guerre avec l’Iran même si, avec les derniers événements en cours, certains doutes commencent à se faire jour.

L' »erreur » de ces analystes est de prétendre ignorer que Trump n’est pas le seul acteur de la stratégie de la tension en œuvre dans son propre camp.

De la fabrication d’un ennemi…

Suite aux attentats du 11 septembre, contre toute attente et à la stupéfaction de nombreux membres du  conseil national de sécurité de son administration, Georges Bush Junior désigne Cuba, l’Irak, l’Iran, la Corée du Nord comme l’axe du terrorisme international, et l’Irak en particulier comme l’objectif à détruire. Il savait déjà, et le reste du monde avec lui, que dix neuf des vingt-trois membres du groupe terroriste qui a mené ces attentats étaient des saoudiens.

La très grande majorité des analystes continuent de pérorer sur ce mystère qui continue d’entourer cette décision de Georges Bush d’orienter sa hargne contre l’Irak, non sans en soulever d’ailleurs les contradictions.

Certes, le choix et l’engagement idéologiques de Bush junior sont différents de ceux de Trump, mais leurs alliés stratégiques au Proche et Moyen-Orient sont les mêmes, à savoir les wahhabites et l’État d’Israël. Ceux-ci voulaient la destruction de l’Irak.

En effet, Saddam Hussein et l’Irak, même affaiblis après la première guerre du Golfe, restaient une alternative aux wahhabites pour le leadership arabe comme l’avait été Nasser, bien qu’en plus pâle. Ils représentaient donc toujours un danger

pour la stabilité de leur pouvoir. Quant à l’État d’Israël, tout pays arabe ou musulman du Proche et Moyen-Orient qui commence à émerger est considéré comme un danger existentiel qui doit être détruit en attendant d’être soumis et vassalisé.

… comme une répétition générale ?

Ainsi donc, il était tout à fait logique que Bush, de surcroît entouré des chrétiens sionistes, lui-même étant un évangélique reconnu, décide du prétexte des attentats du 11 septembre pour s’attaquer à l’Irak. Il n’y a donc aucun mystère à cette décision.

Trump ne partage pas les choix idéologiques de Bush, répétons-le . Il est soumis par contre aux mêmes pressions, même si, contrairement à ce dernier, il y résiste et fortement. Par contre, la dynamique qu’il a contribué à créer et dans laquelle il est encouragé et enfermé, risque fort de ne lui laisser plus aucune issue s’il ne réussit pas à la briser fermement et très rapidement. Le rapport au Conseil des droits de l’homme des Nations unies que vient de publier la rapporteure spéciale, Agnès Callamard tombe à bien nommé et pourrait lui en fournir l’occasion.

L’État d’Israël, mû par ses stricts intérêts stratégiques, et ses alliés wahhabites et chrétiens sionistes mûs eux aussi tout autant par leurs propres intérêts matériels, stratégiques et messianiques y veillent. Trump n’est pas des leurs à l’instar de Bush Junior, il est leur toutou et leur bras armé. Saura-t-il s’en extraire ?

Scandre Hachem

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