Le Numéro 2 du Hezbollah, le Cheikh Naïm Kassem.

Le Hezbollah a répondu à l’appel hier du premier ministre qui a indiqué qu’il pourrait appeler à la réunion prochaine de son gouvernement, alors qu’aucune solution n’est cependant à l’ordre du jour. Les observateurs soulignent que le premier ministre ne peut réunir son gouvernement avant la démission du ministre de l’information Georges Cordahi, une condition préalable aussi à la reprise du dialogue avec l’Arabie saoudite, ou que le mouvement Amal et le Hezbollah ne souhaite se rendre à cette réunion sans le retrait du dossier du port de Beyrouth au juge d’instruction Tarek Bitar, ce que refusent à la fois le président de la république et le premier ministre au nom de l’indépendance de la justice.

Un marché pour à la fois obtenir le retrait du juge Tarek Bitar et du ministre de l’information Georges Cordahi serait toujours proposé par le duo chiite appuyé par le mouvement Marada.

Concernant le port de Beyrouth, une solution proposée serait que le conseil des ministres demande la constitution d’une commission parlementaire d’enquête qui elle-même demanderait la transmission du dossier du port de Beyrouth au juge Tarek Bitar via le Conseil Supérieur de la Magistrature, cela au grand damn des familles des victimes de l’explosion, le 4 août 2020, de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium. Ces dernières craignent en effet que cette procédure vise à permettre aux anciens ministres des faits qui leurs seraient reprochés. Parmi eux, l’ancien ministre des finances Ali Hassan Khalil, l’ancien ministre des travaux publics, Ghazi Zoaiter, deux proches de Nabih Berri, l’ancien ministre de l’intérieur Nouhad Machnouk, proche de Saad Hariri et l’ancien ministre des transports, Youssef Fenianos, proche du dirigeant du mouvement Marada Sleiman Franjieh.

Ils accusent ainsi le juge Bitar d’avoir politisé l’affaire du port après avoir mis ces derniers en examen pour homicide volontaire et négligence criminelle alors qu’ils étaient aux affaires.

Par ailleurs, plus de 1000 dossiers sont déjà sur la table du conseil des ministres alors que la situation économique locale pourrait encore se détériorer prochainement, indiquent des sources gouvernementales. Il s’agirait d’adopter le budget public, le soumettre au parlement mais également de relancer les négociations avec le Fonds Monétaire International pour permettre le déblocage de l’aide de la communauté internationale face à la crise actuelle. Pour cela, le lancement des réformes jugées nécessaire par elle constitue également une pré-condition.

Dans ce contexte, le numéro II du Hezbollah, le cheikh Naïm Kassem, s’est déclaré en faveur de la reprise des réunions du conseil des ministres, répondant ains à l’appel du premier ministre Najib Mikati. Il a cependant mitigé cet appel, estimant que le gouvernement ne peut se réunir qu’après “abordé les raisons qui ont conduit à la suspension des réunions”, allusion à la fois au souhait du Hezbollah et du mouvement Amal de voir l’affaire du port de Beyrouth être retiré au juge d’instruction Tarek Bitar et à la crise diplomatique avec l’Arabie saoudite suite aux propos du ministre de l’information Georges Cordahi au sujet du conflit au Yémen avant sa nomination

Au sujet de l’affaire du port de Beyrouth, alors que les associations des juges indépendants ont dénoncé les ingérences des partis politiques, le Cheikh Naïm Kassem estime que les incidents ne sont pas liés à un seul juge mais au système justicière complet “qui s’entremêle de manière inhabituelle”.

Pour rappel, les 2 mouvements chiites dénoncent le mandat d’arrêt publié par le juge Tarek Bitar contre l’ancien ministre des finances Ali Hassan Khalil après que celui-ci se soit abstenu à se présenter devant lui, début du mois de novembre.

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