Les autorités libanaises se seraient montrées inquiètes par la mise en application du CAESAR ACT ou Caesar Syria Civilian Protection Act signé par le président des Etats-Unis Donald Trump et qui vise les entreprises et les pays en contact commercial avec le gouvernement syrien.

Le texte de loi devrait devenir effectif dès le 17 juin et concerne toute personne qui conduit des affaires avec le gouvernement syrien, des entités contrôlées par ce dernier ou des personnes proches du régime. Cela concerne également tout soutien financier, matériel ou encore technologique. Outre le Liban, sont également visés les autorités russes ou encore irakiennes et iraniennes. Egalement, même les opérations humanitaires de l’ONU en Syrie pourraient être contraintes à être réduites.

Premier pays pratiquement visé, le Liban avec sa seule frontière terrestre ouverte vers l’étranger. Ce projet de loi pourrait encore réduire l’activité économique entre les 2 pays, une activité déjà très restreinte avec la fermeture des frontières suite à l’adoption par le gouvernement libanais de mesures visant à réduire les risques de voir le coronavirus se propager sur son territoire.

Pour l’heure, les liens commerciaux entre les 2 pays sont constitués par la fourniture d’électricité par la Syrie au Liban. Par ailleurs, ces sanctions devraient également amener les autorités libanaises à mieux contrôler les frontières jusqu’à présent poreuses entre les 2 pays et notamment lutter contre les trafics qui y ont lieu.

Le texte de la loi CAESAR a d’ailleurs été examiné par le gouvernement libanais.

Ainsi, Beyrouth a annoncé que l’Armée Libanaise sera chargée de fermer les différents points de contrôle illégaux qui jalonnent la frontière. Cette mesure visait notamment à mettre fin à la contrebande de fioul et de farine, 2 produits subventionnés par la Banque du Liban. Ce trafic était estimé à 400 millions de dollars annuellement.

Cependant, les industriels et les exportateurs libanais s’inquiètent également de l’impact de la loi américaine. Certains industriels libanais avaient ainsi investi en Syrie, pensant ainsi bénéficier des salaires plutôt bas de la main d’oeuvre locale. Par ailleurs, les exportateurs libanais estiment que l’accession aux marchés des pays de la péninsule arabique via la Syrie reste primordiale.

Par ailleurs, certaines banques libanaises, même si elles n’opèrent pas directement en Syrie depuis le début de la guerre civile, possèderaient certains actionnaires en lien avec la famille Assad. D’autres entreprises et hommes d’affaires locaux lui sont également liés. Ce texte de loi pourrait ainsi les rendre vulnérables face à des sanctions économiques.

Aussi, la reconstruction de la Syrie à laquelle auraient pu participer des entreprises libanaises du BTP, confrontées à d’importantes difficultés économiques sur un plan local, pourrait être entravée.

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