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Après la brusque remontée du dollar face à la livre libanaise au marché noir montrant les limites de la circulaire 161 de la Banque du Liban, les autorités libanaises ont décidé que les importations d’essence, de fioul et de gaz seront financées exclusivement via la plateforme Sayrafa de la Banque du Liban et non plus seulement à 85% comme précédemment et les 15% restant via les marchés parallèles. Il s’agit pour les autorités libanaises d’éviter toute pénurie de carburant sur le marché local et également une dégradation de la livre libanaise par rapport au dollar.

Cette information intervient alors que les prix mondiaux des carburants ont fortement augmenté suite au conflit entre la Russie et l’Ukraine. Au Liban, les prix des carburants ont aussi été revus à la hausse, alors que la situation sociale et économique est rendue explosive par la crise financière apparue au grand jour depuis maintenant 3 ans. Ainsi si la monnaie nationale a perdu 95% de sa valeur face au dollar, plus de 82% de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté et 36% dans un état d’extrême pauvreté.

Cependant, les observateurs notent que l’intervention de la Banque du Liban via sa plateforme électronique Sayrafa s’est réduite ces 2 dernières jours. Ainsi, si la moyenne de 80 millions de dollars étaient quotidiennement échangés, seuls 70 millions de dollars puis 60 millions de dollars ont été échangés ces 2 derniers jours, en dépit d’une hausse de la demande qui s’est alors reportée sur le marché noir, provoquant la dégradation d’hier. Si le taux de change de Sayrafa était ainsi de 20 200 LL/USD, celui du marché noir a même atteint 23 800 LL/USD avant de se reprendre aux environs de 23 000 LL/USD en fin d’après-midi.

En cause, les réserves monétaires disponibles de la Banque du Liban seraient ainsi épuisées, la banque centrale se servant désormais sur les réserves monétaires obligatoires, ce qui est en contradiction avec les déclarations de son gouverneur Riad Salamé, qui, il y a quelques mois, estimait que celles-ci devaient rester intouchées.

Des interrogations portent ainsi désormais sur la capacité de la Banque du Liban à injecter les devises étrangères nécessaires pour répondre à la demande du marché, demande encore exacerbée par la pression supplémentaire induite par les importateurs de carburants.

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