Moustafa al Houjeiri
Moustafa al Houjeiri

Les services de renseignement de l’Armée Libanaise ont réussi à capturer ce mercredi le Cheikh Moustafa al Houjeiri à Aarsal, impliqué dans l’enlèvement d’une dizaine de membres de l’institution militaire et des services de sécurité par les organisations terroristes de Daesh et d’Al Nosra, alors franchise de l’organisation Al Qaida en Syrie, en août 2014.

Selon le communiqué de l’Armée Libanaise, Moustafa al Houjeiri alias Abou Takiyaa a été immédiatement transféré à Yarzeh en vue d’être interrogé. Ce dernier avait joué le rôle de médiateur entre les autorités libanaises et Al Nosra en raison de ses bonnes relations avec les dirigeants de cette organisation terroriste. Certaines sources l’accusent cependant d’être impliqué dans l’enlèvement d’un certain nombre des militaires qui s’étaient réfugiés chez lui et d’avoir été impliqué dans des combats contre l’Armée Libanaise.

Moustafa al Houjeiri a été condamné à contumace à la prison à vie et aux travaux forcés en 2014.

Pour rappel, les organisations terroristes Al Nosra et Daesh avaient notamment coopéré dans la prise de la localité d’Aarsal en août 2014 suite à des combats contre l’Armée Libanaise et les Forces de Sécurités. Ils avaient alors pris en otage plus de 30 membres des forces de l’ordre.

Alors que Al Nosra, qui s’était rebaptisé Fatal al Cham avait depuis libéré les militaires libanais en sa possession, on était sans nouvelle de 9 militaires aux mains de Daesh, jusqu’à la fin de l’offensive militaire libanaise intitulée Farj al Jouroud qui visait à  mettre fin  à l’occupation de zones tenues par cette dernière.

Le 30 août 2014 déjà, le groupe terroriste Daesh avait décapité un soldat libanais de confession sunnite et originale du Nord Liban, Ali al-Sayyed, accusé d’avoir tenté de fuir les geôles du mouvement. La macabre mise en scène de cette execution avait été suivie par l’une des dernières preuves de vie des 9 autres militaires suppliant qu’on épargne leur vie et exigeant le retrait du Hezbollah du théâtre d’opération syrien.

Cette opération militaire qui a par ailleurs fait 7 morts, a permis la découverte des 9 dépouilles des militaires libanaise.

Cette découverte a provoqué une vive politique au Liban, le responsable de la Sureté Générale Abbas Ibrahim ayant révélé que les autorités gouvernementales avait été informées du décès probable des 9 militaires depuis février 2015. Ces propos ont été confirmé par le Premier Ministre Saad Hariri qui avait indiqué que l’opération Aube du Jurd avait été remise depuis 2015 en raison de calculs politiques. De son côté, le Président de la République Michel Aoun a appelé au lancement d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur les circonstances ayant amené au fiasco institutionnel qui a abouti à ces assassinats.