3 membres du bloc parlementaire République Forte (Forces Libanaises) Georges Akis, Pierre Bou Assi et Eddy Abillamah, ont déposé un appel devant le conseil constitutionnel, s’opposant à l’octroi d’une avance jusqu’à un maximum de 300 milliards de livres libanaises du trésor public à l’Electricité du Liban.

Cette avance doit financer l’achat de fioul à destination des centrales de production d’électricité publique.

Les 3 parlementaires estiment que cette avance ponctionne en réalité l’argent des déposants “ou ce qu’il en reste” dans le cadre des réserves obligatoires de devises étrangères de la Banque du Liban et cela sans aucune amélioration de la fourniture d’électricité publique ou réforme structurelle de ce secteur.

Il s’agira, indiquent les députés, pour le conseil constitutionnel d’examiner dans quelle mesure la loi viole le paragraphe (F) du préambule de la Constitution, qui garantit et protège la propriété individuelle.

Face au risque de voir des pénuries durables d’électricité se produire d’ici fin mars en raison d’un manque de fond, une commission conjointe parlementaire avait décidé, en mars dernier, d’approuver une avance de 200 millions de dollars de la Banque du Liban pour financer l’achat du fioul nécessaire au fonctionnement des centrales électriques.

Cette approbation s’est effectuée en dépit de l’objection du bloc parlementaire des Forces Libanaises et du Parti socialiste Progressiste ainsi que d’un député du courant du futur, Hadi Hobeiche.

Ont voté en faveur de cette approbation, le Courant Patriotique Libre, le mouvement Amal, le Hezbollah ainsi que le bloc parlementaire du Courant du Futur à l’exception d’un député. 

Cette annonce intervient alors que la parité de la livre libanaise face au dollar continue à se déprécier en raison de la fin prochaine si ce n’est pas déjà le cas des réserves monétaires de la Banque du Liban qui devra cesser de financer le programme d’achat des produits de première nécessité, farine, médicaments ou carburants faute de fonds disponibles.

Un programme de subvention dont les heures sont comptées alors que les réserves monétaires disponibles seraient sur le point d’être épuisées

Pour rappel, le programme de subvention pourrait s’achever fin avril pour les carburants et fin juin prochain pour les produits comme les médicaments ou encore la farine, selon une lettre du gouverneur de la banque du Liban, Riad Salamé, adressée au ministre des finances Ghazi Wazni, faute de réserves monétaires disponible pour continuer à le financer.

Le coût du programme était de 700 millions de dollars durant la période précédentes à la crise actuelle. Il est tombé à 500 millions de dollars actuellement, soit 6 milliards de dollars par an dont 3 milliards de dollars pour les carburants seulement. Des interrogations portent également sur la réalité des 16 milliards de dollars de réserves brutes de la Banque du Liban principalement constituées par les sommes disponibles par les 15% de réserves obligatoires sur les dépôts bancaires. 

La mise en place d’un programme de cartes prépayées serait cependant tributaire de l’approbation par le parlement puisqu’il s’agirait alors d’un prêt annuel pour un montant d’un milliard de dollar de la Banque du Liban contre 6 actuellement. Ce programme serait à destination de 800 000 familles maintenant.

En effet, plus de 65 % de la population se trouverait aujourd’hui vivant en dessous du seuil de pauvreté, soit avec moins de 6 dollars par jour. Le taux d’inflation aurait même atteint 155 % au cours de l’année 2020, les prix de certains produits essentiels mais non subventionnés ayant même atteint une hausse de 400%, alors que la livre libanaise aurait perdu plus de 90% de sa valeur depuis octobre 2019. 

En mars dernier, le ministre sortant des finances Ghazi Wazni a, pour sa part, estimé qu’il s’agirait de réduire le nombre de produits subventionnés de 300 à 100 produits, de réduire les subventions accordées à l’achat de carburants et de médicaments et à instaurer une carte de rationnement en faveur de 800 000 familles, induisant une réduction annuelle de moitié les subventions actuelles qui passeraient de 6 à 3 milliards de dollars. 

La mise en place d’un programme de cartes prépayées serait cependant tributaire de l’approbation par le parlement.

La création de ce programme de filet de sauvetage visant à remplacer le programme de subvention a été adopté par le parlement libanais le 12 mars dernier et signé par le Président de la République le 8 avril avant d’être publié dans le journal officiel. 

Ce programme vise à mettre en place une carte de paiement prépayée qui serait ainsi remise aux foyers vulnérables à la crise économique. Elles recevraient ainsi 100 000 Livres par mois par personne environ durant un an, souhaitait la Banque du Liban alors que la Banque Mondiale avait indiqué exiger que ces sommes soient rendues disponibles au taux réel de la monnaie locale.

50% du programme de subvention aux carburants

Les carburants représentent à eux seuls, 50% du programme de subvention de la Banque du Liban a indiqué le ministre sortant de l’énergie. En dépit d’une augmentation du prix de l’essence plus de 50 % au Liban, un bidon d’essence coûte trois dollars environ alors qu’au Syrie, le même bidon coûterait entre 7 à 13 dollars, amenant à un trafic entre les 2 pays.

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