L’adoption de la résolution 1701 du Conseil de Sécurité de l’ONU a permis la mise en place d’un cessez-le-feu lors du conflit de Juillet-Août 2006.
Ce conflit avait débuté par l’enlèvement de 2 soldats israéliens en vue de les échanger, comme ce fut le cas plusieurs fois, avec des prisonniers libanais en Israël, et à la mort de huit autres.

Ce conflit a fait plus de 1 000 morts civils dont 30 % d’enfants de moins de 12 ans, côté libanais, 150 morts, essentiellement des militaires, côté israélien et les pertes du Hezbollah sont estimées à 320 combattants du Hezbollah selon l’état hébreu. Le mouvement chiite reconnait la perte de 62 hommes.
Cependant, ce conflit continue à tuer. Israël ayant fait usage de bombes à fragmentation, elles continuent à faire des victimes notamment au Sud Liban.

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Cette résolution a été préparée par la France et les États-Unis. Une première version a été rejetée par le gouvernement libanais. Elle permettait en effet à l’état hébreu de poursuivre ses opérations contre le Hezbollah et à maintenir une présence militaire au Pays des Cèdres.

La version suivante appelle au retrait des trouves israéliennes du Liban et à la fin des opérations militaires. Elle permet également le déploiement de 15 000 soldats libanais au Sud Liban et au renforcement de la FINUL et appelle à la fin de la présence du Hezbollah au Sud du Litani.

Israël utilise le prétexte à la présence de membres du Hezbollah résidant avec leurs familles au Sud du Litani pour accuser le mouvement chiite de violer cette résolution. Ainsi, l’état hébreu viole quasi-quotidiennement le territoire libanais et surtout son espace aérien afin de surveiller les activités de la Résistance, nom de la branche militaire du mouvement chiite.

Cependant, le texte de la résolution n’appelle pas directement au désarmement du Hezbollah mais rappelle que ce désarmement est stipulé par la résolution 1559 de 2004 du Conseil de Sécurité de l’ONU.

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Le texte de la résolution sera adoptée le 11 août 2006 à l’unanimité des membres du conseil de l’ONU, par le Gouvernement Libanais du Premier Ministre Fouad Saniora, le 12 août 2006 et par le gouvernement israélien d’Ehud Olmert, le 13 août.

Le cessez-le-feu entrera en vigueur dès le 14 août, à 8 heures du matin, heure locale.

Le texte de la résolution



                Résolution 1701 (2006)

                     Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 5511e séance, 
le 11 août 2006

        Le Conseil de sécurité,

        Rappelanttoutes ses résolutions précédentes relatives au Liban, en particulier les résolutions 425 et 426 (1978), 520 (1982), 1559 (2004), 1655 (2006) et 1680 (2006), ainsi que les déclarations de son Président touchant la situation au Liban, en particulier les déclarations des 18 juin 2000 (S/PRST/2000/21), 19 octobre 2004 (S/PRST/2004/36), 4 mai 2005 (S/PRST/2005/17), 23 janvier 2006 (S/PRST/
2006/3) et 30 juillet 2006 (S/PRST/2006/35),

        Se déclarant extrêmement préoccupépar la poursuite de l’escalade des hostilités engagées au Liban et en Israël depuis l’attaque du Hezbollah en Israël le 12 juillet 2006, qui ont déjà fait des centaines de morts et de blessés des deux côtés, causé des dégâts considérables aux infrastructures civiles et contraint des centaines de milliers de personnes à se déplacer à l’intérieur de leur pays,

        Soulignantque la violence doit cesser et soulignantdans le même temps qu’il faut remédier d’urgence aux causes qui ont donné naissance à la crise actuelle, notamment en obtenant la libération inconditionnelle des soldats israéliens enlevés,

        Conscientdu caractère délicat de la question des prisonniers et encourageantles efforts visant à régler d’urgence la question des prisonniers libanais détenus en Israël,

  
          *  Nouveau tirage pour raisons techniques.

        Se félicitant des efforts du Premier Ministre libanais et de l’engagement pris par le Gouvernement libanais, dans son plan en sept points, d’étendre son autorité sur son territoire, par l’intermédiaire de ses propres forces armées légitimes, de sorte qu’aucune arme ne s’y trouve sans le consentement du Gouvernement libanais et qu’aucune autorité ne s’y exerce autre que celle du Gouvernement libanais, se félicitant égalementde son engagement vis-à-vis d’une force des Nations Unies dont les effectifs, le matériel, le mandat et le champ des opérations seront complétés et renforcés, et ayant à l’espritsa demande, formulée dans ce plan, de retrait immédiat des forces israéliennes du Sud-Liban,

        Déterminé à agir de telle sorte que ce retrait intervienne le plus tôt possible,

        Prenant dûment notedes propositions faites dans le plan en sept points concernant le secteur des fermes de Chebaa,

        Se félicitantde la décision unanime prise par le Gouvernement libanais le 7 août 2006 de déployer une force armée libanaise de 15 000 hommes au Sud-Liban en même temps que l’armée israélienne se retire en deçà de la Ligne bleue et de demander l’assistance de forces supplémentaires de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), selon que de besoin, pour faciliter l’entrée des forces armées libanaises dans la région, et de réaffirmer son intention de renforcer les forces armées libanaises en les dotant du matériel nécessaire pour leur permettre de s’acquitter de leurs tâches,

        Conscientde la responsabilité qui lui incombe d’aider à garantir un cessez-le-feu permanent et une solution à long terme au conflit,

        Considérantque la situation au Liban constitue une menace à la paix et à la sécurité internationales,

        1.     Lanceun appel en faveur d’une cessation totale des hostilités fondée, en particulier, sur la cessation immédiate par le Hezbollah de toutes les attaques et la cessation immédiate par Israël de toutes les offensives militaires;

        2.     Dès la cessation totale des hostilités, demandeau Gouvernement libanais et à la FINUL, comme elle y est autorisée par le paragraphe 11, de déployer leurs forces ensemble dans tout le Sud, et demandeau Gouvernement israélien, alors que ce déploiement commence, de retirer en parallèle toutes ses forces du Sud-Liban;

        3.     Soulignequ’il importe que le Gouvernement libanais étende son autorité à l’ensemble du territoire libanais, conformément aux dispositions des résolutions 1559 (2004) et 1680 (2006), et aux dispositions pertinentes des Accords de Taëf, afin d’y exercer intégralement sa souveraineté, de sorte qu’aucune arme ne s’y trouve sans le consentement du Gouvernement libanais et qu’aucune autorité ne s’y exerce autre que celle du Gouvernement libanais;

        4.     Réaffirmeson ferme appui en faveur du strict respect de la Ligne bleue;

        5.     Réaffirme également son ferme attachement, comme il l’a rappelé dans toutes ses résolutions précédentes sur la question, à l’intégrité territoriale, à la souveraineté et à l’indépendance politique du Liban à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues, comme prévu dans l’Accord général d’armistice israélo-libanais du 23 mars 1949;

        6.     Demandeà la communauté internationale de prendre des mesures immédiates pour prêter son concours financier et humanitaire au peuple libanais, notamment en facilitant le retour en toute sécurité des personnes déplacées et en rouvrant les aéroports et les ports sous l’autorité du Gouvernement libanais, conformément aux paragraphes 14 et 15, et lui demande égalementde fournir dans l’avenir une aide à la reconstruction et au développement du Liban;

        7.     Affirmeque toutes les parties sont tenues de veiller à ce que ne soit menée aucune action, contraire au paragraphe 1, qui pourrait être préjudiciable à la recherche d’une solution à long terme, à l’accès de l’aide humanitaire aux populations civiles, notamment au passage en toute sécurité des convois humanitaires, au retour volontaire et dans la sécurité des personnes déplacées, et demandeà toutes les parties de s’acquitter de cette responsabilité et de coopérer avec le Conseil de sécurité;

        8.     Lanceun appel à Israël et au Liban pour qu’ils appuient un cessez-le-feu permanent et une solution à long terme fondés sur les principes et éléments suivants :

              –Strict respect par les deux parties de la Ligne bleue;

              –Adoption d’un dispositif de sécurité qui empêche la reprise des hostilités, notamment établissement, entre la Ligne bleue et le Litani, d’une zone d’exclusion de tous personnels armés, biens et armes autres que ceux déployés dans la zone par le Gouvernement libanais et les forces de la FINUL autorisées en vertu du paragraphe 11;

              –Application intégrale des dispositions pertinentes des Accords de Taëf et des résolutions 1559 (2004) et 1680 (2006) qui exigent le désarmement de tous les groupes armés au Liban, afin que, conformément à la décision du Gouvernement libanais du 27 juillet 2006, seul l’État libanais soit autorisé à détenir des armes et à exercer son autorité au Liban;

              –Exclusion de toute force étrangère au Liban sans le consentement du Gouvernement libanais;

              – Exclusion de toute vente ou fourniture d’armes et de matériels connexes au Liban, sauf celles autorisées par le Gouvernement libanais;

              –Communication à l’ONU des cartes des mines terrestres posées au Liban encore en la possession d’Israël;

        9.     Invitele Secrétaire général à appuyer les efforts visant à obtenir dès que possible des accords de principe de la part du Gouvernement libanais et du Gouvernement israélien concernant les principes et éléments en vue d’une solution à long terme tels qu’énoncés au paragraphe 8, et exprimeson intention de rester activement engagé;

        10.    Priele Secrétaire général de mettre au point, en liaison avec les acteurs internationaux clefs et les parties intéressées, des propositions pour mettre en œuvre les dispositions pertinentes des Accords de Taëf et des résolutions 1559 (2004) et 1680 (2006), notamment celles relatives au désarmement, et pour délimiter les frontières internationales du Liban, en particulier dans les zones où la frontière est contestée ou incertaine, y compris en s’occupant de la question des fermes de Chebaa, et de les lui présenter dans les 30 jours;

        11.    Décide, en vue de compléter et renforcer les effectifs, le matériel, le mandat et le champ d’opérations de la FINUL, d’autoriser un accroissement des effectifs de celle-ci pour les porter à un maximum de 15 000 hommes, et décideque la Force devra, en sus de l’exécution de son mandat au titre des résolutions 425 et 426 (1978) :

        a)      Contrôler la cessation des hostilités;

        b)     Accompagner et appuyer les forces armées libanaises à mesure de leur déploiement dans tout le Sud, y compris le long de la Ligne bleue, pendant qu’Israël retire ses forces armées du Liban comme il est prévu au paragraphe 2;

        c)      Coordonner ses activités relatives à l’exécution du paragraphe 11 b) avec les Gouvernements libanais et israélien;

        d)     Fournir son assistance pour aider à assurer un accès humanitaire aux populations civiles et le retour volontaire des personnes déplacées dans des conditions de sécurité;

        e)      Aider les forces armées libanaises à prendre des mesures en vue de l’établissement de la zone mentionnée au paragraphe 8;

        f)      Aider, sur sa demande, le Gouvernement libanais à donner effet au paragraphe 14;

        12.    Agissant à l’appui d’une demande du Gouvernement libanais tendant à ce qu’une force internationale soit déployée pour l’aider à exercer son autorité sur l’ensemble du territoire, autorisela FINUL à prendre toutes les mesures nécessaires dans les secteurs où ses forces sont déployées et, quand elle le juge possible dans les limites de ses capacités, à veiller à ce que son théâtre d’opérations ne soit pas utilisé pour des activités hostiles de quelque nature que ce soit, à résister aux tentatives visant à l’empêcher par la force de s’acquitter de ses obligations dans le cadre du mandat que lui a confié le Conseil de sécurité, et à protéger le personnel, les locaux, les installations et le matériel des Nations Unies, à assurer la sécurité et la liberté de mouvement du personnel des Nations Unies et des travailleurs humanitaires et, sans préjudice de la responsabilité du Gouvernement libanais, à protéger les civils exposés à une menace imminente de violences physiques;

        13.    Prie le Secrétaire général de mettre d’urgence en place des mesures de nature à garantir que la FINUL est à même de s’acquitter des fonctions envisagées dans la présente résolution, exhorteles États Membres à envisager d’apporter des contributions appropriées à la FINUL et à répondre de manière positive aux demandes d’assistance de la Force, et exprimesa vive gratitude à ceux d’entre eux qui ont contribué à la FINUL par le passé;

        14.    Demande au Gouvernement libanais de sécuriser ses frontières et les autres points d’entrée de manière à empêcher l’entrée au Liban sans son consentement d’armes ou de matériel connexe et priela FINUL, comme elle y est autorisée au paragraphe 11, de prêter assistance au Gouvernement libanais sur sa demande;

        15.    Décide en outreque tous les États devront prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher, de la part de leurs ressortissants ou à partir de leurs territoires ou au moyen de navires de leur pavillon ou d’aéronefs de leur nationalité :

        a)      La vente ou la fourniture à toute entité ou individu situé au Liban d’armes et de matériel connexe de tous types, y compris les armes et leurs munitions, les véhicules et le matériel militaires, le matériel paramilitaire et leurs pièces de rechange, que ce matériel provienne ou non de leur territoire; et

        b)     La fourniture à toute entité ou individu situé au Liban de toute formation ou moyen technique lié à la fourniture, à la fabrication, à l’entretien ou à l’utilisation des matériels énumérés au paragraphe a) ci-dessus;

étant entendu que ces interdictions ne s’appliqueront pas aux armes, au matériel connexe, aux activités de formation ou à l’assistance autorisés par le Gouvernement libanais ou par la FINUL, comme elle y est autorisée au paragraphe 11;

        16.    Décide de proroger le mandat de la FINUL jusqu’au 31 août 2007, et exprime son intentiond’envisager dans une résolution ultérieure un nouveau renforcement de son mandat et d’autres mesures visant à contribuer à la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent et d’une solution à long terme;

        17.    Prie le Secrétaire général de lui rendre compte dans une semaine au plus tard, puis à intervalles réguliers, de l’application de la présente résolution;

        18.    Souligne qu’il importe et qu’il est nécessaire d’instaurer une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient, sur la base de toutes ses résolutions pertinentes, y compris ses résolutions 242 (1967) du 22 novembre 1967, 338 (1973) du 22 octobre 1973 et 1515 (2003) du 19 novembre 2003;

        19.    Décide de rester activement saisi de la question.


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1 COMMENTAIRE

  1. Le sionisme n’admet pas que l’on oublie la seconde guerre Mondiale mais refuse la légitimité du pouvoir souverain des libanais au Liban.
    Quand, on oblige un pays à des dettes comme le cas de l amerique du sud par rapport a l amerique du nord, le terrain est toujours propice à une domination legitime.

    Comme quoi, l argent est le premier donateur des empires.

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