Incinération de déchets en plein air dans une décharge de Majadel, dans le sud du Liban. © 2017 Human Rights Watch

Une étude récente de l’Unité de recherche concernant la qualité de l’air au Liban indique une augmentation sans précédent de différentes substances cancérogènes dans l’air ambiant, résultants de incendies de nos déchets ménagers par des personnes mal intentionnées.

Pour rappel, le Pays des Cèdres connait une crise écologique sans précédent depuis la fermeture le 17 juillet dernier de la décharge de Naameh.

Produisant quotidiennement plus de 4000 tonnes de déchets, les autorités libanaises n’ont pour l’heure trouvé aucune solution au stockage et au traitement de ces ordures, entrainant une véritable crise sanitaire. En cause, le clientélisme et la corruption des administrations publiques…

Cette étude effectuée dans un cadre collaboratif entre l’Université américaine de Beyrouth (AUB), l’Université Notre Dame (NDU), et de l’Université Saint-Joseph (USJ), et financée par le Conseil national libanais pour la recherche scientifique (LNCSR) et le Conseil de la recherche universitaire de l’AUB, met sur le sellette les nombreux incendies. Elle consiste à mesurer les différentes substances dont les dioxines et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) présents dans l’air ambiant.

Selon l’équipe dirigée par le Dr Najat Saliba, les niveaux de dioxine retrouvées à proximité de zones résidentielles étaient ainsi 416 fois plus élevés que les précédentes mesures effectuées en 2014 à proximité de zones industrielles. Ce niveau de pollution entrainerait une augmentation du risque de développer un certain nombre de types de cancer à hauteur de 34 adultes et de 176 enfants pour un million, selon les données statistiques de l’Agence environnementale américaine.

En cause, une décharge incendiée se trouvant à ciel ouvert à proximité de la zone résidentielle où se déroulait les mesures.

Concernant les hydrocarbures aromatiques polycycliques ou HAP,  classés comme produit cancérigène de première catégorie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et dont les niveaux ont été pour une première fois relevés au cours de cette année, les données enregistrées révèlent que cette dernière substance pourrait être à l’origine des tumeurs chez 37 personnes d’âge adulte et 186 enfants pour un million.

Décrits comme polluants organiques persistants, ces 2 substances se révèlent être également résiliantes dans notre environnements et impacteront, durant de nombreuses années, la vie quotidienne des personnes résidentes au Liban. Par conséquent, l’équipe de recherche à l’origine de cette étude a également appelé les autorités libanaises à l’adoption de mesures immédiates afin de cesser le départ de feux de ces dépotoirs sauvages.