Grande est notre faute, à nous citoyens au Liban de ne pas avoir su mieux gérer ce pays qui se trouve aujourd’hui au bord du précipice à de nombreux points.

Pourtant, on s’acharne à rendre autrui responsables alors qu’il s’agit avant tout de notre responsabilité première.

Crise politique, on accuse les ingérences étrangères véhiculées par des hommes politiques bien locaux, ex seigneurs de guerres ou héritiers de longues lignées politiques sans nul voir que s’ils sont bien là et présents, c’est parce qu’on a pourtant et avant tout voté pour ces personnes.

Crise économique en dépit des multiples avertissements de spécialistes de différents domaines d’expertises donnant l’impression d’un conducteur qui crash volontairement sa voiture contre un mur pour recueillir les indemnités des assurances, pardon l’aide internationale qui l’accompagne au lieu de prendre les mesures nécessaires pour endiguer l’hémorragie. Et pourtant on a voté pour des irresponsables qui ne sont pas au service de la population mais à celui d’intérêts privés.

Et la question environnementale… qui mériterait alors une sorte de thèse sur le syndrome de Stockholm d’une population tenue en otage par des hommes politiques peu scrupuleux qui multiplient les effractions – carrières dans nos montagnes, exploitation illégale de nos plages – jusqu’à nous en étouffer.

Il y a peu, une rivière d’ordures se déversait dans une banlieue de Beyrouth. A une équipe de télévision qui s’était rendue sur place, un habitant du quartier se plaignait de devoir jeter ses déchets quotidiens dans des poubelles qui seraient, selon lui loin, et de déclarer qu’il est plus aisé de les jeter dans le lit de cette rivière comme ses voisins. Comble de la situation, il rendait même l’Etat lui-même responsable de ne pas avoir prévu un pont plus haut pour que ces ordures finissent dans une Mer déjà bien malade de nos erreurs de gouvernance. Et ces gens précisément votent et votent généralement mal quand d’autres s’abstiennent.

Une des plus hautes autorités religieuses du Pays, le Patriarche Béchara el Raï pour le nommer plus précisément, a dernièrement déclaré que les abstentionnistes ont eu raison lors des dernières élections législatives en raison des multiples crises qui grèvent ce Liban que pourtant on aime. Mais c’est justement parce qu’il y eu des abstentionnistes que le Liban se trouve là ou il en est avec des incompétents qui se chamaillent pour quelques strapontins ministériels et qui paralysent notre vie.

Voter est un devoir, celui de choisir un programme socio-économique et de choisir les meilleures personnes, celles qui peuvent le réaliser et non de choisir des personnes selon leurs religions, mais surtout leurs incompétences. Ceux qui prétendent que voter ne sert à rien sont dans l’erreur. Chaque voix – non seulement lors des votes mais aussi par des actes civiques simples, ne pas jeter d’ordures, conduire de manière civilisée, respecter l’état de droit et celui des autres – peut s’additionner pour changer les choses dans un sens profitable à l’intérêt commun.

Voter c’est bien, mais voter en âme et conscience est bien une fois lors du renouvellement des mandats de nos responsables mais il est encore meilleur d’agir chaque jour qui passe, agir en citoyen responsable de ses actes, parce que ce sont aussi à ce niveau précisément les petites rivières qui font les grands fleuves.

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