La ligne bleue, ligne de démarcation entre le Liban et Israël, au niveau de Ras Naqoura. Crédit Photo: Francois el Bacha, pour Libnanews.com. Tous droits réservés.
La ligne bleue, ligne de démarcation entre le Liban et Israël, au niveau de Ras Naqoura. Crédit Photo: Francois el Bacha, pour Libnanews.com. Tous droits réservés.

Dans l’attente de la riposte du Hezbollah face à ses dernières agressions, l’État d’Israël a mis en place une zone morte tout le long de la frontière avec le Liban pour mettre à l’abri sa population, voire ses soldats. Et minimiser ainsi ses pertes humaines, et même les éviter. D’où aussi les leurres et les mannequins pour orienter d’éventuels bombardements de la part du Hezbollah.

Bien sûr, il y a eu une peur certaine de la part de nombre de soldats qui ne sont pas du tout disposés à mourir pour les beaux yeux de Netanyahou. Il y en a d’autres qui se sentent tellement virils et tout puissants à martyriser les civils palestiniens sans défense qu’ils ont fini par sombrer dans la plus vile des lâchetés et préfèrent prendre la poudre d’escampette face à un adversaire de taille.

Mais il serait préjudiciable à la résistance de penser la politique israélienne à ces seuls aspects.

Les dirigeants israéliens sont obsédés par la menace du Hezbollah d’envahir la Galilée et de libérer les territoires palestiniens occupés. Il serait alors plausible de penser que ce retrait de la zone frontalière était tout simplement un piège grotesque dans lequel le Hezbollah tomberait en mettant en acte son projet. Les combattants du Hezbollah qui auraient investi cette zone auraient été alors la proie d’un tapis de bombes qui les auraient exterminés.

N’aurait-ce pas été cela l’objectif central de la mise en place de cette zone morte ?

Les dirigeants israéliens se prennent toujours pour les américains face aux Indiens qu’ils ont exterminés. Pour eux, les arabes sont les nouveaux Indiens. Ils sont tout juste bons à être exterminés. Comme dans les bons vieux westerns américains, les indiens attaquent, en masse et sur un terrain à nu et vide d’obstacles, des cowboys bien protégés derrière leurs chariots disposés en cercle. Les dirigeants israéliens pensent qu’ils en sont encore à cette époque. Il est vrai que les dirigeants arabes leur ont fourni cette prétention.

Dans la continuité de la longue suite de confrontations entre Israël et le Liban, celle-ci marque un quadruple échec pour l’État d’Israël :

– Signer la fin de sa suprématie technologique face au fiasco de son attaque aux drones.

– subir une attaque qu’il n’a su ni prévoir ni mesurer, subir des pertes humaines, geler la vie économique et sociale dans sa zone frontalière

– se ridiculiser aux yeux de sa propre population, et pire, au niveau de l’opinion publique internationale

– redonner espoir et motivation au peuple palestinien comme aux autres peuples de la région pour relever la tête et de se tenir de nouveau debout.

Scandre Hachem

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