
Bezalel Smotrich affirme qu’Israël ne se retirera pas du Sud-Liban après la signature attendue de l’accord entre les États-Unis et l’Iran. Itamar Ben Gvir défend, lui, la poursuite des destructions et le contrôle de la zone, même contre l’avis de Donald Trump. Pour le Liban, ces déclarations révèlent une volonté israélienne de transformer l’occupation militaire en fait accompli.
Les déclarations de Bezalel Smotrich et d’Itamar Ben Gvir ferment brutalement la parenthèse ouverte par l’accord annoncé entre les États-Unis et l’Iran. Alors que Washington présente la signature attendue de vendredi comme une étape de désescalade régionale, deux ministres israéliens de premier plan affirment au contraire que l’armée israélienne doit rester au Sud-Liban et empêcher le retour des habitants. Pour le Liban, le message est clair : l’accord diplomatique ne garantit ni le retrait israélien, ni la fin des destructions, ni le retour des déplacés.
Dans un entretien accordé mercredi à la chaîne israélienne Channel 14, le ministre des finances Bezalel Smotrich a affirmé qu’Israël ne se retirerait pas du Sud-Liban vendredi, après la signature annoncée de l’accord entre Washington et Téhéran, ni dans un avenir prévisible. Il a ajouté que l’armée israélienne devait rester sur place « à long terme », tant que le Hezbollah ne serait pas désarmé. Cette déclaration prolonge la ligne déjà défendue par le ministre de la défense Israël Katz, qui avait affirmé que les forces israéliennes resteraient dans une « zone de sécurité » au Sud-Liban, sans retour de la population locale.
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Itamar Ben Gvir a, lui aussi, exprimé une position encore plus brutale. Selon des propos relayés par des médias et comptes proches de la droite israélienne, le ministre de la sécurité nationale aurait affirmé qu’Israël ne pouvait pas cesser de détruire les maisons du Sud-Liban, ni permettre le retour des habitants, et qu’il fallait poursuivre le contrôle de la zone, même si Donald Trump s’y opposait. Même si la formulation exacte doit être maniée avec prudence, elle correspond à une ligne politique déjà assumée publiquement par Ben Gvir, qui a appelé Netanyahu à dire « non » à Trump et à poursuivre les frappes contre le Hezbollah.
Ces prises de position interviennent dans un moment diplomatique décisif. L’accord américano-iranien, attendu vendredi en Suisse selon plusieurs médias, doit prolonger le cessez-le-feu et ouvrir une période de négociation de soixante jours. Le G7 a salué cette séquence tout en demandant un cessez-le-feu immédiat au Liban et le désarmement du Hezbollah. Mais les déclarations de Smotrich et Ben Gvir montrent qu’une partie centrale de la coalition israélienne ne veut pas traduire cette désescalade en retrait militaire. Elle veut au contraire transformer la présence israélienne au Sud-Liban en fait accompli.
Smotrich assume une occupation durable
La déclaration de Smotrich est importante parce qu’elle ne relève pas d’un simple débordement verbal. Elle donne une doctrine. Israël resterait au Sud-Liban aussi longtemps que le Hezbollah ne serait pas désarmé. Cette condition repousse tout retrait à une échéance indéterminée. Elle transforme une présence militaire présentée comme temporaire en occupation potentiellement durable. Elle place aussi la décision de retrait hors de tout calendrier diplomatique, puisque le désarmement du Hezbollah n’est pas un objectif susceptible d’être réalisé en quelques jours.
Cette position revient à poser une exigence maximale. Le Hezbollah ne se désarmera pas sous la pression d’une occupation israélienne. Au contraire, il utilisera cette occupation pour justifier le maintien de ses armes. L’État libanais, déjà affaibli, ne peut pas imposer seul un désarmement dans un contexte où des forces étrangères occupent des secteurs du pays. La logique défendue par Smotrich crée donc un cercle fermé : Israël reste parce que le Hezbollah est armé ; le Hezbollah reste armé parce qu’Israël reste.
Vu du Liban, ce raisonnement n’est pas une garantie de sécurité. Il est une prolongation du conflit. Les villages du Sud ne peuvent pas redevenir habitables si l’armée israélienne contrôle les accès, détruit des maisons ou interdit le retour des habitants. Les déplacés ne peuvent pas rentrer si leur présence est assimilée à une menace. Les institutions libanaises ne peuvent pas restaurer leur autorité si la zone reste soumise aux décisions militaires israéliennes.
Smotrich exprime aussi une réalité politique israélienne. La coalition de Netanyahu dépend de ministres qui refusent toute concession. Ces responsables veulent empêcher que l’accord avec l’Iran soit perçu comme une victoire du Hezbollah. Ils veulent rassurer l’électorat du nord d’Israël. Ils veulent aussi préserver une image de fermeté à l’approche d’échéances électorales. Mais ce calcul intérieur a un coût extérieur : il place Israël en opposition directe avec l’objectif américain de désescalade.
Ben Gvir radicalise la ligne israélienne
Itamar Ben Gvir pousse cette logique plus loin. Là où Smotrich parle de présence durable, Ben Gvir assume l’idée d’une pression continue sur les maisons et les habitants du Sud-Liban. Ses propos s’inscrivent dans une série de déclarations déjà connues. Il avait appelé Netanyahu à refuser les demandes de Trump et à « faire ce qui est nécessaire » contre le Hezbollah. Des responsables israéliens de la même mouvance ont aussi réclamé des coupures d’électricité au Liban et des destructions de bâtiments.
Cette ligne est politiquement claire. Elle ne vise pas seulement le Hezbollah comme organisation militaire. Elle cible l’environnement civil dans lequel le mouvement évolue. Empêcher le retour des habitants revient à transformer une zone habitée en espace militaire vide. Détruire des maisons revient à rendre le retour impossible, ou à le retarder pendant des années. Pour le Liban, cette logique ressemble à une politique de déplacement prolongé, sous couvert de sécurité.
Elle entre aussi en collision avec les critiques formulées par Donald Trump. Le président américain a publiquement reproché à Israël de détruire des immeubles résidentiels pour viser des membres du Hezbollah, en soulignant que tous les habitants de ces immeubles n’appartenaient pas au mouvement. Il a appelé Netanyahu à agir de manière plus responsable au Liban. Ben Gvir répond, en substance, que la destruction doit continuer même si Trump s’y oppose.
Cette opposition frontale est nouvelle par son intensité. Elle montre que la droite radicale israélienne ne considère plus la Maison Blanche comme une limite automatique. Elle pense pouvoir défier Trump au nom de la sécurité israélienne et de la pression électorale interne. C’est un pari risqué. Trump veut l’accord avec l’Iran. Il veut le présenter comme une réussite. Si Israël sabote la séquence au Liban, la tension avec Washington peut devenir plus ouverte.
Le retour des déplacés devient un enjeu stratégique
Le point le plus grave, pour le Liban, concerne le retour des habitants. Des centaines de milliers de Libanais ont été déplacés par la guerre. Des villages entiers du Sud ont été vidés. Des maisons, des routes, des écoles, des réseaux électriques et des terres agricoles ont été détruits ou endommagés. Le retour ne dépend pas seulement d’un cessez-le-feu sur le papier. Il dépend de la sécurité réelle, de l’accès aux villages et de la possibilité de reconstruire.
Lorsque des ministres israéliens affirment qu’il ne faut pas permettre ce retour, ils ne parlent plus seulement de combat contre le Hezbollah. Ils parlent d’un contrôle territorial durable. Le déplacement des civils devient un instrument militaire. La destruction du bâti devient un moyen de modifier la géographie humaine du Sud-Liban. Cette logique rappelle aux Libanais des épisodes anciens d’occupation, de zones tampons et de villages interdits.
Les autorités libanaises ont déjà appelé les déplacés à la prudence, car certaines zones restent dangereuses. Mais cette prudence n’a pas le même sens qu’une interdiction israélienne. Un État demande à ses citoyens d’attendre lorsque le terrain est miné, bombardé ou instable. Une armée étrangère empêche leur retour lorsqu’elle veut contrôler une zone. La différence est politique et juridique.
Le Hezbollah tirera profit de cette situation. Plus Israël empêche les habitants de revenir, plus le mouvement pourra se présenter comme la seule force capable de contester l’occupation. Plus les maisons sont détruites, plus le discours de résistance gagne en force dans les milieux touchés. Israël affirme vouloir affaiblir le Hezbollah. Mais en transformant les civils en population empêchée, il renforce l’argument central de son adversaire.
Washington pris entre accord iranien et allié israélien
Les déclarations de Smotrich et Ben Gvir arrivent au plus mauvais moment pour Washington. Les États-Unis veulent faire de l’accord avec l’Iran un tournant. Le mémorandum attendu doit prolonger une trêve, réduire les risques autour du détroit d’Ormuz, ouvrir une phase de négociation nucléaire et limiter l’escalade au Liban. Le G7 a soutenu cette approche, tout en rappelant que la question libanaise reste centrale.
Mais Israël n’entend pas se laisser enfermer par un texte auquel il n’est pas directement partie. Des responsables américains ont, selon la presse britannique, indiqué qu’Israël ne serait pas forcé de se retirer du Sud-Liban, même si Washington le presse de ne pas faire échouer le cessez-le-feu. Cette ambiguïté donne une marge à Netanyahu et à ses ministres. Ils peuvent dire qu’ils respectent l’alliance américaine tout en refusant un retrait immédiat.
La difficulté pour Trump est évidente. Il a besoin d’un accord avec l’Iran pour sortir d’une guerre coûteuse et politiquement fragile. Il a aussi besoin de préserver sa relation avec Israël. Mais ses deux objectifs divergent. Si l’armée israélienne reste au Sud-Liban et poursuit les destructions, l’Iran pourra dénoncer une violation de l’esprit de l’accord. Le Hezbollah pourra refuser de se taire. Le Liban restera un front ouvert.
Trump a déjà montré son agacement. Il a critiqué les méthodes israéliennes au Liban. Il a rappelé que les États-Unis étaient indispensables à Israël. Il a aussi laissé entendre que l’accord avec l’Iran restait réversible si les conditions n’étaient pas respectées. Mais ces déclarations ne suffisent pas encore à contraindre la coalition israélienne. Le test sera concret : Washington exigera-t-il l’arrêt des destructions et un calendrier de retrait, ou se contentera-t-il d’appels à la retenue ?
Le Liban face à un fait accompli
Pour Beyrouth, la ligne Smotrich-Ben Gvir ressemble à une tentative de créer un fait accompli avant la signature de vendredi. Si Israël affirme dès maintenant qu’il ne partira pas, il réduit la portée de l’accord américano-iranien sur le dossier libanais. Il place l’Iran devant un dilemme : signer malgré l’occupation, ou durcir sa position au risque de retarder l’ensemble du processus. Il place aussi l’État libanais devant une humiliation politique : l’avenir du Sud se discute sans lui.
Le gouvernement libanais peut invoquer le droit international, la souveraineté nationale et les mécanismes de cessez-le-feu. Il peut demander l’appui de Washington, de Paris, de l’ONU et des pays arabes. Mais sur le terrain, l’armée israélienne contrôle les zones qu’elle occupe. Les habitants ne peuvent pas imposer leur retour. Les municipalités ne peuvent pas reconstruire sous les drones. L’armée libanaise ne peut pas se déployer librement si les forces israéliennes restent en position.
Cette asymétrie nourrit la colère libanaise. Le pays est sommé de discuter du désarmement du Hezbollah, mais il voit une armée étrangère maintenir une présence sur son territoire. Il est appelé à restaurer son autorité, mais cette autorité est contournée par les décisions militaires israéliennes. Il est invité à soutenir la désescalade, mais ses villages restent soumis aux frappes et aux destructions.
La perception libanaise de l’accord Iran-USA dépendra donc du Sud. Si l’accord conduit à un retrait israélien, même progressif, il pourra être présenté comme un début de sortie de guerre. S’il laisse Israël contrôler une bande du territoire libanais, il sera perçu comme un arrangement incomplet, voire comme une couverture diplomatique de l’occupation. Smotrich et Ben Gvir semblent vouloir imposer cette seconde lecture.
Israël se heurte à la logique de l’accord
L’accord américain avec l’Iran repose sur une idée simple : tous les fronts doivent se calmer pour permettre une négociation durable. Le Liban n’est pas un théâtre secondaire. Il est l’un des lieux où la crédibilité de la désescalade sera testée. Si les frappes continuent, si les habitants ne rentrent pas et si les troupes israéliennes restent, l’accord aura peu de valeur aux yeux des Libanais et des alliés de Téhéran.
La position israélienne crée donc une contradiction. D’un côté, Israël affirme vouloir neutraliser la menace du Hezbollah. De l’autre, il adopte des mesures qui rendent le désarmement du Hezbollah encore plus improbable. Une occupation durable renforce les arguments du mouvement. Les destructions de maisons alimentent la colère. L’interdiction du retour radicalise les populations touchées. La sécurité recherchée par Israël peut ainsi produire une insécurité prolongée.
Ce paradoxe n’est pas nouveau. Les zones de sécurité imposées par la force ont souvent créé des résistances locales. Elles donnent à l’occupant une profondeur tactique, mais elles produisent un coût politique. Dans le cas du Sud-Liban, ce coût est connu. La mémoire de l’occupation israélienne reste vive. Toute tentative de réinstaller une zone contrôlée ravive immédiatement cette histoire.
La déclaration de Smotrich montre que cette mémoire ne freine pas la droite israélienne. Elle l’assume. Elle considère que le contrôle du terrain vaut plus que le risque politique. Cette approche peut satisfaire une partie de l’opinion israélienne à court terme. Elle peut aussi enfermer Israël dans une confrontation longue, avec un Hezbollah affaibli mais légitimé par la présence israélienne.
Une coalition israélienne contre la désescalade
Les propos de Smotrich et Ben Gvir ne sont pas seulement deux déclarations individuelles. Ils révèlent la structure de la coalition Netanyahu. Le Premier ministre israélien doit composer avec des alliés qui voient dans la poursuite de la guerre une condition de survie politique. Ces alliés peuvent menacer la coalition s’ils estiment que Netanyahu cède à Trump ou à l’Iran. Ils pèsent donc sur chaque décision militaire.
Cette contrainte explique pourquoi Netanyahu ne peut pas simplement accepter l’accord américain. Il doit éviter d’apparaître comme le dirigeant qui a mené une guerre coûteuse pour finir par se retirer sous pression. Il doit montrer que l’armée conserve l’initiative. Il doit prouver que le Hezbollah ne revient pas à la frontière. Smotrich et Ben Gvir lui fournissent une ligne dure, mais ils réduisent aussi sa marge diplomatique.
Le problème est que cette politique entre en conflit avec les intérêts américains immédiats. Trump veut réduire le risque d’une guerre régionale. Il veut stabiliser les prix de l’énergie. Il veut signer avec l’Iran. Il veut aussi éviter que le Liban devienne l’obstacle principal de son accord. La coalition israélienne, elle, veut maintenir la pression jusqu’au désarmement du Hezbollah. Les deux agendas se croisent difficilement.
Cette divergence peut s’aggraver si des frappes israéliennes provoquent de nouvelles victimes civiles. Trump a déjà critiqué les destructions d’immeubles résidentiels. Il sera plus difficile pour lui de défendre l’accord avec l’Iran si, au même moment, des ministres israéliens revendiquent la poursuite de ces destructions. L’image internationale d’Israël, déjà très dégradée au Liban, risque de se détériorer davantage.
Le Hezbollah retrouve un argument central
Du point de vue du Hezbollah, les déclarations israéliennes constituent une ressource politique. Le mouvement peut dire que ses armes restent nécessaires parce qu’Israël ne veut pas partir. Il peut affirmer que les appels au désarmement sont irréalistes tant que l’occupation continue. Il peut présenter le retour des habitants comme une bataille nationale, et non comme un simple dossier humanitaire.
Cette dynamique complique le débat libanais interne. Beaucoup de Libanais veulent que l’État reprenne le monopole de la décision militaire. Beaucoup refusent que le Hezbollah décide seul de l’entrée en guerre ou de la sortie de guerre. Mais lorsque des ministres israéliens parlent de rester au Sud-Liban et de détruire des maisons, le débat change de nature. La question de l’occupation prend le dessus sur celle du désarmement.
Le Hezbollah n’a donc pas besoin de convaincre tout le pays. Il lui suffit de montrer que l’État ne peut pas obtenir le retrait israélien par la diplomatie seule. Chaque déclaration de Smotrich ou Ben Gvir renforce cette démonstration. Chaque village empêché de retour devient un argument. Chaque maison rasée devient une preuve politique dans son récit.
C’est là l’un des effets les plus contre-productifs de la ligne israélienne. Elle veut réduire le Hezbollah. Elle risque de reconstituer son utilité politique. Elle veut séparer le mouvement de son environnement. Elle pousse au contraire cet environnement à voir en lui une protection ou une vengeance. Elle veut imposer la sécurité par la force. Elle prolonge les conditions de la guerre.
Le vendredi de la signature ne réglera pas le Sud
La signature attendue vendredi ne suffira pas à régler le dossier libanais. Elle peut ouvrir une phase nouvelle, mais elle ne tranchera pas les questions décisives. Israël se retirera-t-il ? Les habitants pourront-ils revenir ? Le Hezbollah acceptera-t-il une suspension durable de ses opérations ? L’armée libanaise pourra-t-elle se déployer ? Les États-Unis exerceront-ils une pression réelle sur Netanyahu ? L’Iran fera-t-il du Sud-Liban un test de l’accord ?
Les déclarations de Smotrich et Ben Gvir indiquent que la réponse israélienne, pour l’instant, est négative sur les points essentiels. Pas de retrait vendredi. Pas de retrait prévisible. Pas de retour complet des habitants. Pas d’arrêt assumé des destructions selon la ligne la plus radicale. Cette position transforme la signature en simple étape diplomatique, sans effet immédiat pour les villages libanais occupés ou détruits.
Pour Washington, le danger est que cette contradiction devienne visible dès les premières heures suivant l’accord. Si les images du Sud-Liban montrent des maisons rasées, des habitants bloqués et des soldats israéliens en position, Téhéran pourra dénoncer l’absence de sincérité américaine. Le Hezbollah pourra refuser toute démobilisation. Le gouvernement libanais pourra difficilement défendre une désescalade sans retrait.
Le dossier libanais devient donc le test de vérité de l’accord Iran-USA. Smotrich et Ben Gvir ont choisi de le dire sans détour : la droite israélienne ne veut pas que la diplomatie américaine impose un recul au Sud-Liban. Reste à savoir si Trump acceptera cette limite, ou s’il considérera que la coalition Netanyahu menace désormais son propre succès. Sur les routes du Sud, les déplacés attendent moins la signature de vendredi que la possibilité concrète de rentrer chez eux.


