Le siège de l'Association des Banques du Liban après l'explosion du Port de Beyrouth. Crédit Photo: Libnanews.com
Le siège de l'Association des Banques du Liban après l'explosion du Port de Beyrouth. Crédit Photo: Libnanews.com

Un juge britannique a condamné la Banque Libano-Française à rembourser 4 millions de dollars à un ressortissant syrien résidant à Londres. Ce compte est hébergé au sein de l’établissement au Liban.

La justice anglaise a ainsi rejeté les affirmations de la banque libanaise qui estimait que ces fonds, hébergés au Liban, ne pouvaient faire l’objet d’une décision extra-territoriale. Cependant, le juge Michael Kent a noté que la Banque Libano-Française est un groupe international possédant des filiales dans différents pays dont l’Irak, Abu Dhabi, le Nigéria, la France ou en Suisse. Plus grave encore, ces filiales gèrent des comptes au Liban de résidants domiciliés à l’étranger. Ainsi, une parti importante de l’activité de cette banque est à l’étranger, ce qui permet donc à une justice étranger de se saisir de ce dossier en dépit des affirmations des avocats de l’établissement.

Plusieurs autres plaintes similaires pourraient ainsi être déposées prochainement par des ressortissants libanais résidant à l’étranger, ce que craignent les banques locales qui pourraient voir leurs biens et même ceux de leurs actionnaires être mis sous séquestre.

Confrontées à ces menaces, les banques libanaises pourraient être ainsi poussées à reconnaitre un état de faillite financier, chose que redoute leurs actionnaires mais qui est annoncé depuis maintenant 2 ans, au regard notamment des notes attribuées par les agences de notation qui annoncent un état de défaut de paiement sélectif pour celles qui étaient encore côtées. Les banques correspondantes des banques privées demanderaient désormais des garanties telles que les établissements locaux seraient en peine de respecter.

Pire encore, les banques correspondantes de la Banque du Liban elle-même seraient désormais réticentes à accorder même à la banque centrale des facilités de paiement en raison des pertes de la banque centrale que refuse de reconnaitre son gouverneur Riad Salamé.

Ainsi, les observateurs notent par exemple qu’un accord de protection des investissements lie le Liban à la France depuis 1960. Celui-ci protègent les investisseurs des mesures de gel des capitaux, les banques libanaises ayant unilatéralement instauré un contrôle informel des capitaux en novembre 2019 – et les obligerait à les rembourser en devise étrangère et non en livres libanaises au taux de change officiel ce qui aurait induit une décote de plus de 90% de la valeur des sommes déposées.

D’autres plaintes similaires ont été déposées par des ressortissants libanais résidant à l’étrangers et qui auraient obtenu de la part des banques libanaises un règlement à l’amiable suite à des menaces d’expropriation de biens de certaines banques voire même de leurs actionnaires.

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