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S’exprimant à quelques jours du centenaire de la création du Grand Liban, le Ministre des Affaires Etrangères français, Jean Yves le Drian a estimé que le Président de la République Française Emmanuel Macron réitèrera le message qu’il a transmis aux dirigeants libanais, soulignant la nécessité de changement du système actuel au Pays des Cèdres.

Pour rappel, le président de la république française est attendu à Beyrouth à l’occasion du 100ème anniversaire de la création du Grand Liban. Il s’était rendu au Liban le 6 août dernier, appelant à ce que l’État libanais mène les réformes économiques et l’audit des comptes de la banque centrale, 2 mesures nécessaires au déblocage de l’aide économique de la communauté internationale et au succès des négociations que Beyrouth mène avec le Fonds Monétaire International (FMI)

La catastrophe de Beyrouth (allusion à l’explosion qui s’est produite à l’intérieur de l’enceinte du port de la capitale, le 4 août dernier) ne doit pas servir de prétexte pour cacher la réalité selon laquelle le Liban est au bord du précipice, estime le ministre français.

Il soulignait la gravité de la crise économique, alors que des sources internationales proches du dossier libanais estiment la classe politique dans le déni, soulignant par ailleurs les conflits d’intérêts entre certains hommes politiques également dans les affaires et qui bloquent la mise en œuvre des réformes économiques et structurelles nécessaires.

Pour rappel, d’importantes manifestations ont éclaté dès octobre 2019 contre une classe politique qu’une grande partie de la population estime être corrompue et d’avoir mené le pays des cèdres vers une crise économique d’une ampleur inconnue.

Lors de son déplacement à Beyrouth, Emmanuel Macron avait déjà annoncé la possibilité de sanctionner certaines personnalités politiques libanaises, coupables selon lui, du blocage des négociations menées avec le FMI. Il avait également appelé à ce que la violence et le chaos ne puissent pas faire sombrer le Liban. « Il appartient aux autorités d’agir pour que le Pays ne sombre pas et répondent aux aspirations que le peuple libanais exprime légitimement dans les rues de Beyrouth », avait estimé le président français, soulignant par ailleurs que le système économique allait s’effondrer d’ici quelques mois en raison d’une absence de liquidités suffisantes pour continuer à importer farine, fioul ou encore médicaments.

Ces mêmes sources soulignent la proximité entre certains intérêts politiques qui sont également actionnaires de banques locales, refusant de reconnaître l’ampleur des pertes du secteur financier, coupables selon ces sources, d’avoir mal géré les dépôts de leurs clientèles voire même d’avoir redistribué l’importante dette publique, estimée à hauteur de 93 milliards de dollars, sous forme de dividendes payés ou par l’intermédiaire de hauts taux d’intérêt durant des décennies.

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