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L’ancien vice-président syrien Abdel Halim Khaddam serait décédé à Paris, à l’âge de 87 ans, annoncent certaines sources. Il a été un proche collaborateur du Président Syrien Hafez el Assad durant 30 ans, gérant directement le dossier libanais durant la guerre civile puis l’occupation syrienne du Pays des Cèdres, au point d’être désigné par certains comme étant “le vice-roi du Liban” à l’époque.

Né en 1932 à Banias, dans le Nord de la Syrie, il rencontrera dès le début des années 1950, Hafez el Assad qu’il rejoindra au sein du parti Baas. Devenu avocat, il sera gouverneur de Quneitra dans le Golan en 1967 avant de devenir Ministre de l’économie et du commerce de 1969 à 1970. Après l’accession de Hafez el Assad à la Présidence en novembre 1970, il deviendra ministre des Affaires Etrangères et Vice Premier Ministre avant d’être désigné Vice-président en 1984.

Dès le 24 mai 1975, il effectuera une première mission, auprès des dirigeants sunnites libanais, pour les convaincre de ne pas soutenir la nomination d’un général sunnite de l’Armée Libanaise pour tenter de mettre fin à la guerre civile. Cette nomination échouera et finalement Rachid Karamé sera nommé 3 jours plus tard.

En janvier 1976, au sujet du Liban qui entrait depuis avril 1975, dans la période de la guerre civile, Abdel Halim Khaddam déclarait:

Le Liban fait partie de la Syrie et nous le rétablirons en dépit toute tentative de partition. Le Liban sera soit uni, soit réunifié à la Syrie

Il sera dès lors considéré comme le principal responsable syrien impliqué au Liban.

Lors du mandant d’Amine Gemayel, Abdel Halim Khaddam s’impliquera dès 1983 à nouveau auprès de la communauté sunnite pour retirer leur soutien au gouvernement Chafic Wazzan qui avait demandé le retrait des troupes syriennes du Liban. Lors de la conférence de la réconciliation nationale qui se tenait à Genève en Suisse, il avait obtenu l’exclusion du premier ministre libanais

Il sera également le principal auteur de l’accord Tripartite signé par Elie Hobeika, Nabih Berri et Walid Joumblatt, ainsi que l’un des principaux soutien des fameux accords de Taëf qui instaurera une double tutelle SS (Saudi – Syria) sur le Liban.

Dès lors, une relation étroite s’établira entre Khaddam et Rafic Hariri. Fort de cette relation et du soutien à l’époque des autorités saoudiennes via l’ancien premier ministre libanais, il sera perçu comme un des successeurs de son ancien mentor Hafez el Assad. Finalement, Bachar el Assad s’imposera.

Au Liban, suite à ce soutien une reprise en main s’imposait. Dès 1998, Bachar el Assad imposera une mise à l’écart de Rafic Hariri, avec l’élection d’Emile Lahoud puis la nomination de son rival, Salim Hoss qui mettra en cause la politique économique menée par son prédécesseur.

Abdel Halim Khaddam verra son rôle en Syrie être réduit.

Concernant le dossier libanais, ces proches et lui auraient été l’un des principaux bénéficiaires des sommes détournées lors des appels d’offres des marchés publics après la reconstruction. Certains l’affublaient alors du sobriquet “Mister 10%”, l’accusant de détourner ce pourcentage de tout contrat public. Il était dit également impliqué dans le marché des communications mobiles au Liban. Son frère possèdera également certains intérêts financiers.

Sur le dossier syrien, on le disait notamment impliqué dans le massacre de Hama en 1982, lors de l’offensive de l’Armée Syrienne suite à une révolte des frères musulmans dans cette localité.

Devenu un opposant du président Bachar al-Assad alors confronté à l’ancienne garde de son père et qu’il souhaitait changer, il se rendra à Paris en 2005 pour résider dans un hôtel particulier offert, indiquent certaines rumeurs d’alors, par l’ancien Premier Ministre Rafic Hariri qui venait d’être assassiné. Après avoir accusé dans un premier temps israël, il avait accusé ensuite le régime syrien d’avoir fait assassiné l’ancien responsable libanais. Khaddam avait tenté de mettre en place par la suite une instance politique alternative à Bachar el Assad dans laquelle il aurait joué un rôle majeur.

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