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Le ministre des Finances sortant, Ali Hassan Khalil, aurait invité des responsables du FMI à des entretiens sur les possibilités d’action en cas d’aggravation de la crise économique au Liban. Il avait précédemment écarté toute demande du genre, estimant que le Liban n’était pas la Grèce pour nécessiter un appel à un organisme tel que le FMI.

Cette information a été révélée par le quotidien Nidaa al-Watan, citant des sources diplomatiques occidentales.

Ainsi, ces mêmes sources ont indiqué que le Ministre souhaiterait s’infirmer des perspectives de coopération entre l’État libanais et le FMI peut-être inviter des experts du FMI à se rendre au Liban pour évaluer la situation. Ils pourront ainsi suggérer des mesures pour retonifier del’économie nationale libanaise.

Ces informations interviennent alors que plusieurs agences de notations internationales considèrent le Liban ainsi que certains établissements bancaires – suite à la décision de mettre en place un contrôle des capitaux avec limitation des retraits à 1 000 USD maximum et interdiction de transferts à l’étranger – , en défaut technique. Par ailleurs, la crise politique risque de se prolonger en raison des délais nécessaires à ce que les partis politiques libanais puissent s’accorder au sujet de la composition du prochain gouvernement.

Pour rappel, l’endettement public du Liban atteint 154% du PIB alors que les dernières estimations du déficit budgétaire 2019 seraient estimées à 11.9% en dépit de la mise en place d’une politique d’austérité. Par ailleurs, les conditions socio-économiques continuent à se dégrader, avec un taux de chômage touchant 30% à 40% de la population active et 50% des libanais risquant de se retrouver vivant sous le seuil de pauvreté en 2020 selon une étude de la Banque Mondiale.

Le scénario du recours au FMI est de plus en plus évoqué sur place, puisqu’il a le mérite d’éviter une dévaluation incontrôlée de la livre libanaise et une mise en faillite de nombreux établissements bancaires largement affaiblis et exposés au déficit public.

Cependant, l’appel au FMI ne se fera pas sans conditions. Une dévaluation de la Livre Libanaise dont les proportions seront à quantifier ou une restructuration de la dette publique seront également à prévoir. L’institution mettra sans doute également sous surveillance et exigera un audit des institutions publiques dont la Banque du Liban dont elle a régulièrement critiqué la politique monétaire ces dernières années.

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