Le gouvernement souhaiterait appliquer un haircut de 63.5% sur 10% des comptes les plus importants, pense savoir la Bank of America dans une note.

L’établissement bancaire considère que le plan de réforme économique rendu public par une source anonyme pourrait constituer une bonne base de départ pour ouvrir des négociations avec le Fonds Monétaire International (FMI)

Cependant, Bank of America souligne que les autorités libanaises feraient face à 4 risques majeurs:

  • L’opposition populaire face aux sacrifices qui devrait amener le gouvernement à poursuivre des personnalités majeures pour détournement de fonds publics dans le cadre de sa lutte contre la corruption, mais également la mise en place d’un programme d’aide aux personnes les plus vulnérables à la crise économique.
    L’opposition de partis politiques, des syndicats professions libérales, ou de parties prenantes à la gestion de la sécurité sociale pourrait également aggraver la situation.
  • Le deuxième risque majeur est induit par la controverse qui pourrait advenir concernant la compensation des grands déposants par un fond financé par les sommes issues de la récupération des montants détournés ou la vente de biens publics. Ainsi, les précédents en la matière ou encore la faiblesse des autorités libanaises pourrait compliquer la situation.
  • Même si ce plan serait d’appliquer à la lettre, la dette publique restera encore importante jusqu’en 2024, à hauteur de 103% du PIB.
  • De même, les prévisions du gouvernement décrites dans le document rendu public paraissent optimistes et la situation réelle pourrait s’avérer plus difficile surtout que les prévisions n’incluent pas l’impact laissé par l’épidémie du coronavirus sur l’économie libanaise.

Aussi, la banque s’interroge sur l’efficacité réelle des mesures annoncées, comme l’amélioration de la collecte fiscale, la question des biens maritimes ou encore la lutte contre la corruption et le recouvrement des fonds publics détournés qui pourrait faire l’objet d’une opposition politique accrue de personnes impliquées dans ces dossiers.

Egalement la réforme du secteur de l’électricité public pourrait ne pas permettre d’éliminer les nécessaires subventions à l’EDL.

Ces différents facteurs pourraient inciter le Fonds Monétaire International à imposer des conditions plus strictes et appeler le gouvernement à revoir sa copie jugée trop optimiste.

L’accumulation implicite nette de réserves de change dans le projet de plan du gouvernement est modeste et ne devrait pas constituer un tampon important en cas de chocs négatifs, étant donné qu’il s’attendait à ce que le niveau de la dette publique reste élevé, note finalement ce rapport, faisant craindre une dévaluation accrue de la livre libanaise face au dollar.

Un objectif de réduction de 55% de la dette publique

Le plan présenté viserait à réduire de 55% la dette publique. Pour cela, la Banque du Liban et les banques libanaises qui détiennent 52% de la dette publique interne devraient être traitées de la façon similaire.

Ainsi, Bank of America note que les pertes de BdL résultant de la restructuration de la dette souveraine étaient de 20,8 milliards de dollars, ce qui équivaut à une réduction de 52% de la valeur nominale de ses avoirs en dette souveraine. Concernant les banques, la perte devrait atteindre 16.1 milliards de dollars soit 62% en moins de la valeur nominale de la dette publique qu’elles détenaient.

Egalement les pertes totales du secteur bancaire devraient atteindre 83.2 milliards de dollars, sans prendre en compte une dévaluation de la livre libanaise. Cette somme inclurait 54,9 milliards de dollars de pertes liées à l’exposition des banques à BdL, 12,2 milliards de dollars de pertes sur leur portefeuille de prêts au secteur privé, ainsi que 16,1 milliards de dollars de pertes liées à la restructuration de la dette publique.

Ainsi, il faudrait 52.1% des dépôts bancaires pour rétablir e ratio d’adéquation des fonds propres du secteur bancaire à l’exigence réglementaire minimale de 10,5%, en l’absence de toute autre source de capital alors que les autorités gouvernementales souhaitent protéger les actifs de 90% des comptes bancaires.

Prenant ce paramètre en facteur, compte tenu des 10% supérieurs des comptes de dépôt, ainsi que de la garantie de l’État de 75 milliards LBP de dépôts, le renflouement interne s’élèvera à 63,5% des fonds dépassant la somme de 100 000 USD, une proportion qui pourrait encore augmenter de 1.7% en cas d’exclusion des fonds de la sécurité sociale et des assurances.

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