Hier soir, a été diffusée une interview, par la chaine de télévision LBCI, du ministre des finances qui voulait être rassurant au sujet de la situation économique. Ainsi, Ghazi Wazni a indiqué que les réserves monétaires libanaises seraient estimées à 29 milliards de dollars et que la Banque du Liban aurait dépensé 7 milliards de dollars pour augmenter les liquidités disponibles des banques libanaises. Il s’agit ici de lire entre les lignes ou plutôt entre les propos de ces déclarations.

Premier problème, selon les chiffres de février publiés par la Banque du Liban, les réserves monétaires brutes sont estimées à un peu plus de 35 milliards de dollars. Le deuxième problème est que ce chiffre n’est pas celui des réserves monétaires nettes dont la Banque du Liban peut réellement disposer.

L’autre problème est que la Banque du Liban a grosso modo donc donné de l’argent aux banques locales au lieu de soutenir directement l’économie libanaise. Outre le fait qu’utiliser des intermédiaires, – chose normale dans ce cas – est plus couteux, les précédents dans la matière ne sont pas encourageants. Les banques locales nous ont coûté suffisamment chers en terme de mauvaise gestion des fonds dont elles avaient pourtant la charge en ayant investi dans des instruments financiers défectueux et non dans les secteurs qui auraient pu être productifs. Pour dire les choses manières plus crues, elles sont devenues les dealers de la drogue de l’endettement pour les finances publiques jusqu’à l’overdose.

Au lieu de soutenir les banques, une restructuration de ce secteur d’activité devrait plutôt être imposé et un bras-de-fer devrait avoir lieu entre banques et les actionnaires et les autorités de tutelles, Banque du Liban et Ministère des Finances.

Les propos d’hier sonnaient comme un aveux déjà d’un échec dans ce bras-de-fer avec de nombreuses implications et hypothèses. Cela implique-t-il que certains jouissent d’appuis bien plus puissants même que les pays et organisations internationales seules capables aujourd’hui d’aider le Liban. On voit mal depuis l’étranger comment des responsables – publics ou privés – peuvent démanteler un système financier en vue de le restructurer qui a abouti à la crise majeure telle qu’on la connait aujourd’hui.

Une autre hypothèse pourrait être liée au fait que la situation est simplement bien pire que celle qu’on pouvait imaginer et tellement critique que simplement confirmer le montant réel des réserves monétaires nettes, estimées par certains à moins de 4 milliards de dollars – soit moins de 3 mois de consommation des produits essentiels pour la population – quand d’autres évoquent le fait qu’elles pourraient même être déjà négatives.

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2 Commentaires

  1. Tant que les banques sont de mèche avec les politiques , aucune décision politicienne ne pourrait être prise sans les arrangements entre copains et influents ! Le gâteau est trop gros pour ne pas s’en servir et en distribuer autour de soi pour occulter toute transparence et toute initiative positive pour le pays .
    Nous allons à la ruine du pays et nous en sommes tous responsables .
    Ne faut-il pas un régime central fort et bien structuré et soutenu par toutes les parties afin d’arriver un jour à la fin d’une République bananière .

  2. compte non tenu de la participation de +ieurs gens du pouvoir dans les actions des banques, un gouvernement -n’importe lequel-a t il jamais eut le dernier mot s’agissant de tenir tete aux banques?

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