8 minutes à lire

Le président français s’est exprimé à l’occasion du centième anniversaire de la proclamation de l’État du Grand Liban depuis la résidence des Pins pour aborder les différents sujets d’actualité entre la France et le Liban, et notamment le plan des réformes politiques, économiques et monétaires à mener.

Un compte-rendu des actions accomplies sur le terrain

Le chef de l’État a souligné que l’urgence suite à l’explosion du port de Beyrouth, le 4 août dernier, est toujours là, une urgence de soutien au peuple, précise-t-il, avant de détailler le dispositif déjà déployé par la France avec notamment 2 navires, 700 hommes, une coordination avec les forces armées libanaises.

La coopération avec les autorités libanaises notamment judiciaire et militaire est satisfaisante. L’enquête se déroule ainsi avec l’expertise internationale pour le port de Beyrouth et l’aide humanitaire est principalement distribuée avec l’armée libanaise.

La mobilisation internationale a atteint, rappelle-t-il, 250 millions d’euros, allusion à la somme recueillie lors de la conférence d’aide internationale qu’il a organisé pour financer immédiatement les opérations de secours et d’urgence suite à l’explosion.

Il s’agira également de souligner le besoin de soutenir le Liban devant l’assemblée générale de l’ONU, et d’instaurer un cadre défini de transparence et de partenariat avec la société civile, souligne Emmanuel Macron avant de relever des lacunes, selon ce que lui auraient révélées les ONG présentes sur le terrain, avec des aides qui ne passeraient pas par l’ONU et des rumeurs selon lesquelles elles pourraient être détournées.

Quatre priorités ont été définies, avec la santé principalement et les conséquences de l’explosion du port de Beyrouth ainsi qu’une pandémie liée au COVID-19 qui s’accélère.

7 millions d’euros seront ainsi attribués ainsi à l’hôpital universitaire Rafic Hariri où sont traités la majorité des cas.

Une priorité alimentaire est également établie pour répondre aux besoins immédiats et construire des projets en partenariat pour soutenir aussi le secteur alimentaire local.

L’éducation avec des enfants et des étudiants qui lui ont indiqué ne pas “connaitre la rentrée”.

7 millions d’euros sont accordés aux établissements scolaires touchés par l’explosion et 20 000 manuels seront apportés notamment pour les classes terminale. Un dispositif de bourse spécifique sera mis en place pour les étudiants libanais, qui, rappelons-le, ne peuvent souvent financer les scolarités en raison du contrôle des capitaux informel mis en place par les banques libanaises.

Sur la reconstruction, la reconstruction du port de Beyrouth doit être dans l’intérêt du peuple libanais et de lui seul, souligne le président de la république, allusion à la plateforme de différents trafics impliquant la majorité des partis politiques au niveau de cette infrastructure.

Il y a également des infrastructures à reconstruire et des foyers à réparer.

Une réforme essentielle concernant le port de Beyrouth s’ajoute désormais aux réformes de l’électricité, des appels d’offres et à l’audit des comptes de la banque centrale .

Le patrimoine libanais n’est pas oublié avec une expertise française qui sera apportée pour restaurer celui-ci, fortement endommagé par l’explosion du 4 août.

Une deuxième phase débutera ensuite avec une reconquête économique et sociale. Un agenda a été mis en place avec, mi-octobre, une conférence d’aide internationale à plus haut niveau qui sera organisée par la France avec pour stratégie un relèvement précoce de l’économie libanaise, note Emmanuel Macron.

Un agenda politique et des réformes est mis en place, aucune caution, aucun chèque en blanc, répète-t-il, ne sera accordé. Il s’agit d’acter des résultats et accompagner vers un avenir.

Un engagement des partis politique pour un gouvernement de mission et pour mettre en oeuvre les réformes

Concernant le nouveau gouvernement, le président de la république française a reçu l’assurance que celui-ci sera un gouvernement de mission avec des personnalités compétentes et indépendantes.

Il aurait ainsi reçu l’assurance à ce sujet notamment du président de la république le général Michel Aoun et du président de la chambre Nabih Berri.

Par ailleurs, toutes les formations politiques se sont engagées devant le Président de la République Française à former le nouveau cabinet dans les 15 jours au lieu de cinq à 11 mois précédemment. Une feuille de route a également été actée par toutes les forces politiques ainsi que par les dirigeants libanais

Celle-ci porte sur la reconstruction, sur l’électricité, l’instauration d’un contrôle des capitaux formel, la lutte contre la construction et la contrebande, mais également un audit des comptes de la banque centrale.

Il y a eu un accord de tous, répète le chef de l’État, pour une modalité de mise en œuvre.

Il s’agit également d’un engagement de toutes les forces politiques à préserver le Liban des jeux internationaux

Concernant la conférence d’aide au Liban qui aura lieu mi octobre, une invitation sera adressée à l’ensemble des forces politiques, allusion également au Hezbollah.

Si d’ici 1 mois, les premières réformes ne sont pas mis en place, cela sera un malentendu mais aucune aide ne sera adressée au Liban.

Abordant l’objet même de sa venue au Liban qui était prévu depuis longtemps et qui était la proclamation de l’État du Grand Liban, le chef de l’État a souligné la dignité de Tamara, une jeune libanaise qui a perdu sa mère lors de l’explosion du port de Beyrouth et qu’il a tenu à serrer dans ses bras à l’issue de la cérémonie de Jaj.

Ce centenaire est une nécessité pour cette jeunesse, souligne le chef de l’État avant de reprendre des extraits du discours d’Henri Eugène Gouraud.

“je ne vous lâcherai pas”, conclu le discours du Président de la République Française, Emmanuel Macron.


Les Sanctions économiques évoquées mais pas à l’ordre du jour

Répondant aux questions des journalistes portant notamment sur les sanctions économiques, le chef de l’État français a estimé devoir faire confiance à la classe politique.

“Si les hommes politiques ne sont pas au rendez-vous, soit cela n’a été passé et donc il n’y a pas d’aide”, souligne le chef de l’état, restant ferme à ce sujet, avant de poursuivre indiquant qu’il s’agit enfin de compte d’un contrat. Il s’agira de comprendre ce qui s’est passé et d’attribuer les responsabilités politiques.

Si il y a corruption ou encore des choix illégaux, les sanctions seront adoptées mais cela n’est pas la dynamique actuelle, note Emmanuel Macron. Cela peut cependant venir de manière ciblée.

Un consensus des partis politiques pour accorder plus de marge de manoeuvre au nouveau premier ministre

Concernant les marges de manœuvre dont dispose le nouveau gouvernement, le chef de l’État a souligné qu’il n’existe pas de consensus entre les parties politiques pour organiser de nouvelles élections législatives par contre il existe un consensus sur les réformes à mener.

Sur le plan politique, le nouveau gouvernement bénéficie d’un soutien plus large que l’ancien, note Emmanuel Macron. Le parcours du nouveau premier ministre est un gage de professionnalisme et ce dernier est lucide notamment avec sa visite au quartier dévasté de Gemmayzeh. Selon son entretien avec Mustapha Adib, celui-ci estime ne pas être un messie, reconnaissant par ailleurs ne pas disposer de la confiance d’une partie de la population, puisque mis en place par une classe politique qui n’en a pas la confiance.

Côté positif, il y a eu un accord explicite de l’ensemble des forces politiques à former un gouvernement rapidement. Le premier ministre devra proposer une équipe cohérente et compétente et non les partis politiques qui devront simplement donner leur accord.

Enfin, la déclaration gouvernementale permettra de rendre le gouvernement fonctionnel. Il y a là des éléments inédits dans l’Histoire du Liban, ce qui amène Emmanuel Macron à se montrer optimiste pour la mise en place des réformes nécessaires.

Discuter avec le Hezbollah jugé nécessaire pour que les réformes puissent être menées

Concernant le Hezbollah , le chef de l’État a souligné qu’il s’agit d’être dans l’action utile et qu’il existe une dualité au sein du Hezbollah entre force politique et force militaire. Il a également jugé que s’il convenait de condamner le terrorisme, il le ferait.

Cependant, Emmanuel Macron s’est décrit comme un pragmatique: Si on continue dans une logique d’épreuve de force, le Hezbollah ne peut que se renforcer face aux autres forces politiques, souligne le chef de l’état avant de poursuivre reconnaissant que celui-ci dispose d’une clientèle.

Egalement, le Liban fait face à certaines échéances. Il faut éviter les mots qui bloquent les réformes face à la situation grave dans laquelle se trouve le Pays des Cèdres, juge le chef de l’état.

Publiée par Élysée – Présidence de la République française sur Mardi 1 septembre 2020

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, veuillez nous en informer en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée . Cette fonctionnalité marche uniquement sur un ordinateur.

Cet article est disponible en Français