3 minutes à lire

La ministre de la Justice Marie-Claude Najm (désignée à ce poste par le CPL ou Courant patriotique libre), invitée le 10 novembre 2020 dans le programme « Sawt el-Nass » (la voix du Peuple) de Mario Abboud à l’antenne de « Sawt Beyrouth International », a accusé nommément la Commission parlementaire des Finances et du Budget, le président de celle-ci Ibrahim Kanaan (député CPL) de faire obstruction au « forensic audit » (audit juri-comptable) de la BDL –condition du Fonds monétaire international (FMI), demande du Président de la République Michel Aoun et revendication des manifestants –, après avoir bloqué le plan du gouvernement – et donc les crédits et autres financements du FMI ainsi que ceux promis lors de la Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises (CEDRE) – en niant les pertes de la Banque Centrale.

Notons que le ministre des Finances Ghazi Wazni (relevant du Président du Parlement Nabih Berri chef du mouvement Amal), le conseiller de Nabih Berri et ancien ministre des Finances Ali Hassan Khalil (député Amal), le vice-président du Parlement Elie Ferzli et le gouverneur de la Banque du Liban (BDL) Riad Salamé ont également été accusés nommément par la ministre. 

Ibrahim Kanaan a rejeté les propos de la Garde des Sceaux mais a été désavoué par le chef de son parti Gebran Bassil. 

En effet, le 15 novembre 2020, Gebran Bassil a affirmé que le forensic audit de la BDL est « un devoir national et une priorité absolue et il ouvre la voie à celui des dépenses publiques » et a appelé tous les acteurs à assurer qu’il ait lieu dans les meilleures conditions possibles.

Le forensic audit permettra « de révéler les écarts financiers et les délits et de découvrir ce qu’il est advenu des fonds pillés et transférés à l’étranger ». Le chef du CPL est même allé plus loin en appelant le gouvernement à « imposer le forensic audit à la force des lois existantes », le Parlement (et donc la Commission parlementaire des Finances et du Budget présidée par Ibrahim Kanaan) à « soutenir » le gouvernement et la BDL à « répondre immédiatement » aux demandes d’Alvarez & Marsal, le cabinet qui est chargé de cet audit mariant droit et comptabilité, et cela, « afin de respecter les droits des gens ». Enfin, le chef du CPL a assuré que son parti est « uni et décidé » sur ce dossier. 

Dans un souci de ménager le député de son parti, Gébran Bassil a assuré que toute discussion concernant la loi sur le secret bancaire (modification de la loi existante ou rédaction d’une nouvelle loi) « s’inscrit dans la perspective que le forensic audit doit être mené à bien et non pas entravé ». 

Gebran Bassil subit des sanctions de la part des États-Unis qui l’accusent de corruption et lui reprochent l’alliance de son parti avec le Hezbollah. Au sein du CPL, Ibrahim Kanaan mais aussi Alain Aoun et Simon Abi Ramia constitueraient un clan en désaccord avec Gebran Bassil. 

Si vous avez trouvé une coquille ou une typo, veuillez nous en informer en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée . Cette fonctionnalité est disponible uniquement sur un ordinateur.