Source: Wokandapix, Pixabay
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Chacun va de ses petits conseils sur les réseaux sociaux concernant le choix des candidats pour les élections législatives qui sont prévues pour le 6 mai prochain au Liban. Cela est une expression démocratique et cela permet un débat publique. Il reste cependant que ces conseils et consignes de votes concernent essentiellement des personnes et non des programmes et il convient de rappeler que lors d’élections, on choisi à la fois des programmes politiques et socio-économiques et des personnes capable de les mener.

Quelques points sur lesquels il s’agit donc de revenir puisqu’il s’agit de bien choisir au regard des pratiques législatives qu’on a eu jusqu’à présent comme les prolongations indéfinies d’un mandat d’un Parlement ayant pourtant expiré.

Il est important de définir des critères de choix:

Il faut des experts en beaucoup de domaines mais principalement en économie

Le Liban n’a plus le luxe d’atteindre des réformes économiques, la mise en place d’une politique socio-économique en regard d’une part à des taux d’endettements élevés – 150% du PIB – et au regard des taux de chômage. Les personnes élues devront faire des choix difficiles pour rétablir la compétitivité de notre économie. Les électeurs devront comprendre ces choix qui risquent de les concerner dans leur vie quotidienne. Il s’agit de la première priorité

Il nous font des législateurs, des arbitres et non des ministres

Il faut des législateurs et non des personnes qui cumuleront des mandats de députés et des postes ministériels. Il est impératif que le député juge de l’action du gouvernement et qu’il soit arbitre de cette action et non juge, arbitre et partie prenante des actions du cabinet qui sera amené à siéger.

Il nous faut des programmes nationaux

Il est nécessaire de choisir des personnes qui présentent des programmes nationaux et non locaux. Un député est un mandat national et non local pour lesquels Il ne dispose pas des moyens nécessaires. On ne va pas lui donner à faire des routes ou des choses telles que celles-là.

Il nous faut des réformateurs

l est nécessaire que les députés de la prochaine législature abordent les réformes constitutionnelles pour établir un état de droit. Parmi les réformes cruciales, la fin du confessionnalisme politique au sein de la chambre. Peut-être qu’une des solutions est la création du fameux sénat tel que stipulé par les accords de Taëf et beaucoup sont ceux qui savent que ces accords qui ont amené à une aberration fonctionnelle de l’état et à des blocages. Il faudra justement également penser à instaurer des barrières à ces blocages.

Par conséquent, il est inacceptable de devoir attendre parfois une année pour avoir un gouvernement ou pour élire un président de la république pour gérer les affaires d’un pays. Cela est l’une des principales causes de l’affaiblissement de l’état de droit au Liban et de la paralysie des institutions. Cette réforme est cruciale.

La Constitution Libanaise, les Accords de Taëf ne sont pas choses gravées définitivement dans la pierre mais voient pouvoir être amendés pour permettre un meilleur fonctionnement de nos institutions et ainsi permettre justement aussi et également la fourniture des besoins les plus basiques à la population, c’est à dire le droit à la santé alors qu’on est confronté à la pollution des ordures ou des eaux usées, le droit à l’électricité ou à l’eau, le droit au travail, alors que beaucoup de libanais sont dans l’obligation de s’exiler. Les scènes de négociation et de crises multiples entre hommes politiques au sujet de nos vies quotidiennes était inacceptable. On se sentait comme des marchandises sur une place de marché publique.

Le travail d’un député est celui-là précisément.

Des réponses certainement pas dans la classe politique actuelle mais dans les outsiders

Pour l’heure, les seules personnes que j’ai vu proposer de telles projets d’avenir au Liban ne sont pas ceux qui l’ont gouverné jusqu’à présent. Bien au contraire, ce sont ceux qui l’ont jusqu’à présent mal géré.

Pour ces élections, un fait nouveau, non pas les indépendants qu’on a vu jusqu’à présent au côté des partis politiques traditionnels, mais des indépendants issus de la société civile qui ont chois pour une fois de prendre le risque de se présenter.

Je me porte donc en observateur vis-à-vis des personnes candidates de la société civile comme Charbel Nahhas dont la probité à la tête du Ministère des Télécoms a été exemplaire quitte à s’être opposé à ceux qui l’ont pourtant nommés. Une autre personne comme Ziad Baroud au ministère de l’intérieur a fait un travail extraordinaire et le législateur qu’il est, est un profil intéressant pour l’agenda de la réforme constitutionnelle.
D’autres personnes de ces mouvements dits de la société civile ne sont que des sous-marins politiques à des partis. Il s’agit de les éliminer.

Enfin parmi les prochains projets à l’agenda de la législature qui sera élue est la relance de l’économie libanaise dans le cadre du Plan CEDRE et certains se frottent déjà les mains à la vue des « commissions » qu’ils pourraient récolter. Ces personnes doivent être écartées. Il s’agira d’une part pour le prochain parlement d’adopter des lois acceptant ces emprunts et de l’autre côté de surveiller à ce que ces projets ne terminent pas en détournement des fonds publics. Il s’agira d’une part d’avoir des personnes vigilantes et d’autre part d’avoir des personnes capables de comprendre notre économie et de savoir dire non à des personnes plus puissantes qu’elles soient « locales » ou « internationales ».

La place de député, ce n’est pas de faire servir les autres mais d’être au service des autres.

La place de député c’est en fin de compte une noblesse, la politique est noble. C’est malheureusement le fait qu’on ait laissé une mafia se développer au sein de nos administrations publiques et politiques qui nous a éloigné de cette vision qui pourtant devrait être la bonne.

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