La guerre commerciale de Trump, avec son corollaire, à savoir la politique de sanctions intempestives, pourrait représenter une opportunité considérable pour les pays la région du Proche et Moyen-Orient.

D’une politique défensive… à un projet global de développement

La Turquie, la Syrie, l’Irak, l’Iran, le Pakistan, pris chacun isolément, sont faibles face aux pressions américaines. Ils sont loin d’être négligeables s’ils réussissent à développer une coopération pour faire face ensemble, de façon positive et offensive, aux sanctions et pressions du Président américain.
L’expérience de l’Iran dans le domaine de la gestion des sanctions, les liens privilégiés tissés avec l’Inde, la Chine et surtout la Russie pourraient contribuer pour beaucoup dans cette perspective.
De plus, ces derniers estimeraient d’autant plus attrayant et profitable le soutien à ces pays qui rassembleraient alors une entité de quelques quatre cents millions d’habitants et qui seraient un pôle d’attraction significatif pour les autres pays de la région.
Non seulement ils pourraient bannir le dollar de leurs échanges commerciaux réciproques, développer ces derniers par une politique douanière progressive et pragmatique, procéder à la construction d’infrastructures routières, ferroviaires et portuaires performantes propres à faciliter les échanges commerciaux comme à développer l’emploi, mettre en place un espace de télécommunications partagé, une coopération scientifique et technologique…
Il ne s’agirait donc pas d’une simple recherche, au coup par coup, pour répondre défensivement aux sanctions et pressions américaines, mais bien d’une volonté de construire une réponse qui serait une ambition globale et un projet de coopération orienté vers les besoins de leurs populations et leur permettrait de se soustraire enfin à la domination américaine.

Une profondeur féconde et stratégique

S’adosser dans ce projet à la Russie, la Chine et l’Inde, serait renouer avec une histoire riche et féconde, malgré les vicissitudes des siècles et de conflits réels. Pour autant, il faut rappeler que la civilisation musulmane s’est enrichie de cette coopération et en a connu son apothéose.
Au contraire de ces pays, les liens avec l’Europe, notamment l’Espagne, la France et l’Angleterre ont été fondés et structurés à travers un double relation unilatérale : transmission du savoir des pays musulmans d’une part, colonisation et pillage systématique de leurs propriétés intellectuelles en retour. Toutes les connaissances, tous les savoir-faire, toutes les techniques ont été européanisés dans leur forme et présentés comme des découvertes européennes dans leur fond. Les deux noms qui sont restés officiellement et présentés au grand public ont été, malgré tout, européanisés : Avicenne et Averroès.
L’apport des pays musulmans a été réduit à la redécouverte et à la retransmission des auteurs grecs, accompagné d’une reconnaissance globale concernant des connaissances en mathématiques, astronomie et médecine.
Il faut aller chercher dans les livres enfouis dans les coins obscurs des bibliothèques, faire un travail d’investigation des plus arides et fastidieux pour découvrir des bribes de ces apports.
Ils ont quasiment tous été « brevetés » au nom de chercheurs des 17, 18 et début 19ème siècles plus particulièrement.

Une justice fondée sur la proximité d’intérêt et de parenté

C’est dire que si une coopération peut et doit continuer avec l’Europe et les USA, si possible, la profondeur stratégique de cette région se trouve en Asie et jusqu’en Russie. Une profondeur stratégique à tous les niveaux : économique, scientifique et technologique, culturelle et universitaire, et pas seulement politique et militaire.
Il appartient aussi à l’Europe de se libérer d’une alliance soumise aux USA et à l’État d’Israël au détriment du respect du droit international et du respect même de la justice dans ce qu’elle a de plus élémentaire.

Se soumettre à ce type d’alliance et détourner honteusement la tête équivaudrait, sur le plan national, à se plier à la décision d’un juge qui statuerait en fonction de sa proximité avec l’une des parties. C’est ce qui se passe sur le plan international avec l’Europe, les USA et l’État d’Israël, c’est ce qui finira par de passer au sein de ces entités elles-mêmes, contre leurs propres peuples, si l’on continue dans cette dynamique infernale.

Scandre Hachem

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