Le procureur de la république Ghassan Oueidat a déféré au procureur financier Ali Ibrahim le dossier Mecattaf. Il s’agira notamment de déterminer si cette entreprise avait “freint les règlements qui régissent le travail des compagnies de transport d’argent, en particulier le décret 10726, qui est lié à la modification du décret principal no. 8024 (11/1/2002), indique l’Agence Nationale d’Information.

Par ailleurs, le haut conseil judiciaire a décidé de convoquer la juge Ghada Aoun ce mardi pour l’entendre.

Cette décision intervient alors qu’une réunion du Conseil supérieur de la magistrature a eu lieu ce lundi et devrait faire une déclaration qui clarifie pleinement la position du Conseil sur les actions du procureur de l’État du Mont-Liban concernant la juge. 

Celle-ci en dépit d’avoir été dessaisie du dossier à la demande du procureur Ghassan Oweidat, également proche du premier ministre désigné Saad Hariri comme le gouverneur de la Banque du Liban, a perquisitionné à 2 reprises la semaine dernière, le bureau de Michel Mecattaf dans la localité de Awkar.

Pour sa part, Michel Mecattaf indique être prêt à fournir tous les documents demandés et a appelé l’armée et les forces de sécurité à intervenir afin de protéger ses bureaux. Il a également rappelé son appartenance au 14 Mars et estimé que les accusations à son encontre sont politiques. 

Une enquête débutée en mai 2020 suite à des manipulations du cours de la livre libanaise

Pour rappel, le directeur des opérations monétaires de la Banque du Liban Mazen Hamdan avait été arrêté en mai 2020 par les autorités judiciaires en compagnie de responsables du syndicat des agents de change qui avaient alors accusés le gouverneur de la Banque du Liban de complicité. Mazen Hamdan était alors accusé d’avoir mené des opérations pour le compte de la BDL retirant des dollars du marché au lieu d’en injecter pour tenter de faire baisser la pression sur la Livre Libanaise. Egalement, la directrice de la commission de contrôle bancaire, Maya Dabbagh a été mise en examen pour des motifs similaires dans ce même dossier. 

La magistrate avait déjà demandé, à plusieurs reprises depuis, d’entendre le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé lui-même dans le cadre de cette affaire, ce qu’il refuse. 

Le gouverneur de la BdL en appelle au procureur de la république face aux menaces judiciaires

Cette information intervient alors que le gouverneur de la banque du Liban Riad Salamé aurait informé, le 7 avril 2021, le procureur de la république, le juge Ghassan Oweidat, de la clôture des comptes de la Banque du Liban auprès de banques correspondantes étrangères, indiquait alors le journal Al Akhbar. Cette lettre a été transféré par le magistrat au Président de la République, le général Michel Aoun, au premier ministre sortant Hassan Diab et aux ministres sortants des finances Ghazi Wazni et de la Justice Marie Claude Najm. 

Selon le gouverneur de la Banque du Liban, ces décisions seraient motivées par l’état de défaut de paiement, les campagnes politiques visant la Banque du Liban et par “le Tollé judiciaire”, allusion aux accusations de détournement de fonds et de corruption visant Riad Salamé lui-même. 

Le quotidien libanais estime, dans son article, que le gouverneur de la banque du Liban tenterait ainsi d’échapper aux investigations de différents pays le visant, notamment après la publication d’information d’un groupe en Grande Bretagne l’accusant de corruption et de détournement de fonds avec la complicité de son frère Raja et de son bras-droit Marianne Hoayek ou encore à sa responsabilité dans la crise actuelle, en rappelant notamment qu’il est à l’origine de la politique monétaire suivie depuis des années.

Une affaire qui prend une tournure politique 

Le gouverneur de la Banque du Liban, considéré comme un proche de la famille Hariri puisque arrivé à la tête de la Banque Centrale en même temps que l’accession au poste de premier ministre de Rafic Hariri, père de Saad Hariri, en 1993, est très largement critiqué pour les opérations d’ingénierie financière conduites ces dernières années et qui auraient aggravé la crise financière actuelle. Il est également accusé par la justice suisse pour détournement de fonds publics. Celle-ci a d’ailleurs annoncé le gel de ses avoirs.

Pour rappel, la juge Ghada Aoun – considérée comme proche du Courant Patriotique Libre – enquêterait sur plusieurs dossiers sensibles mettant en cause un ancien premier ministre Nagib Mikati, des anciens ministres ou encore le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, également un proche de Saad Hariri.

Le procureur de la république avait déjà par le passé demandé au Conseil suprême de la magistrature a demandé des mesures disciplinaires suite à la mise en examen de l’ancien premier ministre Nagib Mikati à l’encontre à de la magistrate.

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