Source Photo: la page Facebook de YouStink, طلعت ريحتكم
Les manifestations au centre ville de la capitale libanaise, source Photo: la page Facebook de YouStink, طلعت ريحتكم

Au 5ème jour des manifestations qui ont débuté ce samedi, la mobilisation ne faiblit pas alors que d’autres revendications se font désormais entendre que celles plus basiques du ramassage des ordures, se font désormais entendre. La société civile réclame désormais des réformes en profondeur de l’Etat.

Capture d’écran de Facebook
Capture d’écran de Facebook

Alors que le gouvernement libanais a annoncé hier l’annulation des résultats de l’appel d’offre qui s’est clôturé ce lundi, suite aux prix excessifs des entreprises candidates au ramassage des ordures des 6 régions libanaises, provoquant au passage un tollé à la fois dans les milieux politiques et sociaux, cette décision est vécue par la société civile présente dans les rues du centre-ville comme une véritable victoire, amenant certains à s’interroger sur la possibilité d’une #RevolutionDesOrdures (voir la tribune libre publiée sur notre site).

Le Conseil des Ministres – marqué par une crise politique et le retrait des ministres du CPL, du Tashnak, du mouvement Marada et du Hezbollah – qui s’était exceptionnellement réuni ce mardi pour discuter des résultats de l’appel d’offre, avait annulé les procédures en cours, en raison des prix demandés et considérés comme excessifs par les entreprises participantes (voir le lien).

Le Mouvement YouStink, qui avait annulé les protestations initialement prévues ce lundi, a indiqué qu’une nouvelle protestation aura lieu ce samedi en dépit des incidents désormais devenus quotidiens à proximité immédiate du Grand Sérail, siège du gouvernement libanais. Une autre manifestation du Mouvement WeWantAccountability entamera elle, une manifestation aujourd’hui à partir de 18 heures.

Les entreprises gagnantes dénoncent l’annulation de l’Appel d’Offre par le Cabinet Gouvernemental

2 responsables des entreprises candidates ont dénoncé l’annulation de l’appel d’offre ce mardi, accusant le gouvernement de vouloir favoriser la reprise de l’activité du ramassage des déchets par Sukleen. Ces derniers ont également accusé le ministre de l’environnement Mohammed Machnouk d’avoir menti au sujet des prix proposés et de les avoir augmenté afin de permettre à l’entreprise Sukleen de paraitre compétitive.

La solution gouvernementale rejetée aussi bien au Akkar qu’à Naameh

Sous le slogan « Le Akkar n’est pas une décharge », les mouvements civils locaux dénoncent le projet de création par les autorités gouvernementales d’une décharge provisoire dans cette région du Nord Liban, et annoncent la tenue de prochaines manifestations. Ils dénoncent également le versement – vécu comme une véritable tentative de corruption des habitants – de la somme de 100 millions de dollars à cette région considérée comme déshéritée, estimant la qu’il s’agit d’un droit et non d’une récompense pour accepter l’ouverture d’une déchetterie.

A Naameh également dont la fermeture, le 17 juillet dernier, de la décharge a été à l’origine de l’accumulation des ordures des régions du Mont Liban et de la Capitale Beyrouth, les habitants redoutent la réouverture évoquée par le Ministre de l’Environnement Mohammed Machnouk en attendant la mise en place d’une solution permanente, de la cette dernière et menacent de mettre le feu à toute benne à ordure pénétrant dans la zone de dépôt. Ils réclament également l’adoption par le Conseil des Ministres, d’un décret déclarant la fermeture permanente de la déchetterie.

Les conducteurs de Sukleen en grève

Les conducteurs libanais de l’entreprise Sukleen en charge jusqu’en juillet dernier du ramassage des ordures ont entamé ce mercredi une grève ouverte provoquant une nouvelle accumulation des déchets dans les régions du Mont Liban et de la capitale libanaise. Manifestant devant le siège de la compagnie située dans le quartier de la Quarantaine, à l’entrée Est de la capitale libanaise, ils réclament aux autorités de connaitre le sort qui leur ait réservé.

Après #YouStink, #WeWantAccountability se joint au mouvement

Le mouvement “We Want Accountability” (Nous demandons des Comptes) s’est joint au Mouvement #Youstink, demandant une transparence accrue et une lutte contre la corruption au sein des administrations publiques, avec une manifestation prévue ce mercredi à 18 heures, cela afin de redonner les droits fondamentaux à la population libanaise. WeWantAccountability a également exigé la démission du gouvernement du Premier Ministre Tamam Salam dans un communiqué publié aujourd’hui

« Les autorités craignent les personnes qui réclament leurs droits », a indiqué, ce mercredi depuis la place Riad el Solh, épicentre des manifestations, le porte-parole de ce mouvement qui dénonce également les violences dont on été sujet les manifestants, estimant par ailleurs que la guerre n’est pas avec la police mais avec « le régime ».  Ce mouvement a appelé à la libération immédiate des manifestants encore détenus.

Les collectifs civils dénoncent le maintien en détention de manifestants

Capture d’écran de Facebook
Capture d’écran de Facebook

Alors que le mouvement “We Want Accountability” dénonce le maintien en détention de 60 personnes, les forces de sécurité libanaises ont indiqué que 48 individus ont été arrêté dont seulement 18 personnes sont toujours en détention. Le collection “We Want Accountability” indique également être sans nouvelle de 4 personnes désormais portées disparues depuis les manifestations de ce mardi.

Selon les informations disponibles à cette heure, les activistes notent que les voitures des personnes disparues sont toujours au Centre-Ville de Beyrouth alors que leurs téléphones mobiles sont éteints. Des membres de cette même organisation ayant préparé les manifestations des derniers jours font état de violences politiques et de mise en détention arbitraire.

Plusieurs proches des personnes arrêtées et emmenées aux commissariats des quartiers de Sodeco, Mar Elias, Corniche al-Nahar, Hamra, Verdun et de Bachoura, ont fait part de l’interdiction faite par les FSI aux détenus de consulter leurs avocats. Ils ont indiqué que les suspects des violences subissent également des examens sur fond de suspicions d’utilisation de drogues. Les personnes depuis libérées ont indiqué avoir payé une caution de 50 000 Livres Libanaises à l’issue d’un examen de prise de drogue négatif.

Pour rappel, le juge militaire Dani al Zaani a débuté l’enquête ouverte suite aux violences ayant visé manifestants et forces de sécurité au centre ville de Beyrouth ces 5 derniers jours avec l’interrogatoire de plusieurs membres des forces de l’ordre et le témoignage de manifestants présents. Certaines sources médiatiques que l’enquête viserait notamment 7 personnes impliquées dans les incidents au cours desquels plus de 100 membres des forces de l’ordre et un nombre équivalent de civils auraient été blessés. Dans un communiqué publié par les FSI, on indique que les Forces de Sécurité ont été aspergées avec de l’essence lors des manifestations de ce mardi, entrainant l’entrée en action des forces anti-émeutes au cours desquelles plusieurs personnes ont été arrêtées.

Les Emirats Arabes Unis et la France appellent leurs ressortissants à la prudence.

Capture d’écran du SMS envoyé par le Consulat de France à Beyrouth appelant à la prudence suite aux manifestations qui ont actuellement lieu à Beyrouth.

Après Bahrein qui avait appelé ses ressortissants à quitter le Liban et le Koweit qui demandait à ses compatriotes d’éviter les déplacements non-nécessaires voir même à préparer leur départ si nécessaire, les Emirats Arabes Unis ont demandé à leurs ressortissants d’éviter de se rendre au pays des Cèdres. La France appelle ses compatriotes également à la prudence dans un message envoyé par SMS.