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Revue de presse du 17/09/25: Gaza en proie à une opération terrestre de grande envergure

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La majorité des journaux libanais ont mis en une, ce 17 septembre 2025, l’escalade militaire majeure déclenchée par l’armée israélienne contre la bande de Gaza. Selon Al Akhbar (17 septembre 2025), l’armée israélienne a débuté un « véritable assaut terrestre », dans ce que le journal qualifie d’ »opération d’extermination », menée sous le regard complice des États-Unis. Le quotidien précise que l’offensive vise particulièrement le centre de la ville, et que l’objectif annoncé est d’écraser les capacités militaires de la résistance palestinienne, en l’occurrence les brigades d’al-Qassam.

De son côté, Al 3arabi Al Jadid (17 septembre 2025) fait état de plus de 100 morts dans les premières 24 heures suivant l’intensification de l’offensive, majoritairement des civils. Le journal rapporte également que les bombardements ont visé des infrastructures essentielles, forçant plus d’un million de Palestiniens à fuir vers le sud de l’enclave côtière. Le ministre de la Santé du gouvernement de Gaza évoque une situation sanitaire « au bord de l’effondrement », avec des hôpitaux surchargés, des pénuries de médicaments, et des coupures électriques quasi-totales.

Al Liwa’ (17 septembre 2025) met en avant les propos du président américain Donald Trump, qui a réaffirmé le « soutien inébranlable » de Washington à Tel-Aviv. Il aurait déclaré que « toute prise d’otage par le Hamas serait considérée comme un casus belli, justifiant une riposte sans précédent ». Ce positionnement renforce l’impression d’un feu vert américain à l’opération israélienne, malgré les appels internationaux à la retenue.

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Réactions diplomatiques : entre prudence arabe et soutien occidental

Al Joumhouriyat (17 septembre 2025) indique que la diplomatie qatarie tente d’agir en médiateur, en relayant des messages indirects entre le Hamas et les autorités israéliennes. Toutefois, comme le souligne Al Akhbar (17 septembre 2025), les conditions posées par Israël pour un éventuel cessez-le-feu restent « irréalistes » et « incompatibles avec les revendications palestiniennes », notamment en matière de levée du blocus et de libération des prisonniers.

Le même journal rapporte que Doha aurait transmis à Tel-Aviv un message diplomatique clair indiquant que « toute extension de l’opération au sud de Gaza ou à d’autres fronts, comme le Liban, pourrait provoquer une conflagration régionale ». Al 3arabi Al Jadid (17 septembre 2025) mentionne également la tenue d’une réunion d’urgence de la Ligue arabe prévue pour le 19 septembre au Caire, avec une participation confirmée des ministres des Affaires étrangères de 17 pays arabes.

Néanmoins, les prises de positions fermes se font rares. Al Nahar (17 septembre 2025) pointe l’ »absence de leadership arabe structurant », en notant que ni Le Caire, ni Riyad n’ont proposé de plan alternatif ou de médiation concrète. Le quotidien évoque une « paralysie diplomatique arabe face à la surenchère militaire israélienne ».

Crise humanitaire : Gaza à genoux

La détérioration rapide de la situation humanitaire est soulignée dans plusieurs titres. Al Sharq (17 septembre 2025) cite un rapport de l’UNRWA indiquant que plus de 60 % des installations éducatives et médicales à Gaza sont désormais « hors d’usage ou dangereusement inaccessibles ». Le journal ajoute que l’organisation appelle à un « cessez-le-feu immédiat pour éviter un génocide silencieux ».

Selon Al 3arabi Al Jadid (17 septembre 2025), des dizaines de milliers de familles vivent désormais dans des camps de fortune érigés dans des stades, des écoles partiellement détruites ou même à l’air libre. Le journal parle d’un « retour aux années 1948 », avec une analogie explicite entre la Nakba et l’exode actuel. Une analyse publiée en une mentionne que « l’absence de réaction internationale crédible entérine une normalisation de la violence israélienne contre les Palestiniens ».

Al Akhbar (17 septembre 2025) va plus loin en évoquant un « plan systémique de dépeuplement », accusant l’État hébreu d’utiliser l’arme humanitaire pour pousser les Gazaouis vers l’Égypte, via le poste-frontière de Rafah. Cette hypothèse est renforcée par le maintien de ce point de passage dans un état de quasi-fermeture, avec des autorisations limitées accordées au compte-gouttes pour les blessés.

Risques d’embrasement régional

La question de la possible extension du conflit reste omniprésente dans les analyses de la presse libanaise. Al Bina’ (17 septembre 2025) consacre une large part de sa couverture à l’analyse des scénarios d’embrasement régional. Le journal mentionne un renforcement du dispositif militaire israélien le long de la frontière nord, au niveau du Golan et du sud-Liban, et la mise en alerte de plusieurs brigades. Il cite aussi des sources militaires israéliennes anonymes selon lesquelles « toute provocation du Hezbollah entraînerait une riposte immédiate ».

Le même quotidien note toutefois que Naim Kassem, secrétaire général du Hezbollah, a limité ses propos à des déclarations de soutien symbolique, tout en assurant que « la résistance est prête à toute éventualité ». Cette posture prudente est interprétée comme une volonté de ne pas ouvrir un second front immédiatement, tout en maintenant une pression stratégique.

Al Joumhouriyat (17 septembre 2025) confirme cette analyse en rappelant que les milices pro-iraniennes en Syrie n’ont pas encore bougé, mais que plusieurs cargaisons d’armements auraient été interceptées ces derniers jours entre l’Irak et la Syrie. Le journal affirme que « les conditions d’un élargissement du conflit sont réunies », bien que tous les acteurs cherchent, pour l’instant, à éviter un affrontement total.

Gaza, catalyseur de tensions régionales et enjeu diplomatique majeur

La presse libanaise insiste également sur la charge symbolique de l’offensive israélienne en cours, en lien avec l’histoire du conflit et les mécanismes d’impunité internationaux. Al Bina’ (17 septembre 2025) revient sur les commémorations des massacres de Sabra et Chatila, 43 ans jour pour jour avant le début du nouvel assaut. Le journal souligne un « parallèle glaçant entre les méthodes de terreur appliquées à Beyrouth en 1982 et celles utilisées aujourd’hui à Gaza ». L’éditorial signé par Nasser Qandil évoque une « stratégie israélienne historique de l’épuration urbaine par la destruction méthodique », soulignant que « ce ne sont pas des bavures, mais un plan structuré de déshumanisation ».

Cette lecture est renforcée par Al Quds (17 septembre 2025), qui cite en une la présidente de la Commission d’enquête internationale de l’ONU, Navi Pillay : « Nous assistons en temps réel à la mise en œuvre d’une politique d’extermination, avec la complicité passive de la communauté internationale ». Le journal fait état de rapports détaillant quatre formes d’extermination à Gaza : meurtres massifs, privations de ressources vitales, destruction de l’habitat et politique de stérilisation sociale. L’article insiste sur le fait que ces actes pourraient « engager la responsabilité directe de plusieurs responsables israéliens pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité ».

Les conséquences diplomatiques de cette situation sont abordées en profondeur dans Al Joumhouriyat (17 septembre 2025), qui suit la participation du président libanais Joseph Aoun au sommet d’urgence de Doha. Le journal souligne que ce sommet, bien que « non contraignant », a permis à Beyrouth de « mettre en avant la singularité de sa position ». Une source diplomatique citée affirme que « le président Aoun a insisté sur la nécessité de dissocier le front libanais du front gazéen », tout en rappelant que « la résistance au Sud reste une ligne rouge tant qu’Israël continue de violer la souveraineté nationale ».

Cette volonté de démarcation ne signifie pas pour autant une neutralité. Al Sharq (17 septembre 2025) révèle que le Premier ministre Nawaf Salam, dans une déclaration à huis clos, aurait qualifié la situation à Gaza de « défi moral pour l’humanité ». Il aurait ajouté : « Ce qui se joue là-bas est aussi une question libanaise : laisser faire Israël, c’est accepter d’être les prochains ». Cette phrase, rapportée par un conseiller présent à la réunion, traduit une ligne gouvernementale plus ferme qu’en apparence.

Enfin, Al Liwa’ (17 septembre 2025) met en lumière la montée des tensions internes en Israël. Le journal rapporte des divisions au sein du cabinet de guerre israélien, certains ministres évoquant déjà « un enlisement aux conséquences politiques imprévisibles ». Le général à la retraite Yaakov Amidror, cité par le journal, affirme : « Nous pouvons écraser le Hamas, mais nous perdrons toute légitimité régionale dans le processus ». Il s’inquiète également de l’impact sur les accords d’Abraham et la position de l’Arabie saoudite, qui a suspendu discrètement ses discussions bilatérales avec Tel-Aviv.

Politique locale : tensions au sommet, retour de la justice, fractures sociales et équilibres sécuritaires fragiles

Le 17 septembre 2025, la scène politique libanaise a révélé l’accentuation des tensions internes au sein des institutions de l’État, sur fond de crise régionale et de pressions populaires croissantes. Les journaux libanais mettent en lumière une série de signaux de friction entre le président de la République Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, des signes de reprise de l’activisme judiciaire autour de l’explosion du port de Beyrouth, des expressions de désespoir populaire dans plusieurs régions, et une réorganisation sécuritaire en réponse aux développements à la frontière sud.

Conflit de méthode entre Joseph Aoun et Nawaf Salam : désaccord stratégique

Selon Al Liwa’ (17 septembre 2025), une source proche du palais de Baabda aurait confirmé l’existence de tensions persistantes entre le président de la République et le Premier ministre concernant la conduite de l’action gouvernementale face à l’intensification de l’offensive israélienne sur Gaza. Joseph Aoun, selon les termes rapportés, privilégierait une ligne de “retenue diplomatique” et de coordination arabe, tandis que Nawaf Salam se montrerait plus enclin à une “position d’engagement moral plus explicite”, notamment dans les déclarations publiques. La divergence se serait matérialisée lors de la réunion du Conseil des ministres élargi tenue la veille, où Salam aurait appelé à un communiqué ferme dénonçant les « violations continues du droit international par Israël », ce que la présidence aurait refusé de publier en l’état.

Al Joumhouriyat (17 septembre 2025) indique que cette tension n’est pas seulement diplomatique. Elle reflète un désaccord plus profond sur la gouvernance : Salam chercherait à accélérer la mise en œuvre de plusieurs réformes structurelles, notamment dans les domaines énergétique et administratif, en s’appuyant sur des nominations techniques, tandis que la présidence continuerait à insister sur des équilibres confessionnels et politiques traditionnels. Le journal cite une phrase attribuée à un proche du chef de l’État : “Il n’est pas question de permettre une dérive technocratique qui ignorerait les équilibres fondamentaux du pacte national.”

Dans ce climat, Al Sharq (17 septembre 2025) rapporte que le ton a monté entre les deux hommes à propos de la mise en place de l’autorité de régulation de l’électricité. Salam aurait accusé certains membres du gouvernement de bloquer la nomination des membres du conseil sur des critères de clientélisme. Joseph Aoun aurait répondu en réaffirmant “le rôle du président comme garant de l’unité nationale et de l’équilibre entre les communautés”, insistant sur le fait que “les nominations ne peuvent se faire sans validation politique.”

Retour du judiciaire : l’enquête sur l’explosion du port refait surface

Al Joumhouriyat rapporte par ailleurs que le juge Tarek Bitar, en charge du dossier de l’explosion du port de Beyrouth, a repris ses activités avec une nouvelle série de convocations, dont celles de deux anciens ministres de l’Intérieur et de la Défense. Le journal affirme que le magistrat a reçu des garanties informelles du Conseil supérieur de la magistrature pour poursuivre son instruction sans interférence directe. L’un des membres du corps judiciaire, cité anonymement, explique : “Le retour du dossier à la une est une réponse indirecte à la pression populaire, mais aussi un avertissement aux responsables qui pensaient que le temps jouerait en leur faveur.”

Al Akhbar (17 septembre 2025), tout en critiquant “l’instrumentalisation politique de la justice”, révèle que les services de sécurité ont transmis à la justice de nouveaux documents sur les cargaisons de nitrate d’ammonium en provenance de Géorgie. Ces éléments auraient été réactivés à la suite d’une demande d’entraide judiciaire venue de l’Union européenne. Le journal note que ce regain d’activité judiciaire coïncide avec des tensions au sein du Conseil supérieur de la magistrature, où plusieurs membres exigeraient une clarification des pouvoirs du juge d’instruction face au parquet de cassation.

Al Nahar (17 septembre 2025) souligne que cette résurgence du dossier provoque une forme de nervosité au sein de l’Assemblée nationale. Trois députés visés par des demandes de levée d’immunité auraient sollicité le report des débats parlementaires prévus la semaine suivante. Selon un haut fonctionnaire parlementaire cité anonymement : “Le retour de l’affaire du port pourrait entraîner des ruptures dans les alliances actuelles.”

Fractures sociales et mouvements de protestation régionaux

Les tensions sociales, bien qu’en arrière-plan médiatique face à la guerre à Gaza, continuent de nourrir une colère diffuse. Al Bina’ (17 septembre 2025) évoque des manifestations simultanées dans plusieurs zones du Liban-Nord, du Hermel et de la Bekaa. À Tripoli, des groupes de jeunes ont bloqué l’entrée du port et incendié plusieurs conteneurs à vide en signe de protestation contre les discriminations en matière de distribution de carburant. À Baalbek, un groupe de fermiers a déversé des tonnes de pommes de terre devant la préfecture pour dénoncer “le monopole des grossistes liés à des partis influents.”

Al Liwa’ mentionne également une recrudescence des tensions à Zahlé, où la population accuse la compagnie locale d’électricité d’avoir instauré un régime de délestage injuste, avec des zones entières privées de courant pendant plus de 22 heures par jour. Le journal donne la parole à un habitant du quartier Haouch el Oumara : “Nous n’avons ni eau, ni électricité, et aucun élu ne vient nous parler. C’est une guerre lente contre les pauvres.”

Dans ce contexte, Al Akhbar évoque la possibilité d’un “automne contestataire” alimenté par l’absence de mesures sociales dans le projet de budget 2026 actuellement en débat au Parlement. Le journal cite une source de la Commission parlementaire des finances selon laquelle “la marge de manœuvre budgétaire est quasi nulle, mais les députés sont conscients du risque d’embrasement social.”

Réorganisation sécuritaire et discrétion militaire dans le Sud

La situation au sud du Liban, dans un contexte de tension avec Israël, mobilise discrètement l’appareil sécuritaire. Al 3arabi Al Jadid (17 septembre 2025) indique que l’armée libanaise a procédé à un redéploiement de ses unités à proximité des localités de Houla, Blida et Kfar Kila, “en coordination partielle avec la FINUL.” Ces mouvements ont pour objectif de dissuader toute tentative d’infiltration ou d’action non autorisée pouvant être interprétée comme un acte hostile.

Al Sharq rapporte une réunion de haut niveau au ministère de la Défense, à laquelle ont participé des officiers des services de renseignement militaire, du commandement sud et de la Direction générale de la Sûreté générale. Selon un document interne consulté par le journal, les autorités ont décidé de “maintenir un haut niveau de vigilance tout en évitant toute posture provocatrice.” Le général Joseph Aoun y aurait insisté sur “la responsabilité nationale dans la préservation de la stabilité à la frontière.”

Al Akhbar indique par ailleurs que des délégations sécuritaires étrangères, notamment françaises et italiennes, ont tenu des réunions avec les forces armées libanaises dans le cadre des dispositifs conjoints de surveillance. Le journal souligne que cette coordination vise aussi à rassurer les bailleurs internationaux sur l’engagement du Liban à rester en dehors du conflit en cours.

Blocages au Parlement et tensions autour du budget

Le débat budgétaire 2026 cristallise les tensions au sein de la Chambre des députés. Nida’ Al Watan (17 septembre 2025) souligne les divisions entre les partis traditionnels et les blocs issus du mouvement du 17 octobre, notamment sur la fiscalité, la répartition des investissements et la réforme de la fonction publique. Le député Michel Helou dénonce “un budget de continuité du clientélisme”, tandis que Cynthia Zarazir parle de “violence économique contre les classes populaires.”

Al Quds mentionne la présence de représentants du FMI dans les coulisses des discussions parlementaires. Selon l’article, ceux-ci auraient fait part de leur inquiétude quant à “la faiblesse des instruments de contrôle interne” et à “l’absence d’une politique crédible de restructuration bancaire.”

Citation et discours des personnalités politiques : lignes de fracture verbale et prises de position contrastées

Le 17 septembre 2025, les journaux libanais ont mis en lumière une série de déclarations publiques et prises de position de plusieurs figures politiques du pays. Ces discours reflètent la polarisation de la scène nationale, le poids de la question palestinienne dans les débats internes, les fractures dans les alliances traditionnelles et les calculs de positionnement dans la perspective des échéances institutionnelles à venir. Les expressions utilisées témoignent d’une volonté de réaffirmer des lignes rouges idéologiques, de rassurer certaines bases militantes, ou de s’adresser à la communauté internationale dans un contexte de guerre régionale.

Joseph Aoun : neutralité armée et autorité présidentielle réaffirmée

Le président de la République Joseph Aoun, selon Al Bina’ (17 septembre 2025), a présidé une réunion de sécurité élargie à Baabda où il a tenu un discours en présence des commandants militaires, du directeur général de la Sûreté générale et des responsables de l’ISF. Au cours de cette séance, il aurait affirmé que “la mission des forces de sécurité est de défendre le territoire libanais, non de s’impliquer dans les conflits régionaux”, ajoutant que “le Liban doit rester en dehors de l’axe de confrontation militaire”.

Ce positionnement vise à rassurer les partenaires occidentaux sur la posture de l’État face à l’escalade israélo-palestinienne. Il a insisté également sur “la nécessité de respecter les engagements de la déclaration de dissociation” et évoqué une “responsabilité constitutionnelle de protéger les citoyens libanais, toutes confessions confondues”. Selon Al Sharq (17 septembre 2025), Joseph Aoun aurait également rappelé que “l’armée est sous l’autorité exclusive de la présidence”, dans une allusion implicite aux milices non étatiques.

Cette déclaration a été interprétée par Al Akhbar comme une tentative de contenir toute initiative militaire autonome de la part du Hezbollah, dans un climat de crispation après les attaques israéliennes répétées à la frontière sud. Le journal qualifie l’intervention d’“appel à l’ordre républicain dans un système devenu semi-parallèle.”

Nawaf Salam : appel à la mobilisation diplomatique arabe

Le Premier ministre Nawaf Salam a profité d’une conférence de presse à la sortie du Grand Sérail pour affirmer une ligne diplomatique plus engagée. Selon Al Liwa’ (17 septembre 2025), il a déclaré que “le silence sur Gaza est une trahison morale de notre propre histoire”, exhortant les chancelleries arabes à adopter une position unifiée. Il a ajouté que “le Liban, pays fondateur de la Ligue arabe, ne peut rester dans une posture d’observateur passif pendant que des populations civiles sont massacrées.”

Cette déclaration a été saluée dans Nida’ Al Watan, qui y voit un “sursaut éthique bienvenu dans un pays trop souvent paralysé par le calcul confessionnel”. Cependant, selon Al Joumhouriyat, plusieurs membres du Conseil des ministres se seraient opposés à l’idée d’un communiqué officiel dénonçant Israël, estimant qu’il pourrait mettre en péril les aides internationales. Salam a répondu à ces critiques en déclarant : “Il n’y a pas de paix sans justice, ni de stabilité sans vérité.”

Ses propos ont été perçus comme une critique indirecte de la prudence présidentielle. Selon un observateur cité par Al 3arabi Al Jadid, “Salam cherche à incarner une voix morale face à l’inertie institutionnelle, tout en mesurant le coût politique de ses positions.”

Naim Kassem : soutien à la résistance et message de fermeté

Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, a prononcé un discours à Dahié dans un rassemblement à la mémoire des victimes du bombardement israélien de Chouaïa. Selon Al Akhbar, il y a déclaré : “Nous n’attendrons pas la permission de personne pour défendre notre terre et notre peuple.” Il a ajouté que “la résistance est plus forte aujourd’hui qu’en 2006, et toute attaque israélienne sera payée au prix fort.”

Dans le même discours, Kassem a fustigé “les discours mous” et a qualifié de “politiques de la honte” les appels à la neutralité. Il a martelé : “La dignité n’est pas un slogan, elle se défend par le sang.”

Cette sortie a été interprétée dans Al Bina’ comme un signal clair aux autorités de ne pas interférer avec les préparatifs militaires du parti. Toutefois, selon Al Sharq, des voix internes au Hezbollah s’inquièteraient d’un isolement régional croissant, en particulier après que plusieurs capitales arabes ont évité de mentionner le Hezbollah dans leurs communiqués de soutien à Gaza.

Nabih Berri : arbitrage prudent et mise en garde contre les divisions

Le président de la Chambre Nabih Berri a, selon Al Joumhouriyat, tenu une réunion avec des représentants de plusieurs blocs parlementaires où il a mis en garde contre “l’éclatement de l’unité nationale sous l’effet des tensions extérieures.” Il aurait affirmé : “Le Liban est assis sur un baril de poudre. Les provocations verbales sont des mèches.”

Dans une déclaration publiée par Al Nahar, Berri a également commenté les débats sur le budget 2026 en affirmant : “Les chiffres sont cruels, mais les intérêts populaires doivent primer sur les équilibres comptables.” Il a appelé les députés à “voter en conscience, non par allégeance.”

Ces propos ont été salués dans Al Liwa’ comme un “rappel de l’éthique politique dans une période de repli tactique généralisé”, mais Nida’ Al Watan y voit une manœuvre pour repositionner Amal comme force d’équilibre face à une montée de la contestation populaire.

Samir Geagea : attaque contre le gouvernement et défense de la souveraineté

Dans une tribune publiée dans Al Joumhouriyat, le chef des Forces libanaises Samir Geagea a fustigé la politique du gouvernement Salam, l’accusant de “soumission implicite au Hezbollah” et de “mettre en danger les équilibres internationaux du Liban.” Il a écrit : “On ne peut exiger l’aide de la communauté internationale tout en soutenant des discours de guerre.”

Geagea y qualifie la posture actuelle du Liban de “folie diplomatique” et propose la tenue d’une conférence nationale sur la neutralité. Il appelle les partis à “clarifier leur position sur la souveraineté, sans équivoque.” Selon Nida’ Al Watan, cette sortie vise à raffermir sa base chrétienne, alors que le parti est confronté à une compétition croissante avec des formations issues du mouvement du 17 octobre.

Walid Joumblatt : critique de la guerre et appel à la retenue

L’ancien chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt, dans un entretien accordé à Al Nahar, a exprimé une position modérée sur les développements régionaux. “Les peuples palestinien et israélien sont pris en otage d’une logique de destruction mutuelle. Ce n’est pas une guerre, c’est une malédiction.”

Il a ajouté que “le Liban doit préserver sa cohésion interne et ne pas servir de théâtre à des confrontations régionales.” Ce ton mesuré contraste avec les prises de position plus radicales d’autres figures politiques. Joumblatt a également appelé à un dialogue interlibanais, déclarant : “Le moment est venu de se parler, pas de se menacer.”

Al Bina’ indique que son fils Teymour a repris la direction effective du parti, mais que l’ancien leader continue d’exercer une influence symbolique dans les cercles diplomatiques occidentaux.

Diplomatie : activisme libanais entre neutralité, pressions régionales et rôle humanitaire

Le 17 septembre 2025, la scène diplomatique libanaise a été marquée par un activisme intense, porté à la fois par les autorités officielles, les figures institutionnelles et les réseaux parallèles. Face à l’escalade régionale provoquée par l’offensive terrestre israélienne sur Gaza, le Liban tente de concilier plusieurs logiques : préserver sa neutralité, répondre aux attentes internes de solidarité avec la cause palestinienne, maintenir un canal de communication avec les acteurs arabes et occidentaux, tout en gérant les tensions générées par les positions du Hezbollah.

Position diplomatique officielle : soutien à Gaza et appel à la modération

Selon Al Liwa’ (17 septembre 2025), le Premier ministre Nawaf Salam a adressé une note diplomatique à l’ambassade du Qatar, saluant la médiation entreprise par Doha pour obtenir un cessez-le-feu à Gaza. Il y souligne que “le Liban soutient toute initiative permettant de limiter les pertes civiles” et insiste sur le rôle “constructif” des médiations arabes. Il a également évoqué la possibilité que le Liban participe à une réunion d’urgence de la Ligue arabe prévue à Amman, soulignant que “la voix libanaise ne peut rester absente dans une crise qui touche le cœur du monde arabe”.

Dans Al Joumhouriyat (17 septembre 2025), on rapporte que l’ambassade du Liban à New York a entamé une série de consultations avec les missions arabes auprès des Nations unies afin de coordonner les interventions au Conseil de sécurité. L’objectif serait d’appuyer une résolution condamnant les bombardements indiscriminés israéliens, tout en évitant de s’aliéner les positions de certains pays occidentaux encore hésitants.

Le président Joseph Aoun, quant à lui, a appelé lors d’un entretien avec l’ambassadeur de France à “un retour au respect du droit international humanitaire”. Il a insisté sur “le rôle crucial de l’Europe dans l’équilibre régional” et affirmé que “le Liban entend rester en dehors du conflit militaire direct”.

Médiation informelle et canaux parallèles : rôle des ONG et des structures religieuses

Le journal Al Akhbar (17 septembre 2025) souligne que plusieurs figures proches du Hezbollah ont été sollicitées par les structures humanitaires de l’ONU pour sécuriser les couloirs de distribution d’aide aux réfugiés palestiniens. Ces derniers, notamment au Sud-Liban, connaissent une recrudescence d’arrivées depuis la reprise des frappes israéliennes à proximité de Rafah.

Toujours selon Al Akhbar, le Croissant-Rouge libanais a coordonné avec des ONG françaises et suisses un programme de transfert de blessés gazaouis vers des hôpitaux au Liban-Sud, notamment à Tyr. Le ministère libanais de la Santé aurait délivré des autorisations spéciales pour accueillir ces blessés dans des conditions d’exception, contournant ainsi certaines obligations douanières en matière pharmaceutique.

Dans Al Bina’ (17 septembre 2025), on rapporte aussi que le patriarche maronite Béchara Raï a contacté le nonce apostolique au Liban pour évoquer la possibilité d’une déclaration conjointe entre le Vatican et le Patriarcat sur la situation humanitaire à Gaza. Ce geste vise à souligner la dimension interreligieuse de la solidarité et à prévenir toute lecture communautaire de l’engagement libanais.

Relations bilatérales : entre diplomatie discrète et prudence calculée

Sur le plan bilatéral, Al Sharq (17 septembre 2025) indique que l’ambassadeur d’Iran à Beyrouth a rencontré le ministre libanais des Affaires étrangères pour transmettre un message de “soutien au gouvernement libanais face aux pressions israéliennes” et proposer une coopération en matière de gestion de crise. Cette rencontre n’a pas été annoncée officiellement, mais elle témoigne d’une volonté iranienne d’amplifier sa présence diplomatique à Beyrouth dans le cadre de la crise actuelle.

À l’inverse, les ambassades des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Allemagne ont adressé une note conjointe au ministère des Affaires étrangères libanais, dans laquelle elles expriment leur “préoccupation concernant certains discours politiques libanais qui pourraient être interprétés comme une incitation à la violence régionale”. Selon Al Nahar (17 septembre 2025), cette note vise indirectement les propos tenus la veille par Naim Kassem, secrétaire général du Hezbollah.

Le ministère des Affaires étrangères aurait répondu que “la politique étrangère libanaise demeure définie par les institutions constitutionnelles et ne saurait être confondue avec des prises de position partisanes.” Cette mise au point reflète une tentative d’équilibrisme entre les positions internes et les attentes internationales.

Initiatives multilatérales : présence libanaise dans les fora régionaux

Le Liban s’est activé au sein de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique. Al 3arabi Al Jadid (17 septembre 2025) rapporte que le représentant libanais à l’OIC a soutenu la demande de convocation d’une session extraordinaire à Djeddah. Il y a notamment affirmé que “la sécurité de Gaza est indissociable de la stabilité régionale.”

Par ailleurs, Ad Diyar signale que le ministère libanais de l’Environnement a participé, en visioconférence, à une réunion préparatoire de la COP30 prévue à Belém (Brésil) en novembre 2025. Ce forum, bien que climatique, a permis aux délégués libanais de nouer des contacts diplomatiques bilatéraux, notamment avec l’Indonésie et la Turquie, qui ont exprimé leur solidarité avec le Liban face à l’instabilité régionale.

Visite papale en préparation : levier diplomatique d’apaisement

Al Nahar (17 septembre 2025) consacre un article à la préparation de la visite du pape Laon XIV au Liban, prévue entre fin novembre et début décembre. Cette visite, qui comportera une étape au Patriarcat maronite à Bkerké, puis un discours interreligieux à Beyrouth, est perçue comme une opportunité de projeter une image de tolérance et de coexistence dans un contexte régional explosif.

Le président Joseph Aoun aurait chargé une cellule au sein du palais de Baabda de préparer les messages politiques qui seront associés à cet événement. L’objectif serait de “mettre en avant la spécificité libanaise comme modèle de pluralisme au Moyen-Orient”, selon un conseiller cité par Al Liwa’.

Le Vatican, de son côté, selon Al Bina’, souhaiterait profiter de la visite pour aborder la question des réfugiés syriens et palestiniens, ce qui pourrait créer des tensions au sein de la classe politique libanaise.

Tensions avec Israël : entre condamnation et gestion du risque

Les journaux Al Akhbar et Nahar évoquent les suites diplomatiques de l’attaque israélienne ayant visé, selon des sources locales, une ambulance près de Marwahin. Le ministère libanais des Affaires étrangères a saisi le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève pour exiger une enquête internationale sur ce qu’il qualifie de “crime de guerre”.

Cette initiative a été saluée par plusieurs ONG mais critiquée en coulisses par certains diplomates européens qui craignent qu’une escalade verbale ne nuise à l’aide humanitaire. L’ambassadeur de Norvège, cité dans Al Joumhouriyat, aurait mis en garde contre “l’utilisation politique d’un langage juridique qui pourrait créer une rupture dans les canaux de dialogue.”

Politique internationale : fractures diplomatiques autour de Gaza, repositionnements stratégiques et tensions entre puissances

La scène internationale du 17 septembre 2025 est dominée par les répercussions de l’offensive terrestre israélienne contre Gaza, à laquelle réagissent les grandes puissances, les organisations régionales, les chancelleries arabes et les blocs émergents. Loin d’un consensus, cette actualité illustre des fractures diplomatiques majeures, des repositionnements géostratégiques rapides, ainsi qu’un regain de tensions entre l’Occident, le bloc sino-russe et plusieurs puissances régionales.

États-Unis : appui indéfectible à Israël et rhétorique de légitime défense

Al Liwa’ (17 septembre 2025) rapporte que le président américain Donald Trump a réitéré, lors d’une allocution télévisée, le “soutien total des États-Unis à l’État hébreu dans sa lutte contre le terrorisme”. Il a affirmé que “le Hamas est une organisation barbare, et Israël a le droit absolu de se défendre avec la force qu’il juge nécessaire”. Le journal note que Trump a évité toute mention des pertes civiles palestiniennes, ce qui a suscité de vives réactions dans plusieurs capitales arabes.

Dans Al Quds (17 septembre 2025), un éditorial évoque “l’alignement aveugle de l’administration Trump sur la politique d’extermination israélienne”, dénonçant un “silence criminel” face aux bombardements massifs sur les zones résidentielles. Le journal souligne que les diplomates américains au Conseil de sécurité ont bloqué un projet de résolution algérien appelant à un cessez-le-feu humanitaire, invoquant le “droit d’Israël à se défendre sans ingérence”.

Le soutien militaire américain s’est également concrétisé par l’envoi de deux destroyers au large des côtes israéliennes et par une autorisation exceptionnelle accordée à Tel-Aviv pour l’acquisition de munitions de précision, comme le rapporte Al Bina’.

Russie : offensive diplomatique et dénonciation du “deux poids deux mesures”

Al Akhbar (17 septembre 2025) consacre une pleine page à la position russe, exprimée par le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui a condamné “les méthodes israéliennes de représailles collectives” et appelé à un arrêt immédiat des hostilités. Lavrov, dans une conférence à Moscou, a fustigé “l’aveuglement des États-Unis et leur obstruction à toute solution pacifique”.

Dans le même article, il est précisé que la Russie a proposé un plan en trois étapes comprenant l’arrêt des hostilités, la mise en place d’un corridor humanitaire sous supervision de l’ONU, et la relance du processus de réconciliation interpalestinienne. Moscou chercherait à regagner du terrain diplomatique dans le monde arabe après son isolement partiel lié à la guerre en Ukraine.

Al 3arabi Al Jadid indique que la diplomatie russe multiplie les contacts avec Le Caire, Amman et Doha pour établir un front diplomatique alternatif. Le journal cite un analyste selon lequel “la Russie entend redevenir incontournable au Moyen-Orient en surfant sur le discrédit croissant des États-Unis”.

Chine : appel à un cessez-le-feu global et prudence calculée

Dans Al Sharq (17 septembre 2025), la position de Pékin est relayée à travers un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères appelant à “la retenue maximale” et à “un cessez-le-feu immédiat de toutes les parties”. La Chine, qui préside ce mois-ci le Conseil de sécurité de l’ONU, aurait proposé une résolution de compromis exigeant la protection des civils et la non-expansion du conflit à d’autres fronts.

Cependant, selon Al Nahar, cette initiative a reçu un accueil tiède de la part de Washington et Paris, qui y voient une tentative chinoise de se présenter comme médiateur global. Pékin, tout en évitant toute critique directe d’Israël, a appelé à “un retour aux résolutions de l’ONU, y compris celles sur Jérusalem-Est”.

Cette prudence est interprétée dans Al Akhbar comme une stratégie visant à ménager ses relations commerciales avec Tel-Aviv, tout en conservant l’appui du monde arabe. Le journal souligne que la Chine a proposé une aide humanitaire d’urgence de 30 millions de dollars pour Gaza, avec livraison via le Croissant-Rouge égyptien.

Monde arabe : cacophonie diplomatique et rivalités interarabes

Al Joumhouriyat (17 septembre 2025) décrit une scène diplomatique arabe marquée par la fragmentation. Si le Qatar mène une médiation active, appuyée par la Turquie et soutenue par l’Iran, d’autres pays comme l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis ou Bahreïn gardent un silence diplomatique presque total. Le journal rapporte que Riyad aurait annulé sans explication une réunion bilatérale prévue avec le chef de la diplomatie jordanienne, qui portait sur la coordination d’une réponse arabe unifiée.

Dans Al Bina’, une analyse revient sur les divergences de doctrine au sein du Conseil de coopération du Golfe. Les pays ayant signé les accords d’Abraham se retrouvent embarrassés, tandis que la rue arabe fait pression pour une réaction plus ferme. À ce sujet, Al Quds cite un manifestant jordanien : “Nos dirigeants se taisent pendant qu’on massacre nos frères. L’histoire les jugera.”

L’Algérie et la Tunisie, selon Al 3arabi Al Jadid, ont appelé à une réunion d’urgence de l’Union africaine pour évoquer les violations israéliennes. Cette initiative vise à mobiliser un autre levier multilatéral, alors que la Ligue arabe peine à dégager une ligne commune.

Europe : condamnations prudentes et limites de l’engagement

Dans Al Nahar, on rapporte que la France, par la voix du président Emmanuel Macron, a appelé à “la fin des violences” tout en réaffirmant “le droit d’Israël à se défendre”. Le journal note que cette formulation ambiguë suscite des critiques dans la presse de gauche française et dans les milieux pro-palestiniens.

L’Allemagne, selon Al Sharq, a renforcé son aide à Israël tout en annonçant un financement de six millions d’euros pour l’aide humanitaire à Gaza. La ministre des Affaires étrangères a déclaré que “toutes les vies civiles comptent”, sans toutefois évoquer de cessez-le-feu immédiat.

L’Union européenne dans son ensemble peine à adopter une position claire, selon Al Liwa’. La présidence espagnole du Conseil européen appelle à la modération, tandis que la Pologne et la Hongrie soutiennent inconditionnellement Israël.

Organisations internationales : débats paralysés et accusations croisées

Al Akhbar revient sur les blocages au Conseil de sécurité des Nations unies, où la résolution algérienne appelant à un cessez-le-feu a été rejetée par le veto américain. Le journal décrit une session “d’une rare violence verbale” où les représentants chinois, russe et brésilien ont accusé les États-Unis de “faire obstruction à la paix”.

L’UNRWA, selon Al Quds, a lancé un appel de fonds de 150 millions de dollars pour faire face à la catastrophe humanitaire à Gaza. Le directeur de l’agence a déclaré que “les bombardements ont détruit l’infrastructure de l’aide”.

L’OMS, de son côté, rapporte Al Sharq, a confirmé la destruction de cinq hôpitaux à Gaza et la mort de 34 membres du personnel soignant depuis le début des opérations. Elle appelle à “un couloir humanitaire sécurisé, sous supervision internationale”.

Économie : pressions sur les finances publiques, gestion contestée des dépôts et climat d’incertitude structurelle

Le paysage économique libanais au 17 septembre 2025 continue de révéler les failles profondes d’un système en crise prolongée, tiraillé entre blocages politiques, déclin institutionnel et absence de mesures structurelles. Les débats autour du sort des dépôts bancaires, des réserves de la Banque du Liban, et de la législation budgétaire illustrent un contexte de défiance généralisée, alimenté par l’absence de transparence, les interférences politiques et les jeux d’intérêts. À cela s’ajoutent des dynamiques régionales et internationales qui influencent indirectement les perspectives économiques nationales.

Gestion des dépôts : promesses non tenues et remise en question du plan de restitution

Dans Al Akhbar (17 septembre 2025), un article consacre plusieurs paragraphes à la polémique suscitée par les propos du ministre de l’Économie sortant, Salim Jaber, sur la restitution progressive des dépôts. Il évoque un chiffre de 21 milliards de dollars qui auraient été restitués aux déposants entre 2020 et 2025, une affirmation immédiatement contestée par plusieurs économistes cités par le journal. Selon ces derniers, ce chiffre inclut en réalité des “écritures comptables internes” et des conversions forcées de dépôts en livre libanaise à des taux arbitraires, sans véritable retour effectif des devises.

L’article souligne également que l’opacité entoure les circuits de restitution, et que les grands déposants semblent avoir bénéficié de traitements préférentiels. Un analyste interrogé par Al Akhbar affirme que “les banques ont continué à couvrir leurs pertes en imposant les pertes aux déposants ordinaires, avec la complicité tacite de la Banque du Liban et du ministère des Finances”.

Rôle controversé de la Banque du Liban et position du gouverneur Karim Souaid

Toujours selon Al Akhbar (17 septembre 2025), le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, fait l’objet de critiques récurrentes pour sa gestion “non orthodoxe” des réserves monétaires. Le journal évoque notamment un rapport confidentiel remis au Parlement indiquant que les réserves nettes en devises étrangères ont atteint un seuil critique de 3,5 milliards de dollars, bien en deçà du niveau jugé nécessaire pour garantir la stabilité des prix.

Par ailleurs, Souaid continue de défendre une politique de change semi-flottant, tout en maintenant en parallèle un régime de subventions partielles pour certains produits stratégiques. Cette dualité engendre des distorsions importantes sur les marchés, avec des effets inflationnistes persistants. Un encadré signé par un ancien cadre de la Banque centrale évoque une “désinstitutionnalisation totale de la gouvernance monétaire” au profit de “réseaux clientélistes”.

Budget 2025 : retard, désaccords et projections irréalistes

Al Liwa’ (17 septembre 2025) revient sur l’absence de vote du budget 2025, à deux semaines de la date constitutionnelle limite. Le projet transmis par le gouvernement de Nawaf Salam fait l’objet de désaccords majeurs entre le ministère des Finances, la Commission parlementaire des finances et plusieurs blocs politiques. Le journal souligne que l’estimation des recettes repose sur un taux de change irréaliste de 60 000 LBP pour un dollar, tandis que le marché parallèle fluctue autour de 97 000 LBP.

Les dépenses courantes, notamment les salaires de la fonction publique et les subventions à l’EDL (Électricité du Liban), représentent plus de 82 % du budget projeté. Aucun plan d’investissement public structurant n’est prévu, et les aides internationales conditionnelles, notamment du FMI, restent bloquées par l’absence de réformes.

Dans Al Joumhouriyat (17 septembre 2025), un député du Bloc de la réforme économique dénonce “un exercice comptable vide de toute vision”, tandis que le président de la Commission des Finances évoque une “mascarade budgétaire destinée à rassurer artificiellement les marchés”.

Secteur bancaire : inertie structurelle et paralysie fonctionnelle

Al 3arabi Al Jadid (17 septembre 2025) note que le système bancaire libanais reste largement hors service. Les banques commerciales, selon l’analyse du quotidien, ne remplissent plus leur fonction d’intermédiation, se limitant à des opérations de base à guichets fermés et refusant toute forme de crédit. Le journal cite plusieurs PME ayant vu leurs demandes de financement rejetées, faute de liquidités et en raison des risques systémiques non couverts.

L’article évoque également l’influence persistante des grands actionnaires bancaires, souvent liés à des figures politiques de premier plan. Un analyste déclare : “La restructuration bancaire est impossible tant que les élites politiques continuent de protéger leurs avoirs personnels.”

Investissements et climat des affaires : morosité persistante et fuite des capitaux

Selon Al Nahar (17 septembre 2025), la Chambre de commerce et d’industrie de Beyrouth a publié un rapport alarmant sur l’état de l’investissement privé. Le nombre de nouvelles entreprises enregistrées au registre du commerce a chuté de 38 % sur un an, tandis que 78 % des entreprises interrogées estiment “improbable” une amélioration à court terme.

Le journal évoque également une poursuite de la fuite des capitaux, principalement à travers des mécanismes informels. Plusieurs entreprises de taille moyenne ont choisi de relocaliser leurs sièges sociaux à Chypre, en Grèce ou aux Émirats arabes unis, tandis que les startups orientées vers la technologie et les services cherchent des financements en dehors du pays.

Secteur énergétique : stagnation des réformes et pressions sur le réseau

Al Bina’ (17 septembre 2025) revient sur l’impasse dans le dossier de la réforme du secteur électrique. Le plan de restructuration d’EDL, initialement prévu pour juin 2025, n’a pas été appliqué, notamment à cause des désaccords sur les appels d’offres internationaux et sur le rôle du secteur privé.

Le journal cite un ingénieur de l’EDL qui affirme que “le réseau fonctionne en mode dégradé, avec un taux de pertes techniques et commerciales supérieur à 45 %”. Les pannes récurrentes, les coupures prolongées et l’absence d’énergie renouvelable rendent la situation intenable, surtout dans les zones rurales.

Ad Diyar (17 septembre 2025) ajoute que la fermeture de deux centrales thermiques pour maintenance a aggravé la pénurie, provoquant des manifestations sporadiques dans le nord du pays et dans la Békaa.

Al Quds (17 septembre 2025) rapporte que plusieurs chancelleries occidentales, dont celles de la France et de l’Allemagne, maintiennent leurs lignes de crédit suspendues en attendant des “signaux clairs de réformes”. Selon un câble diplomatique confidentiel consulté par le journal, les institutions européennes ont gelé toute négociation budgétaire avec Beyrouth depuis le mois d’août.

Justice : tensions autour des affaires sensibles et critiques croissantes sur l’inefficacité du système judiciaire

Le paysage judiciaire libanais, au 17 septembre 2025, reste marqué par des affaires hautement sensibles, des remises en cause de l’indépendance du pouvoir judiciaire et des accusations de collusion entre milieux politiques et instances juridictionnelles. Plusieurs affaires emblématiques font l’objet de contentieux politiques, alors que la société civile dénonce une justice sélective, lente et instrumentalisée. Les tensions se cristallisent autour du dossier de l’explosion du port de Beyrouth, de la régulation de certaines institutions proches du Hezbollah, ainsi que de réformes structurelles contestées.

Lenteurs et blocages dans le dossier du port de Beyrouth

Dans Al Liwa’ (17 septembre 2025), un article évoque la reprise partielle de l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth, interrompue à plusieurs reprises depuis 2021. Le quotidien rapporte que le juge d’instruction Tarek Bitar a réitéré sa demande d’audition de plusieurs anciens ministres, dont certains sont toujours protégés par leur immunité parlementaire. Le journal mentionne que la Cour de cassation a rejeté, pour la septième fois, les recours déposés par les avocats de l’ancien ministre de l’intérieur, accusé de négligence criminelle.

Al Akhbar (17 septembre 2025) cite un magistrat anonyme qui affirme que “le pouvoir judiciaire est incapable d’aller à l’encontre des lignes rouges tracées par les partis dominants”. Le journal évoque une interférence directe de plusieurs groupes politiques pour empêcher l’émission de mandats d’amener contre des responsables encore actifs, notamment dans l’administration douanière et les services sécuritaires.

Pressions politiques sur le Conseil supérieur de la magistrature

Selon An Nahar (17 septembre 2025), un différend profond divise le Conseil supérieur de la magistrature. L’organe, censé garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire, est accusé de partialité après la nomination controversée du président de la Cour d’appel de Beyrouth. Le journal précise que la nomination s’est faite en contournant la procédure habituelle, sans tenir compte du classement hiérarchique établi annuellement.

Un juge cité par An Nahar affirme que cette nomination “n’est pas le fruit d’un choix administratif, mais le résultat d’un compromis politique entre deux partis principaux”. Le journal ajoute que plusieurs associations de magistrats ont exprimé leur indignation, appelant à la révision du mode de nomination et à la réforme du Conseil, accusé de soumission.

Débat sur la réforme du tribunal militaire et son rôle controversé

Toujours dans An Nahar (17 septembre 2025), un article explore l’opposition croissante à la compétence du tribunal militaire pour juger les civils. Un projet de loi déposé en commission vise à exclure toute poursuite de civils devant cette juridiction, quel que soit le type de délit. Cette proposition est soutenue par une coalition de députés indépendants, mais elle fait l’objet d’un blocage par le tandem Amal-Hezbollah, qui considère la réforme comme une “tentative de démantèlement d’un pilier sécuritaire de l’État”.

Le journal évoque des cas concrets de journalistes, activistes et étudiants poursuivis pour “atteinte au prestige de l’armée” ou “diffusion de fausses nouvelles”, sur la base de simples publications sur les réseaux sociaux. Le bâtonnier de Beyrouth, interrogé par le journal, déclare que “la justice militaire a été conçue pour les militaires, pas pour les civils. Son maintien en l’état est une anomalie démocratique”.

Affaire du « Qard al-Hassan » : conflit entre réglementation bancaire et logique sécuritaire

Un dossier particulièrement sensible est évoqué dans An Nahar (17 septembre 2025) concernant l’association “Qard al-Hassan”, décrite comme une institution de crédit parallèle liée au Hezbollah. Une plainte déposée par plusieurs députés vise à retirer le statut juridique de cette organisation, en l’accusant de fonctionner comme une banque sans licence et de contourner les obligations de contrôle de la Banque du Liban.

Le journal rapporte que le parquet financier a été saisi mais n’a toujours pas ouvert d’instruction. Un expert en droit bancaire affirme que “le refus d’intervenir contre Qard al-Hassan est symptomatique de l’impuissance de l’État face aux structures para-étatiques”. Le ministère de l’Intérieur a par ailleurs déclaré ne pas être compétent pour intervenir dans les affaires de régulation bancaire, renvoyant la responsabilité à la Banque du Liban.

Al Joumhouriyat (17 septembre 2025) évoque des pressions diplomatiques exercées par les États-Unis, qui exigeraient une mise en conformité du secteur financier avec les normes de lutte contre le blanchiment. Le nom de Qard al-Hassan figure toujours sur plusieurs listes de sanctions internationales, ce qui expose les institutions financières libanaises à des mesures de rétorsion.

Saisies judiciaires, conflits fonciers et contentieux administratifs en hausse

Dans Al Akhbar (17 septembre 2025), plusieurs encadrés judiciaires mentionnent des décisions de justice relatives à des saisies foncières et à des conflits d’héritage non résolus, notamment dans les régions de Keserwan et de la Békaa. Le journal cite une ordonnance émise par le tribunal de Jbeil concernant une parcelle litigieuse dans la zone côtière, impliquant des parties civiles non identifiées et une fondation religieuse.

Al Joumhouriyat (17 septembre 2025) publie également plusieurs avis d’exécution judiciaire et convocations à comparaître devant les juridictions civiles et commerciales, signalant un accroissement des recours contentieux. Ces publications, bien que techniques, soulignent une pression croissante sur les tribunaux, débordés par l’accumulation de dossiers sans issue.

Le journal mentionne également une affaire d’expropriation illégale engagée contre une municipalité du Nord, accusée d’avoir cédé des parcelles à un promoteur privé sans appel d’offre. Le juge des référés a suspendu provisoirement le projet.

Rôle marginal du Conseil constitutionnel dans le contrôle des lois

Dans Al Bina’ (17 septembre 2025), un article note le rôle quasi inexistant du Conseil constitutionnel dans le débat législatif actuel. Le journal déplore que cet organe ne soit saisi qu’exceptionnellement, alors qu’il pourrait jouer un rôle structurant dans la clarification des conflits entre les lois et la Constitution. Un professeur de droit public déclare : “Le Conseil est traité comme une chambre d’enregistrement, alors qu’il devrait être le garant suprême des droits fondamentaux”.

Le texte rapporte que plusieurs projets de loi sur la fiscalité et la sécurité ont été adoptés sans contrôle constitutionnel, malgré les appels répétés de la société civile à vérifier leur conformité. Une ONG citée dans l’article indique qu’elle envisage de déposer une requête pour contester une disposition budgétaire jugée inconstitutionnelle.

Critiques sur les conditions de détention et la lenteur des procédures

Dans Al 3arabi Al Jadid (17 septembre 2025), un reportage met en lumière les conditions de détention dans plusieurs prisons libanaises, notamment à Roumieh et à Zahlé. Le texte s’appuie sur les témoignages de proches de détenus et sur un rapport d’une organisation de défense des droits humains. Le journal évoque des cellules surpeuplées, un accès limité aux soins médicaux et des détentions prolongées sans jugement.

Une avocate interrogée affirme que “la détention préventive est devenue la règle, et non l’exception, en violation flagrante du Code de procédure pénale”. Le journal indique que dans certains cas, des détenus attendent leur jugement depuis plus de trois ans, sans que leur situation évolue.

Al Liwa’ (17 septembre 2025) complète ce constat en mentionnant que le ministère de la Justice n’a pas encore présenté de plan de réforme du système pénitentiaire, malgré les engagements pris devant la communauté internationale en 2023.

Société : crise éducative, précarisation sociale et menaces sanitaires persistantes

La société libanaise au 17 septembre 2025 est marquée par un affaiblissement croissant des structures de solidarité, une inégalité d’accès aux services publics fondamentaux et une précarité qui affecte désormais toutes les couches de la population. Plusieurs articles parus ce jour dressent un tableau alarmant de la situation, en mettant en évidence les défaillances du système éducatif, les enjeux liés à la drogue et à la santé publique, ainsi que les frustrations citoyennes face à un État démissionnaire.

Éducation : le système privé supplante l’école publique et accentue la fracture sociale

Dans Al 3arabi Al Jadid (17 septembre 2025), un long reportage est consacré à la déstructuration du secteur éducatif au Liban. Le journal insiste sur le fait que l’école publique, déjà fragilisée avant la crise, connaît un effondrement accéléré. Faute de financements, de personnel qualifié et de politiques publiques cohérentes, le système éducatif laisse place à des initiatives privées aux coûts prohibitifs. L’article note que “le droit à l’éducation est désormais conditionné par la capacité des familles à payer”, une situation qui, selon plusieurs spécialistes interrogés, aggrave l’exclusion sociale.

Le quotidien précise que ce phénomène pousse de nombreux jeunes, notamment dans les régions périphériques, à abandonner l’enseignement général pour rejoindre les « écoles de la seconde chance », souvent gérées par des ONG. Ces structures tentent de combler les lacunes d’un système officiel absent, en orientant les adolescents vers des formations professionnelles de base. Un éducateur témoigne : “Nous faisons ce que l’État ne fait plus, mais sans soutien durable, nous ne pourrons pas continuer.”

Le journal signale aussi le lancement d’un programme expérimental baptisé « I‘dadiyyat al-Riyada » visant à redonner un minimum d’encadrement pédagogique dans des établissements pilotes, via des activités culturelles et sportives. Toutefois, la portée de ce programme reste limitée, et l’absence d’une stratégie nationale d’éducation à long terme continue de compromettre l’avenir des générations montantes.

Drogue : propagation massive à Tripoli et appel à une mobilisation scientifique

Al Sharq (17 septembre 2025) rapporte une initiative sanitaire menée à Tripoli contre la prolifération de la drogue, notamment parmi les jeunes des quartiers défavorisés. Le journal couvre la visite officielle du directeur général de la santé publique, Fadi Sinan, au centre médical universitaire Al Hassan. Ce dernier a souligné la nécessité d’un traitement multidisciplinaire du problème, alliant accompagnement médical, soutien psychologique et travail de prévention.

Le président du centre, Dr Younes Al Hassan, a plaidé pour une “stratégie scientifique fondée sur la recherche et la coopération avec les organisations de terrain comme JAD (Jeunesse anti-drogue)”. Selon les chiffres avancés, la consommation de stupéfiants a triplé en deux ans à Tripoli, une tendance confirmée par plusieurs associations. L’accent est également mis sur le lien entre la diffusion des drogues de synthèse et la montée de la délinquance urbaine.

Le journal mentionne que la mission gouvernementale a promis la construction d’une nouvelle unité de réhabilitation, mais aucune échéance concrète n’a été fixée. Par ailleurs, la coordination entre les ministères concernés reste embryonnaire, ce qui limite l’efficacité des réponses institutionnelles à cette urgence de santé publique.

Santé : rupture d’approvisionnement en médicaments et migration continue du personnel soignant

Dans Al Sharq (17 septembre 2025), un autre article alerte sur les pénuries persistantes dans le secteur pharmaceutique. Les médicaments essentiels, notamment pour les maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension, sont devenus rares dans les pharmacies publiques comme privées. Le journal note que le marché est dominé par des circuits parallèles, où les prix fluctuent selon les devises et les relations entre importateurs et revendeurs.

Le personnel médical, quant à lui, continue de quitter massivement le pays. Le journal évoque une estimation récente selon laquelle 40 % des médecins spécialistes formés au Liban depuis 2018 exercent aujourd’hui à l’étranger. Cette hémorragie compromet gravement la capacité du système hospitalier à répondre aux besoins des patients. Plusieurs directeurs d’hôpitaux, dont celui du centre universitaire de Zahlé, dénoncent l’absence de planification nationale.

Le journal souligne également que les programmes de coopération avec les institutions européennes sont en suspens, faute de garanties offertes par le gouvernement libanais sur l’allocation des ressources. Des équipements médicaux livrés par la France et l’Italie en 2023 n’ont toujours pas été installés, faute de maintenance et de gestion logistique.

Mobilité et vie quotidienne : véhicules hors normes, système de contrôle défaillant

Dans An Nahar (17 septembre 2025), un dossier met en lumière les défaillances structurelles de la circulation routière au Liban, en particulier la prolifération des voitures importées sans conformité. L’article relève que le système douanier ne permet pas de vérifier l’historique des véhicules d’occasion via la plateforme Carfax, créant une opacité dans l’identification des véhicules accidentés ou trafiqués.

La Direction des douanes affirme respecter la loi, mais plusieurs sources citées par le journal évoquent des cas de corruption, notamment des pots-de-vin versés pour faire entrer des voitures endommagées sans contrôle technique approfondi. Le texte note que ces pratiques ont conduit à une saturation du marché de véhicules “halka” (dangereux ou non réparés), surtout dans les zones rurales.

L’insécurité routière est aggravée par l’absence d’inspections régulières, la vétusté des infrastructures et la faiblesse des amendes. Les citoyens, confrontés à la flambée des prix des transports en commun, sont contraints d’utiliser des véhicules défectueux pour se déplacer.

Précarité et dépendance à l’aide humanitaire

Al 3arabi Al Jadid (17 septembre 2025) revient sur les conséquences sociales de la crise prolongée et la dépendance croissante de certaines couches de la population aux aides internationales. L’article mentionne que dans plusieurs régions du Akkar, de la Békaa et du Sud, des dizaines de milliers de familles vivent exclusivement grâce aux distributions de paniers alimentaires, de bon d’essence ou de coupons de lait pour enfants.

Un travailleur humanitaire évoque un “basculement structurel vers une économie de subsistance sous perfusion étrangère”. Le texte met en garde contre l’émergence d’un “paternalisme humanitaire” où les ONG remplacent l’État dans ses fonctions de base, tout en étant elles-mêmes contraintes par les impératifs de financement des bailleurs occidentaux.

Cette situation crée des tensions communautaires dans les zones mixtes, où les perceptions d’injustice dans la distribution de l’aide alimentent la défiance interconfessionnelle. Des incidents ponctuels, comme ceux rapportés dans les environs de Tyr, illustrent ce climat tendu.

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