Scénarios compassionnels

" L’Orient d’Édouard Saab regroupe un choix d’articles écrits entre 1963 et 1976...« À ceux qui s’interrogent sur ce que sera l’après-midi, la nuit ou le lendemain, à ceux qui se lamentent sur le très sombre avenir de leurs enfants, à ceux qui hurlent leur indignation et qui implorent le ciel, les Arabes, l’Occident, le Croissant et la Croix, il n’est même plus besoin de répéter qu’il n’existe pas de salut possible en dehors du Liban et des Libanais. Il nous faut choisir entre la vie et l’absurde, entre tout ce qui naît et tout ce qui doit disparaître. »"Édouard Saab, un visionnaire frappé par le désespoir" " Par Samir Frangié, Orient littéraire, 2013 - 10,

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Samir Franjieh
Samir Franjieh

Le contact humain est un accord initié d’abord par un mouvement de la pensée et une trajectoire de l’acte. Il est misérable de vouloir valider des liens quand ceux ci restent minés par la méfiance généralisée, les escarres des guerres et les confrontations courantes. Cependant, la première cohabitation se joue sur la scène insoupçonnée de la cohérence intime.

Néanmoins, les éléments indispensables à une vie vécue deviennent parfois des faits extraordinaires. L’ordinaire pour de nombreux individus demeure sous la coupe du préjugé, là où le fait de composer individuellement perd de plus en plus de sa consistance parmi un tas de formes dites acceptables.

Prenons l’exemple type de la réception à la libanaise. Son aspect le plus varié est le fameux mezzé. C’est bien là où on ira prévaloir les plats délicieux, petits et nombreux alors même que le plat principal s’annonce pour après. Cette coutume traditionnelle ressemble à tant de plats que composent nos convenances. On les positionne en premier et ce au détriment de la donne capitale.

Ainsi, toute variante exposée jusqu’au scandale pourrait muter en une nouvelle attrayante qui défraye toute autre. Peu importe s’il s’agit ici d’alimenter des controverses quand l’erreur se transforme en un fier déni et que la valeur principale demeure un projet rêvé, constamment révisé ou décalé .

Il y a encore beaucoup à dire et à réfléchir sur de très graves sujets en cours, dont le constat dramatique de la pratique de la liberté pour de nombreux libanais. Il faudrait peut-être s’entendre d’abord, lors d’un débat préliminaire, sur le sens que les personnes concernées accordent à la responsabilité d’être libre dans leurs propres contextes et dans tout autre espace de vie.

S’il existe un tronc commun, alors un débat délicat et ultra-sensible pourrait mieux être considéré et entrepris en plusieurs étapes et non plus en vrac. Le gros problème issu du report de sérieux dialogues entre des personnages clefs de nos multiples contextes politiques, sociaux, religieux, civils etc… ne relève pas uniquement d’un temps supplémentaire pour des concordances exceptionnelles mais aussi du manque effarant de volonté unifiée. 

Comment donc rétablir sans elle une communication effective entre nos composantes à travers des scénarios compassionnels et des monologues autosuffisants?

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