Les dépôts en dollars frais augmentent au Liban, malgré une stabilité globale du secteur...
Au premier trimestre 2025, les dépôts bancaires en "dollars frais" ont progressé de 500 millions USD, malgré une stabilité globale des dépôts en devises. Ce mouvement reflète un regain de confiance partiel dans certaines banques, tandis que les anciens "lollars" continuent d’être réglés. Dans un contexte de liquidité étrangère en hausse mais de fonds propres en déclin, le secteur bancaire libanais reste structurellement affaibli et toujours en attente d’une restructuration complète.
L’Union européenne débloque 8 millions d’euros pour la stabilisation post-conflit au Liban, un financement...
L’Union européenne a débloqué 8 millions d’euros pour soutenir la stabilisation post-conflit au Liban, principalement dans le Sud. Cette aide, allouée via des ONG et agences, reste marginale face aux besoins de reconstruction estimés à 600 millions USD. En contournant l’État libanais, l’UE privilégie une logique de gestion de crise à court terme plutôt qu’un soutien structurel, alimentant la fragmentation du territoire et l’émergence d’une gouvernance par projets.
Le Liban lance un programme de réhabilitation routière et de ponts avec l’appui de...
Le ministère des Travaux publics du Liban a lancé un programme de 96 millions USD visant à réhabiliter routes et ponts dans les zones critiques du pays. Financé partiellement par la Banque mondiale et l’Union européenne, ce projet vise 20 segments prioritaires et se déploiera en deux phases à partir de juillet 2025. Malgré son potentiel économique, le programme soulève des inquiétudes sur la transparence des appels d’offres et la gouvernance du secteur.
La note souveraine du Liban maintenue à « C » par Moody’s : un signal d’échec...
En avril 2025, Moody’s a maintenu la note souveraine du Liban à “C”, son plus bas niveau, avec une perspective stable. Cette notation confirme l’enlisement total de la restructuration de la dette libanaise, suspendue depuis 2020 sans négociation ni stratégie formelle. L’État reste insolvable, exclu des marchés internationaux, sans gouvernance budgétaire ni capacité à mobiliser ses actifs. Cette situation compromet durablement toute reprise financière ou retour à la solvabilité.
Frappes israéliennes sur Brital : le cessez-le-feu en péril
Le 26 mai 2025, l'aviation israélienne a mené des frappes sur Brital, dans le district de Baalbek, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. Ces attaques, qui ont blessé deux personnes dans le sud du Liban, s'inscrivent dans une série de frappes israéliennes quasi quotidiennes. Le Hezbollah, par la voix de son chef Sheikh Naim Qassem, a réaffirmé son refus de désarmer tant qu'Israël n'aura pas retiré ses troupes des zones qu'il occupe et cessé ses agressions. Ces événements mettent en lumière la fragilité du cessez-le-feu et les tensions persistantes dans la région.
Investissements arabes au Liban : un retour prudent sous condition de réforme
Le retour des financements du Fonds arabe pour le développement marque un tournant économique pour le Liban. Un montant initial de 68 millions de dollars est alloué aux secteurs prioritaires : santé, eau, éducation. Parallèlement, la Banque islamique de développement envisage de cofinancer des centrales solaires dans la Békaa. Ces projets, soumis à des audits rigoureux, traduisent une reprise conditionnée de la coopération arabe, portée par une exigence de transparence et d’efficacité locale.
Malgré la dollarisation, l’inflation au Liban reste à deux chiffres en avril 2025
En avril 2025, l’indice des prix à la consommation a progressé de 13 % au Liban, malgré la stabilisation du taux de change autour de 89 500 LBP/USD. Les postes les plus affectés sont l’éducation, les loyers et la santé, avec des hausses supérieures à 120 %. Cette inflation persistante, malgré la dollarisation quasi complète de l’économie, montre les limites d’un ajustement nominal sans régulation des marchés ni protection du pouvoir d’achat.
Tourisme libanais : regain de fréquentation mais dynamique encore fragile
Le tourisme libanais montre des signes de reprise en mai 2025, portés par le retour progressif des expatriés et une fréquentation hôtelière en hausse. Toutefois, des freins structurels persistent : insécurité perçue, prix élevés, infrastructures vieillissantes. Le Plan national du tourisme 2025–2030, encore à l’étude, tarde à se concrétiser. Entre espoir de redémarrage et lenteur institutionnelle, le Liban cherche à stabiliser un secteur clé dans sa relance économique.
Nabih Berri : entre mémoire de la libération et légitimation démocratique
Lors de la commémoration du 25 mai 2025, Nabih Berri a déclaré : « Libérer la terre, c’est construire la démocratie ». Ce discours articule mémoire de la libération et légitimation politique, affirmant un lien direct entre souveraineté retrouvée et processus électoral. Si cette rhétorique consolide son ancrage dans le Sud, elle suscite aussi des critiques sur la fermeture du jeu politique local. L’héritage de la résistance devient ainsi un levier de continuité démocratique et de contrôle électoral.
L’agriculture, levier discret de résilience économique et sociale au Liban
Face à la crise, l’agriculture libanaise connaît un regain dans le Sud du pays, où les surfaces cultivées augmentent. Les coopératives rurales, soutenues par des ONG et des donateurs, relancent la production d’oliviers, de blé, de tabac et de fromages artisanaux. Des accords municipaux visent à stabiliser les prix des produits de base, tandis que l’emploi local se renforce. Cette dynamique contribue à limiter l’exode rural et poser les bases d’une autonomie alimentaire.
Joseph Aoun à Jezzine : le président, garant civil du scrutin municipal
Le président Joseph Aoun a marqué les élections municipales du 25 mai 2025 par sa participation directe à Aïchiyé et sa tournée dans le Sud. En se présentant comme garant civil du scrutin, il a affirmé une posture républicaine forte, au-delà des clivages partisans. Sa présence active dans les sarayas et son message d’unité républicaine ont renforcé l’image d’un président impliqué, dans un moment clé pour la légitimation démocratique des institutions libanaises.
Affaire Pascal Sleiman : un tournant dans la coopération sécuritaire syro-libanaise ?
Un suspect majeur dans l’assassinat de Pascal Sleiman a été remis par la Syrie aux autorités militaires libanaises, selon une coordination sécuritaire inédite. Ce geste marque un tournant potentiel dans les relations bilatérales, longtemps gelées. Si certains y voient une ouverture diplomatique, d’autres dénoncent une manœuvre calculée. Ce développement relance les débats sur la coopération judiciaire, la souveraineté et la place de la Syrie dans l’équilibre sécuritaire libanais.
Naim Kassem recentre la ligne du Hezbollah : discours d’autorité à haute portée politique
Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, a prononcé un discours structurant le 25 mai 2025, réaffirmant le rôle de la résistance dans la défense de la souveraineté libanaise. Il a dénoncé les ingérences étrangères, ciblant les États-Unis et Israël, tout en tendant la main à l’État sous conditions. Ce discours intervient dans un contexte électoral local sensible et redéfinit les priorités politiques et sécuritaires du Hezbollah
Le 25 mai, entre mémoire de la libération et affirmation démocratique
Le 25 mai 2025, les élections municipales dans le Sud du Liban ont coïncidé avec la Journée de la Libération. Ce chevauchement symbolique a permis aux dirigeants politiques d’associer mémoire de la résistance et légitimation démocratique. Présenté comme un prolongement de la souveraineté, le vote a été hautement ritualisé. Mais cette sacralisation de l’acte électoral masque aussi des limites : absence de débat, hégémonie locale et instrumentalisation du souvenir à des fins politiques.





















