Accord Liban-Israël : l’Iran dans l’angle mort
L’accord-cadre Liban-Israël signé à Washington affirme vouloir restaurer la souveraineté libanaise et organiser un redéploiement progressif israélien. Mais un point essentiel reste extérieur au texte : la cellule de déconfliction liée à l’Iran. Cette structure parallèle rappelle que le Hezbollah et son parrain régional demeurent au cœur de l’équation sécuritaire. Le cadre officiel cherche à exclure l’Iran du dossier libanais, tandis que la gestion réelle du cessez-le-feu semble encore devoir tenir compte de son influence.
Liban-Israël : l’accord qui fige la zone de sécurité
La déclaration de Benjamin Netanyahou sur le maintien d’Israël dans la zone de sécurité change la portée de l’accord-cadre signé à Washington. Israël accepte un retrait partiel, mais conserve une présence militaire au Sud-Liban. Le Liban, qui exigeait un retrait total, accepte une transition sans calendrier définitif. L’armée libanaise se retrouve au centre d’un dispositif délicat, entre restauration de la souveraineté et risque d’être accusée de sécuriser indirectement des troupes israéliennes.
Golden visa au Liban : 500 000 dollars pour entrer dans la salle d’attente...
Le Liban veut vendre un golden visa à 500 000 dollars dans un pays où les banques retiennent l’argent, l’État improvise et le Sud brûle encore. L’idée promet du prestige administratif, mais ressemble surtout à une invitation VIP à tester la solidité d’une maison déjà fissurée de partout.
Hamas : l’absent révélateur des pourparlers
Le Hamas apparaît comme le grand absent des discussions entre l’Iran, les États-Unis et les acteurs de la désescalade régionale. Cette absence interroge la nature de l’attaque du 7 octobre 2023.
Sud-Liban : Israël face à son Verdun politique
La guerre au Sud-Liban ne se mesure pas seulement au nombre de frappes, aux destructions ou à la supériorité technologique israélienne. Israël peut gagner des batailles tactiques tout en échouant stratégiquement. Le Hezbollah, malgré ses pertes, a choisi l’attrition : survivre, maintenir un coût humain et empêcher Israël d’imposer un ordre durable. La bataille d’Ali Tahir et les sondages israéliens sur l’Iran montrent que le récit d’une victoire israélienne est profondément contesté.
Dossier libanais : le prix des erreurs des autorités beyrouthines
Le dossier libanais n’est plus seulement traité dans le canal de Washington entre le Liban, Israël et les États-Unis. Il dépend désormais des négociations Iran-USA, où le cessez-le-feu au Sud-Liban est devenu une clause régionale. Cette évolution sanctionne plusieurs erreurs libanaises : retrait de l’armée de positions sensibles, rupture du canal officiel avec l’Iran et traitement du désarmement du Hezbollah comme une promesse préalable plutôt que comme une carte de négociation.
Accords suisses : le Liban verrou stratégique
Les accords suisses issus du premier tour des pourparlers entre l’Iran et les États-Unis installent le Liban comme premier test du compromis. Le document iranien MINAB 168 met en avant cinq points : mécanisme de gestion des conflits au Liban, ligne directe sur Ormuz, groupes techniques conditionnés à l’article 13, accord Iran-Qatar sur les avoirs gelés et exemption pétrolière américaine. La portée réelle dépendra des textes d’application et du terrain.
Youssef Rajji écarté par la présidence dans les négociations avec Israël ?
Le rôle de Youssef Rajji dans les négociations entre le Liban et Israël est devenu un sujet politique central. Sans annonce officielle, le ministre des affaires étrangères semble moins présent dans les canaux décisifs, au profit de la présidence, de l’armée, de Nabih Berri et des médiations américaines. L’épisode de l’ambassadeur iranien, que la présidence aurait voulu limiter à un blâme selon des rumeurs politiques, a fragilisé sa méthode et renforcé les canaux officieux liés au Hezbollah.
Émirats arabes unis : les perdants du conflit iranien
Les Émirats arabes unis apparaissent comme l’un des perdants indirects du conflit avec l’Iran. Leur modèle reposait sur trois piliers : le rôle de Dubaï comme plateforme de réexportation vers l’Iran sous sanctions, la solidité des revenus pétroliers d’Abou Dhabi et l’image d’un refuge financier sûr au cœur du Golfe. La guerre a fragilisé ces trois avantages en même temps, tout en révélant les limites du parapluie sécuritaire américain et le coût politique de la normalisation avec Israël.
Ormuz : l’Iran peut gagner la paix ou la perdre
L’Iran sort renforcé du conflit avec les États-Unis et Israël, mais sa victoire reste fragile. En transformant le détroit d’Ormuz en levier de dissuasion, Téhéran a acquis un avantage stratégique majeur. Mais s’il cherche à monnayer ce passage ou à imposer des restrictions durables, il risque de provoquer une coalition hostile, d’accélérer les routes alternatives et de transformer la paix en nouvelle crise régionale.
États-Unis-Israël : l’indépendance retrouvée ?
À l’approche du 250e anniversaire de leur indépendance, les États-Unis semblent réévaluer leur relation avec Israël. Les accords d’Islamabad, conclus avec l’Iran malgré les réserves israéliennes, ont révélé une divergence devenue publique entre Washington et Benjamin Netanyahu. L’influence de l’AIPAC, l’aide militaire annuelle, les affaires d’espionnage, le virage de l’opinion américaine et la poussée « America First » redessinent les contours d’une alliance longtemps présentée comme intangible.
La guerre qui n’a pas changé l’Iran, mais qui pourrait changer le Moyen-Orient
La guerre entre États-Unis, Israël et Iran n’a pas transformé Téhéran, mais elle pourrait modifier durablement le Moyen-Orient. Bernard Raymond Jabre analyse le passage d’un monde d’empires à un monde de réseaux, où la souveraineté repose moins sur la domination que sur la diversification stratégique.
Mémorandum d’Islamabad : le Liban au cœur du deal Iran-USA
Le mémorandum d’Islamabad entre les États-Unis et l’Iran place le Liban dans la première clause du projet d’accord. Le texte prévoit l’arrêt permanent des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, et mentionne la garantie de l’intégrité territoriale et de la souveraineté libanaises. Mais cette formule devra être traduite en mécanismes précis : retrait israélien, retour des déplacés, rôle de l’armée libanaise et surveillance internationale.
Accord Iran-USA : les 14 points d’un deal sous tension
Le projet d’accord en quatorze points entre l’Iran et les États-Unis prévoit un cessez-le-feu général, une période de négociation de soixante jours, la réouverture du détroit d’Ormuz, la levée progressive des sanctions et un programme économique de 300 milliards de dollars. Mais la partie libanaise reste l’un des points les plus sensibles : le Liban est bien mentionné dans le cessez-le-feu, sans garanties publiques claires sur le retrait israélien du Sud ni sur le retour des déplacés.




















