Le Président de la République le général Michel Aoun a publiquement dénoncé la mauvaise volonté du Ministère des Finances Ghazi Wazni et du gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé sans toutefois les nommer directement face aux différents écueils et obstacles mis face à l’audit juricomptable des comptes de la Banque du Liban et a appelé à une réunion du gouvernement Hassan Diab pour examiner ce dossier et révéler les dessous de ce qu’il décrit quasiment comme un sabotage de la procédure.

Le chef de l’état a également accusé le gouverneur de la Banque du Liban de pratiques contraires à la législation financière locale, comme l’utilisation de dépôts privés comme réserves monétaires.

Une réunion a eu lieu hier entre représentants du ministère des finances, de la Banque du Liban et du cabinet Alvarez & Marsal, sans résultat, déplore le Président de la République. Il a été décidé de tenir une autre réunion ce vendredi, ce qui confirme qu’il n’y a aucune volonté de la part de certains partis à mener la procédure d’audit juricomptable.

Le Président de la République a ainsi débuté en rappelant les différentes étapes faites par certains partis pour éviter cet audit de la banque centrale. Il a également rappelé que cette procédure n’est pas seulement une demande personnelle du chef de l’état mais également de la communauté internationale, une condition préalable au déblocage des fonds de CEDRE et du FMI.

Avant mon retour au Liban en 2005, j’étais conscient du risque d’effondrement financier, et quand je suis devenu député et chef d’un bloc parlementaire, j’ai insisté pour qu’un audit médico-légal soit effectué sur les comptes de la Banque centrale et qu’un tribunal spécial pour La criminalité financière est établie, mais les deux demandes ont été formulées.
(…)
Après avoir été élu président, j’ai essayé pendant 3 ans, en vain, d’ouvrir la porte à un audit médico-légal pour protéger les dépôts des gens; La crise financière et monétaire s’aggrave et les signes d’effondrement ont commencé en juillet 2019 et ont été révélés le 17 octobre de la même année .

Avant mon retour au Liban en 2005, j’étais conscient du risque d’effondrement financier, et quand je suis devenu député et chef d’un bloc parlementaire, j’ai insisté pour qu’un audit médico-légal soit effectué sur les comptes de la Banque centrale et qu’un tribunal spécial pour Les délits financiers sont établis, mais les deux revendications ont été placées dans des tiroirs

Mettez de côté les différends politiques, a appelé le chef de l’état, qui appelle la population à lui faire confiance à ce sujet.

“Vous pouvez être en désaccord avec moi politiquement, mais vous me trouverez toujours à vos côtés, et je vous présente une bataille qui expose la plus grande opération de pillage de l’histoire du Liban, alors soyez avec moi”

Le chef de l’état a ainsi appelé le gouvernement sortant à se réunir pour éclaircir les vols et les malversations commises par la banque du Liban et le système en place, citant les hommes politiques, les banques locales qu’il a accusé de malgérance, les organismes de tutelle et de contrôle qui ont failli.

Le discours du Président de la République

Chers Libanais,

Quelques mois se sont écoulés depuis que le gouvernement du président Hassan Diab a été chargé le 26 mars de l’année dernière, par l’intermédiaire du ministre des Finances Ghazi Wazni de prendre les mesures nécessaires pour effectuer l’enquête criminelle sur les comptes de la Banque du Liban afin de connaître les raisons de la dégradation financière et de les révéler.

Les doutes étaient confirmés jour après jour que les comptes des banques centrales ne sont pas transparents et ne connaissaient pas l’ampleur de la pertes de réserve en devises étrangères, ce qui était couvert par les fonds des dépositaires contrairement à la loi.

Les arguments futiles ont été empêchés par le Conseil des ministres d’engager la société mondiale ′′ Kroll ′′ à effectuer des vérifications criminelles, après d’énormes efforts, le Conseil des ministres a accepté de confier à la société Alvarez et Marsal.

Le ministre des finances a été chargé de signer le contrat le 1 septembre 2020, c’est-à-dire plus de cinq mois après la décision du Conseil des ministres.

Alvarez et Marsal par l’intermédiaire du ministre des Finances a posé 133 question à la Banque du Liban. Celle-ci n’a répondu qu’à 60 question et a refusé de répondre aux autres, soit au prétexte qu’il s’agit d’une violation de la loi monétaire et de l’emprunt, soit parce qu’il n’a pas de réponse.

Le 20 octobre de l’année dernière, la société a à nouveau posé les questions à la Banque du Liban et est restée sans réponse.

L’enquête criminelle a fait face à plusieurs obstacles. Ils ont invoqué que la loi sur le secret bancaire interdisait l’examen des comptes de la Banque du Liban. J’ai envoyé une lettre au conseil parlementaire et sa réponse était que les comptes de la banque centrale étaient soumis à un contrôle pénal. Nous sommes allés plus loin, la Chambre des représentants a adopté une loi qui suspend l’application de la loi sur le secret bancaire pour une période d’un an.

Toutes ces étapes ont été terminées, et l’obstacle a continué jusqu’à ce que le ministre des Finances ait reconnu il y a quelques jours que la Banque centrale s’abstinait de répondre à un grand nombre de questions de la société Alvarez et Marsal.

Il est devenu clair que l’objectif du retard est de pousser les libanais au désespoir pour quitter le pays et arrêter ainsi les enquêtes criminelles.

O Libanais,

La chute de l’enquête criminelle signifie frapper l’initiative française parce qu’il n’y a pas d’aide internationale, ni de conférence de Cedre, ni de soutien arabe et du Golfe, ni du fonds international.

L’enquête criminelle est la première étape pour savoir qui a causé le crime de l’effondrement financier.

L’examen pénal n’est pas une demande personnelle du Président de la République, mais plutôt au cœur de l’initiative française et des demandes du FMI, qui est avant tout la demande de tous les Libanais.

Pour le dépositaire dont les dépôts ont été volés à la banque et qui se sont évaporés, pour un patient attendu devant la porte de l’hôpital et qui n’a pas d’argent pour y entrer, on leur répond que leurs fonds ne sont pas disponibles.

Pour l’étudiant qui a voyagé pour recevoir le savoir et a soudainement cessé de transférer de l’argent de sa famille, pour les parents qui ne sont plus en mesure d’assurer l’argent de la famille en raison de l’effondrement et de la détérioration de la monnaie lierre, pour le retraité qui comptait sur son indemnisation à la banque pour passer le reste de sa vie dignement.

Libanais,

Vous pouvez être d’accord politiquement avec moi, mais vous me trouverez toujours à vos côtés avec la vérité.
Je vous présente dans la bataille de révélation du plus grand pillage de l’histoire du Liban, soyez avec moi.

Mettez de côté vos différends politiques et croyez que nous ne les laisserons pas voler le peuple et vaincre un père et insulter un malade.

Nous ne les laisserons pas abattre l’examen pénal ou éliminer l’état, le peuple, l’histoire et l’avenir.

Aux dirigeants politiques et non politiques, votre responsabilité est grande devant Dieu, le peuple et la loi, et ce qui s’est passé n’aurait pas pu se passer si vous n’aviez pas fourni le minimum de couverture à la banque centrale, aux banques privées et au ministère de l’argent.

À la banque centrale, vous assumez la responsabilité principale parce que vous avez violé la loi monétaire et de crédit, et vous auriez du organiser le travail bancaire et prendre des mesures pour protéger l’argent des gens dans les banques et imposer les normes de couverture et de liquidité.

Pour les banques, votre responsabilité est claire et vous ne pouvez pas échapper à la vérité.

Les gens vous ont confié leur argent, et vous avez dépensé l’irresponsabilité de l’avidité d’un profit rapide et sans ′′ distribution de risques ′′ aux exigences de la profession.

Tous les gouvernements, les départements, les ministères, les conseils et les organes sont responsables de chaque sous gaspillé au fil des ans, et tous doivent être inclus dans l’enquête criminelle.

Pour les pays qui prétendent être solidaires avec le peuple libanais, vous demandez la transparence dans la banque centrale et dans tout le secteur bancaire et les réformes financières et monétaires, aidez-nous à identifier les transferts d’argent qui ont pris après le 17 octobre 2019 la contrebande financière.

Cet argent est en devises étrangères et a été transféré du Liban à des banques connues dans le monde.

De telles opérations ne peuvent pas être cachées.

Si la décision est prise, nous sommes capables de savoir qui a trait aux fonds des Libanais à l’étranger, et nous sommes capables d’enquêter et de vérifier si cet argent est propre, comment ses propriétaires l’ont obtenu et s’il y a possibilité pour récupérer ces fonds.

L’enquête criminelle est le début et peut-être une bataille plus difficile que la libération de la terre car elle est contre le corrompu et le “voleur” qui sont plus dangereux que l’occupant et le client.

Celui qui vole l’argent des gens vole notre patrie.

Libanais,

Faites attention, l’abandon de l’enquête criminelle a frappé la décision du gouvernement que j’invite à convoquer une session extraordinaire pour prendre la décision appropriée pour protéger les dépôts des gens, révéler les raisons de l’effondrement et déterminer les responsabilités en prévision de la responsabilité et de la récupération des droits.

Je suis Michel Aoun, président de la République et général que vous connaissez.

Je vous appelle, non pas pour être avec moi, mais pour être avec vous-même et avec l’avenir de vos enfants.

Révélons ensemble les faits pour récupérer les droits.
“Nous ne sommes pas d’accord avec la politique”.

Oui à l’enquête criminelle pour que vous viviez et que le Liban vive “.

Le Liban cumule les crises

Le Liban est, désormais, confronté à plusieurs crises, crise économique, crise liée au coronavirus, et désormais crise liée à l’explosion du port de Beyrouth, à laquelle s’ajoute désormais une crise politique en raison de la démission du gouvernement Hassan Diab.

Le Pays des cèdres est ainsi sans gouvernement depuis le 10 août 2020.

Pour l’heure, le déblocage de l’aide internationale est conditionné au résultat des négociations entreprises avec le FMI qui exige que se soient mises en place des réformes nécessaires, les réformes économiques et monétaires notamment. En effet, de nombreuses sources ou encore personnalités impliquées dans le dossier multiplient les déclarations indiquant que la communauté internationale n’accordera “pas de chèque en blanc au Liban”, suite au non-respect par Beyrouth de ses promesses et de son engagement à effectuer les réformes nécessaires à la relance économique déjà lors des conférences Paris I, II et III dans les années 2000.

La crise du secteur bancaire, bien que maquillée par les opérations d’ingénieries financières menées par la Banque du Liban, avait débuté bien plus tôt, en dépit des profits colossaux annoncés par les banques libanaises jusqu’à l’année dernière. En réalité, la Banque du Liban a ainsi reversé près de 16 milliards de dollars entre 2016 et 2018, vidant ainsi une grande partie de ses réserve monétaires en faveur des établissements bancaires.

Sur le plan économique, la crise qui a débuté en 2018 s’est révélée au grand jour durant l’été 2019 avec une pénurie en devises étrangères pourtant nécessaires à l’achat de produits de première nécessité notamment. Cependant, un inversement des flux financiers avait été constaté dès janvier 2019. Cette crise s’est ensuite accentuée suite à l’imposition de manière unilatérale par les banques libanaises d’un contrôle des capitaux, bloquant ainsi l’accès aux comptes.

Par ailleurs, la dégradation des conditions socio-économiques a abouti à de nombreuses manifestations dès octobre 2019, les manifestants dénonçant une classe politique considérée comme corrompue et en exigeant le départ.

Après la démission de l’ancien premier ministre Saad Hariri, le 29 octobre 2019, un nouveau gouvernement présidé par son successeur Hassan Diab a été constitué le 17 janvier 2020. Dès mars, les autorités libanaises ont annoncé un état de défaut de paiement sur les eurobonds arrivant à maturité. Par ailleurs, le Liban a ouvert les négociations avec le FMI en vue d’obtenir une aide économique d’un montant espéré de 10 milliards de dollars.

Cependant, les négociations, aujourd’hui suspendues, ont rapidement achoppé sur la capacité des autorités libanaises à mener les réformes nécessaires pour le déblocage de l’aide internationale ainsi que sur le dossier du chiffrage des pertes du secteur financier. Les autorités libanaises estiment ainsi que ses pertes atteindraient 241 000 milliards de livres libanaises sur la base d’un taux de change de 3600 LL/USD, soit 80 milliards de dollars environ, ce que refusent les banques locales via l’association des banques du Liban ou encore la Banque du Liban elle-même.

L’association des banques du Liban a ainsi activé ses relais présents au sein du parlement via la commission parlementaire des finances et du budget. Cette dernière, où sont présents certains actionnaires et représentants de banques locales, n’ont chiffré les pertes financières qu’à 81 000 milliards de livres libanaises sur la base d’un taux de change de 1507 LL/USD.

Désormais, ce chiffrage des comptes de la Banque du Liban devrait être mené par les cabinets Alvarez & Marsal pour l’audit juricomptable et par KPMG et Oliver Wyman pour l’audit normal. Pressenti dans un premier temps pour mener l’audit juricomptable, le cabinet Kroll, spécialisé dans la matière a été écarté suite aux pressions du président de la chambre Nabih Berri, estimant l’entreprise liée à l’état hébreu.

Parallèlement, l’association des banques du Liban a présenté un plan de sauvetage rejeté par le FMI et les autorités libanaises, prévoyant la vente d’une partie de l’or du Liban et la session pour une durée déterminée de biens publics. Ce plan est également rejeté par les spécialistes qui estiment que la vente de biens publics ne pourrait se faire qu’en les bradant en raison des circonstances actuelles.

Certaines sources évoquent désormais des pertes pour le secteur financier qui dépassent les 100 milliards de dollars, estimant que le Liban nécessiterait désormais un plan de relance de 63 milliards de dollars mais que seulement 26 milliards au maximum sont disponibles. Selon ces mêmes sources, toutes les banques libanaises sont aujourd’hui insolvables.

La situation économique s’est, par ailleurs, encore dégradée avec la détérioration de la valeur de la livre libanaise et la mise en place de différents taux de change : taux de change officiel à 1507 LL/USD, taux de change dit du-marché pour les agents de change ou encore certaines entreprises fixées par la banque du Liban, aujourd’hui à 3900 LL/USD et taux de change au marché noir, qui a fluctué jusqu’à atteindre les 9000 LL/USD, au mois de juin.

Enfin, l’explosion du port de Beyrouth, qui a ravagé également une grande partie de la capitale libanaise, a encore aggravé la situation, avec des dégâts estimés entre 10 à 15 milliards de dollars.

Ainsi, si le taux de croissance du produit intérieur brut est estimé à -14 % avant cette explosion, de nouvelles estimations font état d’une récession économique de – 24 % en 2020.

Parallèlement, le Liban est également touché par le coronavirus. Les mesures prises par les autorités se sont révélées être aujourd’hui insuffisantes et le pays des cèdres risque de perdre le contrôle de l’épidémie, avec une augmentation quasi incontrôlée du nombre de cas, notamment après l’explosion du port de Beyrouth. Désormais, les capacités hospitalières actuelles sont saturées depuis 2 semaines, amenant également à l’augmentation du nombre de décès depuis la fin du mois d’août.

Pour l’heure, certains experts proches du dossier notent avec inquiétude que les intérêts politico-économiques sont plus importants pour certains partis que l’intérêt général à bénéficier d’une aide économique face à la crise, jusqu’à estimer que les divisions traditionnelles des partis politiques se sont effacées au sein du parlement en faveur du parti des banques et des autres.

Aussi, certains de ces intérêts seraient allés même jusqu’à menacer d’une guerre civile si les réformes demandées par la communauté internationale étaient menées. Cependant, celle-ci demeure ferme sur ce dossier.

Lors de son déplacement au Liban à l’occasion du centenaire de la proclamation de l’état du Grand Liban, le 1er septembre 2020, au lendemain de la nomination de Mustafa Adib comme premier ministre, le président de la république française aurait ainsi remis aux dirigeants libanais, une feuille de route pour la mise en place des réformes économiques jugées nécessaires et en premier lieu, un diagnostic des pertes de la Banque du Liban. Cette feuille de route prévoyait également la mise en place d’ici 2 semaines, d’un gouvernement capable de mener ces réformes. Cependant, 15 jours après, suite à l’expiration du délai imparti, les autorités libanaises semblent avoir échoué à la mise en place d’un nouveau cabinet, suite notamment à l’annonce par Washington de sanctions économiques visant Ali Hassan Khalil, bras-droit de Nabih Berri et ancien ministre des finances, les autres partis politiques ayant accepté le principe de rotation des portefeuilles ministériels régaliens, à savoir la défense, l’intérieur, les affaires étrangères et les finances.

Le 21 septembre 2020, le président de la République estime que le Liban se dirige actuellement “en enfer” en raison de la dégradation des conditions sociales et économiques, reconnaissant par ailleurs que les réserves de la Banque du Liban – subventionnant actuellement l’achat de produits de première nécessité – seront épuisées d’ici peu.

Le 26 septembre, prenant donc acte de son échec, le premier ministre désigné annonce sa démission depuis le perron du Palais de Baabda, plongeant un peu plus le Liban dans la crise.

Pour sa part, le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé annonce, au mois d’août, la fin des subventions aux produits essentiels d’ici 2 à 3 mois en raison de la diminution des réserves monétaires de la Banque Centrale.

Cette annonce intervient alors que les négociations avec le Fonds Monétaire International sont toujours suspendues et que se déroule un audit juricomptable de la Banque du Liban.

Coup de tonnerre, le cabinet d’Alvarez & Marsal annonce son retrait de la procédure d’audit juricomptable, le 20 novembre 2020 après que la Banque du Liban ait refusé de répondre à 57% des questions posées, sous le prétexte du code du crédit et de la monnaie ou encore des législations liées au secret bancaire, plongeant le Liban dans l’incertitude. En effet, cet audit est désormais considéré comme essentiel pour l’obtention de l’aide de la communauté internationale. Le ministère des finances ou encore celui de la justice estimaient que le contrat ne violait pas les textes en vigueur.

Dans son allocution prononcée à l’occasion de la 77ème commémoration de l’indépendance du Liban, le Général Michel Aoun indique que la procédure devrait pourtant aller jusqu’au bout et envisage donc le recours au parlement pour forcer la Banque du Liban a obtempérer alors que le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé se trouverait à Paris afin, indiquent certaines sources, de trouver un accord avec la France, chef de file de la communauté internationale qui reste jusqu’à présent intraitable sur la nécessité de mener un audit juricomptable des comptes de la banque centrale.

Le 7 avril 2021, le Président de la République le général Michel Aoun a publiquement dénoncé la mauvaise volonté du Ministère des Finances Ghazi Wazni et du gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé sans toutefois les nommer directement face aux différents écueils et obstacles mis face à l’audit juricomptable des comptes de la Banque du Liban et a appelé à une réunion du gouvernement Hassan Diab pour examiner ce dossier et révéler les dessous de ce qu’il décrit quasiment comme un sabotage de la procédure. 

Le chef de l’état a également accusé le gouverneur de la Banque du Liban de pratiques contraires à la législation financière locale, comme l’utilisation de dépôts privés comme réserves monétaires. Le Président de la République avait rappelé les différentes étapes faites par certains partis pour éviter cet audit de la banque centrale. Il a également rappelé que cette procédure n’est pas seulement une demande personnelle du chef de l’état mais également de la communauté internationale, une condition préalable au déblocage des fonds de CEDRE et du FMI.

Par ailleurs, face à la crise, certaines banques correspondantes de la BdL auraient clôture les comptes, indique dans une lettre Riad Salamé.

Il s’agirait notamment du cas des comptes dollars auprès de la Wells Fargo, des comptes en livre sterling de la HSBC, en couronne suédoise auprès de la Danske et des comptes dollars canadiens de la CIBS. 
Selon le gouverneur de la Banque du Liban, ces décisions seraient motivées par l’état de défaut de paiement, les campagnes politiques visant la Banque du Liban et par “le Tollé judiciaire”, allusion aux accusations de détournement de fonds et de corruption visant Riad Salamé lui-même.

En juin 2021, le gouverneur de la Banque du Liban annonce l’épuisement prochain des réserves monétaires de la Banque du Liban qui finançaient jusqu’à présent le programme de subvention à l’achat des produits de première nécessité. Ce programme devrait être ainsi remplacé par un plan de rationnement à destination des personnes les plus vulnérables face à la crise économique. Cependant, si à l’origine la Banque Mondiale devait financer celui-ci, elle le refuse depuis suite aux exigences de la Banque du Liban à distribuer l’équivalent des devises étrangères au taux de 6 540 LL/USD et non à valeur réelle ou directement en devises étrangères.

Les autorités locales tentent depuis de retarder la fin du programme de subvention en adoptant notamment un plan de subvention des carburants sur base d’un taux de parité de 3900 LL/USD au lieu du taux officiel qui était jusqu’à présent utilisé, soit à 1500 LL/USD. Ce nouveau taux devrait ainsi faire augmenter d’un tiers le prix du bidon de 20 litres de carburants et induire une nouvelle poussée inflationniste.

Côté parité de la livre libanaise, cette nouvelle poussée inflationniste a été accompagnée par une autre mesure de la Banque du Liban. Celle-ci dans le cadre de la circulaire 158 souhaiterait que les déposants des banques commerciales puissent retirer jusqu’à 400 USD cash de leurs comptes bloqués depuis l’instauration d’un contrôle informel des capitaux en novembre 2019. Cependant, un certain nombre d’entre elles ont déjà indiqué, officieusement, ne pas pouvoir se permettre une telle mesure. D’autres auraient acheté d’importantes quantité de devises étrangères sur le marché local, amenant à une dégradation supplémentaire de la livre libanaise qui a atteint un nouveau plus bas historique, ce samedi 26 juin, avec un taux de parité de 18 000 en fin d’après-midi.

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