Le ministre en charge des Déplacés Issam Sharafeddine a déclaré que le Liban souhaite débuter le rapatriement des réfugiés syriens dans les mois à venir en dépit des objections des Nations Unies et des groupes de défense des droits de l’homme. Cette information intervient alors que ces derniers couteraient plusieurs dizaine de milliards de dollars à l’économie libanaise, provoquant une tension accrue sur les infrastructures d’un pays ravagé par une grave crise économique.

“C’est un plan humain, honorable, patriotique et économique qui est nécessaire pour le Liban”, estime le ministre alors que parallèlement de nombreux réfugiés tentent désormais de rejoindre l’Union européenne par de véritables boat-people le nord du Liban qui vient de présenter un plan de rapatriement au Président de la République, le général Michel Aoun et que le tabou de ces mesures est tombé au sein de communauté sunnite suite aux propos du premier ministre désigné estimant ce retour nécessaire.

Le ministre indique souhaiter se rendre en Syrie la semaine prochaine pour rencontrer le ministre de l’administration locale et de l’Environnement Hussein Makhlouf. Il espère qu’ils se mettront d’accord sur un calendrier concret pour le plan de rapatriement de 15 000 réfugiés syriens chaque mois. Ce retour devrait s’articuler autour de régions particulières considérées comme sûres sur le plan sécuritaire.

Pour l’heure, les Nations Unies refusent de discuter du rapatriement des réfugiés syriens présents sur le sol libanais, même si ceux-ci bénéficient, contrairement à la population, d’importantes aides de la communauté internationale.

Si les organisations de défense des droits humains ont documenté des cas de détention arbitraire, de disparitions forcées et une foule de violations des droits de l’homme contre les réfugiés de retour, les autorités libanaises notent que l’essentiel des réfugiés sont des réfugiés non pas politiques mais économiques.

Pour rappel, le 11 mai dernier, le ministre des AE libanais Abdallah Bou Habib avait estimé que les réfugiés syriens coutaient 3 milliards de dollar par an au Liban. En 2020, son prédécesseur avait publié une étude préparée par l’ONU, estimant à plus de 46 milliards de dollars le coût de la présence des réfugiés syriens au Liban entre 2011 et 2018. Selon cette étude, la présence des réfugiés syriens au Liban aurait impacté tous les secteurs, dont celui de l’éducation ou encore de l’électricité mais également provoquant une chute du Produit Intérieur Brut, alors que le Liban était impacté par une grave crise économique apparue au grand jour en 2019 et caractérisée par une détérioration rapide de la parité entre livre libanaise et dollar. Ainsi, la monnaie nationale a perdu plus de 90% de sa valeur face au billet vert. 82% de la population libanaise vivrait désormais sous le seuil de pauvreté et 36% dans un état d’extrême pauvreté, amenant à des tensions avec les réfugiés syriens.

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