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Le directeur général du Ministère des finances a confirmé les informations faisant état de sa démission, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue au club de la presse à 16 heures.

Cette démission pourrait complexifier, voire même échouer les négociations entreprises par le Liban avec le FMI. Face à la crise économique, Beyrouth demanderait une aide économique de 10 milliards de dollars. Cependant, certaines sources proches du FMI estiment que cette démission pourrait amener à la fin des négociations et indiquent que les autorités libanaises font face à de nombreux obstacles pour mener les réformes nécessaires pour sauver l’économie libanaise.
En cas d’échec des négociations avec le FMI, d’autres experts financiers estiment que le risque de dévaluation incontrôlé et de crash bancaire augmente voire est très probable.

Nous devons écouter aujourd’hui la voix et la franchise du peuple, et cette fois-ci, l’opportunité était réelle, après qu’il est devenu clair qu’il n’était pas possible d’obtenir un financement gratuit sans un processus de réforme majeur.

Il estime qu’il faille entendre les cris de la population face à la crise économique et a accusé le système actuel dans lequel il a travaillé depuis 20 ans de ne pas respecter les lois et encore moins l’honneur.

Alain Bifani a ainsi estimé que les chiffres de ses services concernant les pertes du secteur financier sont exacts. Il répondait ainsi aux critiques de certains parlementaires – dont une partie est également actionnaires des banques – qui avaient critiqué les chiffres faisant état d’une perte de 83 milliards de dollars au sein du secteur financier qu’il faut donc restructurer. Ces chiffres ont été confirmées depuis par le Fonds Monétaire International.

Alain Bifani a détaillé les différentes raisons qui l’ont amené à démissionner. Il a indiqué qu’il était sensé engager une opération pour reprendre les fonds publics détournés tout en travaillant sur une nouvelle phase visant à permettre la mise en place de pertes équitables.

« Les forces de l’ombre » ont cherché à déjouer mes efforts, ceux qui sont derrière la corruption ont été exposés et nous assisterons à l’écrasement des personnes les plus vulnérables.

Il indique qu’il avait attendu durant longtemps l’opportunité d’effectuer de mettre en place des changements de grande ampleur et essayé de mettre en place un plan pour éviter le pire, « mais des forces de l’obscurité et de l’injustice » ont collaboré pour rejeter ce travail et lancé une campagne visant à protéger leurs intérêts au dépend de l’intérêt public.

Les intentions de certaines personnes ont été clairement exposées, estime Alain Bifani, qui indique qu’on assiste à une nouvelle phase, celle du vol des biens publics libanais et à l’écrasement des classes les plus vulnérables du Pays. Il s’agit de supporter des hausses de prix importants qui s’ajoutent à l’effondrement de la livre libanaise en l’absence de tout programme de réforme économique et à des délais concernant la mise en place de solutions.

Concernant le secteur bancaire, l’approche du gouvernement pour en estimer les pertes est correct et a été approuvée unanimement et reçu des réponses positives des institutions financières internationales. Il a prouvé que le gouvernement est sérieux dans son approche.

Cependant, même si les autorités gouvernementales ont fait leurs possibles, certains intérêts essayent de modifier ces chiffrages avec pour objectif de faire perdre toute crédibilité aux négociateurs, ce qui inquiète le FMI et les pays et organisations donateurs.

Alain Bifani a réfuté toutes les rumeurs qui circulent faisant état d’un possible haircut sur les dépôts bancaires. Le plan de sauvetage a été rédigé justement pour éviter ce scénario. Il a accusé ces mêmes intérêts d’accuser les auteurs du plan de haïr le secteur bancaire, de fraude, d’incompétence et de corruption. Il indique que la justice libanaise aura son mot à dire face à ces accusations.

Le désormais ancien directeur général du ministère des finances regrette que « le pouvoir exécutif n’a ni interprété le contenu du document que j’ai soumis, ni l’exactitude du tout des allégations qui ont été promues selon lesquelles le plan voulait réduire l’argent des déposants, » allant même jusqu’à l’accuser d’être « un état de déni, de procrastination, de campagnes de trahison »

Aujourd’hui nous sommes venus pour présenter des problèmes qui satisfont ceux qui bénéficient du système existant d’une manière par laquelle le Liban perd sa capacité de négocier avec les parties internationaux.

Le secret bancaire doit être totalement levé selon Alain Bifani et des contacts avec tous les pays dans lesquels les fonds ont été transférés pris.
La richesse en biens immobiliers de ces personnes doit être déterminée et leurs sources doivent être traquées.
La décision de l’État de former un comité international réduira un d’un certain pourcentage des dépôts de chacun pour combler le déficit.

Les pertes estimées du secteur bancaire, correctes; le temps commence par manquer pour le Liban.

Il n’est pas possible d’obtenir un financement des réformes jugées nécessaires sans réformes majeures, répète Alain Bifani, qui rappelle également que « le Fonds monétaire international a annoncé que « les chiffres du gouvernement et leur approche sont corrects ».

Expliquant que la valeur des dépôts sortis des banques est de 17,3 milliards de dollars, les pertes nettes sont réparties de telle manière: environ 61 milliards de dollars et 10 milliards de dollars transférés par les banques dont certaines reversaient leurs bénéfices à l’étranger.

Concernant le plan de restructuration du secteur bancaire, Alain Bifani indique que l’implication des plus grands déposants dans la recapitalisation des banques ne signifie pas nécessairement une prise de participation directe au sein des établissements bancaires.

Il a également rappelé que les personnes morales responsables de l’argent des déposants sont les banques dont la responsabilité ainsi que celle de leurs dirigeants devrait être relevée, appelant par ailleurs les déposants à refuser de transférer leurs fonds libellés en dollars en livres libanaises.

Il a conclu en indiquant démissionner pour refuser d’être partenaire ou témoin de l’effondrement auquel le Liban fait face, alors que ses efforts pour sauver ce qui pouvait encore l’être ont échoué.

Je ne « pleure » pas les négociations avec le FMI, mais un saut qualitatif rapide doit être fait et une performance différente doit être donnée afin de réussir.

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